La Nationale 16 Kisantu-Kimvula dans les oubliettes

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Le ministre des ITPR (Infrastructures, Travaux Publics et Reconstruction Fridolin Kasweshi, était appelé, le vendredi 06 mai 2016 à l’Assemblée Nationale, à la question orale avec débat du député  Pasi Zapamba Buka, sur le financement du réseau routier d’intérêt général. En marge de cette activité parlementaire, son collègue Kikoka Toni Gaytoni, élu du territoire de Kimvula, en a profité pour poser le problème de la Nationale 16 (200), qui devait relier la cité de Kimvula à celle de Kisantu, dans la province du Kongo Central.

L’intervenant a fait remarquer qu’appelée à tort « Route de Kimvula », ce tronçon comprend 150 km entièrement situés dans le territoire de Madimba. Son état général est inquiétant, car cette voie en terre battue est simplement impraticable. Les rares travaux menés en 2013 se sont arrêtés au mois de septembre. Il était prévu, à l’époque, de réhabiliter d’abord l’axe Kisantu-Ngidinga (120 km) puis Ngidinga-Kimvula (80 km). L’Office des Routes a travaillé pendant un temps entre Kisantu et Ngidinga puis entre Ngidinga et Kikuya avant de lever l’ancre.

L’honorable Kikoka a révélé que depuis l’indépendance, l’axe Kikuya-Kimvula n’a jamais connu le moindre coût de pioche. Il s’est demandé, dans pareille condition, comment la RDC pourrait-elle réaliser sa réunification routière tant clamée par le gouvernement dans sa politique de désenclavement du pays. Or, si la Nationale 16 était effectivement réhabilités, le Kongo-Central serait directement connecté au Kwango, ce qui épargnerait les opérateurs économiques et les populations de ces deux provinces des détours par Kinshasa.

Selon les informations qui circulent à Kimvula, l’arrêt des travaux serait lié à un détournement des moyens destinés à la finalisation du projet, dont le carburant. Il a signalé qu’à l’heure qu’il est, tous les gros engins de l’Office des Routes (niveleuse, compacteur, bulldozer), qui étaient stationnés à Kikuya, ont disparu de la circulation. Une citerne à deux roues se trouve abandonnée au village Mbemba, entre Ngidinga et Kikuya. Les 120 km de routes non bitumées entre Kisantu et Kimvula, ressemblent aujourd’hui à un axe du Paris-Dakar, faute d’entretien.

            A propos de la maintenance des routes en terre battue en RDC en général et dans le territoire de Kimvula en particulier, le député Kikoka préconise le retour au cantonnage manuel, sous la responsabilité des entités territoriales décentralisées (secteurs), qui pourraient conclure des partenariats avec des ONG, des PME, des confessions religieuses ou d’autres organismes privés. Par conséquent, le ministère des ITPR, qui s’appuye souvent sur l’Office des Routes, devrait en être dessaisi.

            Le financement du cantonnage manuel pourrait être assuré par chaque gouvernement provincial, sur fonds propres, comme à l’époque coloniale et durant les premières années de l’indépendance. Pour le cas de Kimvula, des brigades fixes et autonomes pourraient être positionnées à Kikuya, Ngidinga et Kimvula, avec leurs équipes de cantonniers, des matériels d’intervention rapide et des moyens financiers conséquents. Recrutés au niveau des villages, les cantonniers pourraient se répartir des espaces de 5 à 10 km sur lesquels ils devraient veiller en permanence. Kikoka propose que ce mode de gestion des routes nationales et de desserte agricole puisse être généralisé à travers la République à compter du 1er juillet 2017. D’où, pour ne rien improviser, les exécutifs nationaux et provinciaux devraient en tenir dans l’élaboration de leurs lois des finances pour 2017. L’éclairage du ministre des ITPR est impatiemment attendu.

                                                                                      Kimp