Nangaa  persiste  et signe : pas d’élections en 2016

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Corneille Nangaa, secrétaire exécutif de la Commission électorale nationale indépendante que les confessions religieuses, sauf les Catholiques, proposent pour succéder à Apollinaire Malumalu. Photo CENI
Corneille Nangaa, secrétaire exécutif de la Commission électorale nationale indépendante que les confessions religieuses, sauf les Catholiques, proposent pour succéder à Apollinaire Malumalu. Photo CENI
Corneille Nangaa, secrétaire exécutif de la Commission électorale nationale indépendante que les confessions religieuses, sauf les Catholiques, proposent pour succéder à Apollinaire Malumalu. Photo CENI

Invité pour faire l’évaluation du processus électoral, le président de la Commission Electorale Nationale  Indépendante (Ceni) a soutenu sa thèse du « glissement » du calendrier électoral devant les 280 délégués au dialogue, dans un exposé qui a duré près d’une heure. Corneille Nangaa a fait état des contraintes techniques qui empêchent la centrale électorale d’organiser les élections cette année, y compris la présidentielle et les législatives nationales dans les délais constitutionnels.

D’après lui, la refonte totale du fichier électoral est indispensable pour la tenue d’élections crédibles et transparentes en République Démocratique du Congo. Le président de la CENI a souligné que cette opération que son institution a déjà démarrée dans la province du Sud-Ubangi le 31 juillet dernier durera 16 mois et 1 jour.
Toutefois, Nangaa a lancé la balle dans le camp des participants au dialogue qui, selon lui, ont la responsabilité de lever des options, par le biais d’un accord politique, pour débloquer le processus électoral.
Dans ses avis techniques, Nangaa a laissé la possibilité aux participants de faire le choix entre les élections au-delà du délai constitutionnel avec un fichier électoral fiable ou des élections dans les délais légaux mais avec un fichier électoral « corrompu » ou « pollué ».
Un expert de l’ONU a pris la parole aussitôt après le président de la CENI pour soutenir la these d’une révision partielle du fichier électoral dans un délai de 10 mois. Seulement voilà ! Le mois de juin retenu pour entamer pareille opération est à ce jour largement dépassé.
Suffisamment éclairé par les deux spécialistes en questions électorales, les participants au dialogue devraient débattre ce mercredi 7 septembre 2016 du fond de ce sujet qui fâche. Les observateurs espèrent que les délégués de la Société Civile, qui sont certainement au courant du projet de calendrier électoral élaboré par l’AETA et ses partenaires et qui démontre qu’il est possible d’avoir l’élection présidentielle cette année, saisiraient cette opportunité pour s’exprimer. S’il existes réellement une Opposition à la Cité de l’Union Africaine, elle devrait se manifester aussi pour barrer la route au « glissement »planifié par la CENI.
Bien avant les débats, le camp de la majorité se sent réconforté par les explications fournies par le patron de la CENI et l’expert de l’ONU.  She Okitundu a, sur base de cet éclairage, relevé les inconvénients que présente l’organisation des élections dans les délais constitutionnels, avec un fichier électoral corrompu, dont seraient exclus plus de 17 millions de nouveaux majeurs et d’un bon nombre de Congolais de l’étranger.
Cet acteur de la majorité a souligné également le piratage des cartes d’électeurs et les morts toujours présents dans ce fichier électoral. L’ancien chef de la diplomatie congolaise a appelé à un accord politique pour le « glissement du calendrier électoral », compte tenu des contraintes techniques irréfutables démontrées par le président de la CENI et l’expert de l’ONU.
            A l’opposition, on continue à croire que l’élection présidentielle est encore possible dans les délais constitutionnels.  Jean Lucien Bussa  s’est prononcé en faveur d’un accord politique qui se conforme à la Résolution 2277 du Conseil de sécurité, qui insiste sur la tenue  du scrutin présidentiel pour permettre à la population congolaise de vivre pour la première fois de son histoire une passation civilisée des pouvoirs entre les présidents sortant et entrant.
            Le modérateur du jour, Vital Kamerhe, a lancé un appel aux participants, toutes tendances confondues, à un sursaut d’orgueil patriotique pour un accord politique qui apaise toutes les parties en général et, en particulier, le peuple congolais, véritable détenteur du pouvoir.
ERIC WEMBA