Nadine Mbula : «le restaurant» reste ma passion

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Nadine Mbula a suivi une formation professionnelle à l’INPP, en hôtellerie (promotion 2008). Après ses études, elle a effectué plusieurs stages dans de grands restaurants et hôtels de la place.

S’estimant apte dans l’art culinaire, elle a résolu, grâce à un fond mis à sa disposition par son  mari, de monter une activité très prisée par les Kinois, le «malewa» (restaurant de fortune) chez elle. Ayant forcé l’admiration de ses clients par les spécialités  qu’elle met sur
leur table, Mbula a vu sa clientèle s’accroître. Suite aux suggestions des clients, elle a résolu de trouver un cadre répondant aux normes d’un restaurant. Elle est aujourd’hui  propriétaire du restaurant «Bourgeois», au centre-ville de Kinshasa. Depuis trois ans, une
succursale a même vu le jour dans la ville portuaire de Matadi. Comment est né ce restaurant?

Nadine Mbula : J’ai commencé par cuisiner chez moi pour une clientèle
du quartier. Grâce aux compliments des consommateurs, j’ai résolu de
monter une activité, plus consistante et qui génère des recettes. J’ai
ouvert un débit de boisson à domicile et je proposais diverses
spécialités : brochettes, légumes verts et makoso (pieds de porcs). La
demande devenait forte. J’avais de plus en plus des clients en
provenance du  quartier et des quartiers voisins, selon l’antique
marketing  de bouche à oreille. Ayant constaté que les mets que je
cuisinais étaient très prisés, mon mari m’a soutenu dans ce projet en
mettant à ma disposition un fond pour asseoir une structure viable.
J’ai rempli des formalités administratives et, pour ne pas me lancer
dans une activité sans issue, j’ai préféré commencer par une clientèle
que je devais fidéliser.
J’ai pris l’option d’intéresser les agents et  fonctionnaires de
l’Etat ainsi que les employés de différentes entreprises de la place.
Je me présentais dans les bureaux pour la prospection, munie des
échantillons pour la dégustation. Cela n’a pas été facile pour avoir
accès aux différents bureaux et pour convaincre. Toutefois, j’ai
persévéré avant de trouver ceux qui ont accepté de m’ouvrir leurs
portes aux heures de la pause et qui m’ont encouragée dans cette
aventure. Je leur déposais des plats à crédit suivant leurs
désidérata. J’ai opté pour la livraison sur place selon les
convenances de potentiels clients. Le recouvrement intervenait après
chaque fin de semaine. Grâce aux bénéfices réalisés, j’ai décidé en
une entreprise.

Comment s’organise votre restaurant ?
N.M.. J’ai commencé avec deux cuisiniers et un commis pour les
courses. J’ai loué un local pour avoir une référence dans la commune
de la Gombe. Pour casser, tant soit peu, la culture du « manger dehors
», j’ai offert un cadre approprié avec le confort attendu et un
personnel toujours prêt à servir suivant les désirs des clients. Le
restaurant ouvre à 7h 00 et ferme à 21h00 mais le personnel est déjà
présent dès  6h00 pour clôturer la journée vers 21h30.Nos clients
dégustent des spécialités congolaises et européennes, notamment
italiennes et françaises, à un prix abordable.
Notre restaurant emploie un personnel qualifié, dynamique et très
dévoué. Il est porté vers la réussite de notre projet.  C’est devenu
une œuvre commune parce qu’il y a de la transparence. Nous collaborons
sur base d’un cahier de comptabilité qu’ensemble nous remplissons :
recettes de la journée, dépenses, etc. Le jour suivant,  chaque matin,
avant d’entreprendre nos tâches, comme dans une famille, nous faisons
l’évaluation du travail réalisé la veille ; ce qu’on a fait et ce
qu’on n’a pas pu faire. Nous mettons sur table les remarques des
clients et les compliments reçus. C’est sur base de tout ceci que nous
travaillons pour nous améliorer et réussir la journée. Nous vérifions
le  stock  et chacun fait des propositions sur base du budget
journalier de notre restaurant, étant donné que les grands achats
s’effectuent au début de chaque mois. Pour maintenir la gaité de ce
cadre gastronomique et la bonne ambiance, il y a toujours un climat
d’entente parmi le personnel. Il est proscrit, par exemple, de
reprocher ou de réprimander un collaborateur en présence des clients.
Quelle que soit la faute commise, j’attends le soir, après le départ
du dernier client, pour faire des reproches à mes collaborateurs et
cela les a beaucoup marqués : ils me considèrent plutôt comme une
maman et non  comme un chef.

Quel est le secret de votre succès ?
N.M..: Notre succès tient du fait qu’il nous a fallu trouver comment
innover pour nous démarquer. Nous misons sur une gastronomie  qualité,
avec un service rapide et dans un cadre agréable. On a embelli notre
cadre au moyen des fleurs et des motifs. Nous privilégions une cuisine
basée sur des produits frais et locaux. C’est quelque chose qui manque
dans beaucoup de restaurants  de Kinshasa. Je peux affirmer que notre
clientèle est éclectique. Depuis près de trois ans, nous enregistrons
des employés, des  familles, des jeunes et des expatriés. Et cela fait
le succès de notre restaurant. Nous avons élargi nos services. Nous
offrons un service traiteur pour différents  événements : fête de
mariage, d’anniversaire, de baptême, etc.
CM
(C.P.)