Muzito traque les services clandestins

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Le Premier ministre, Adolphe Muzito, a effectué hier jeudi 27 janvier 2011 une visite-surprise dans les ports et aéroports de Kinshasa, notamment le Beach Ngobila, le port de Ndolo familièrement « Ndolo libongo » et l’Aéroport International de Ndjili. Le but de cette tournée d’inspection était de se rendre personnellement compte du niveau d’exécution du Décret présidentiel portant interdiction de la présence des services non autorisés au niveau des postes frontaliers du pays mais aussi de recueillir les doléances de ceux qui ont l’habitude de fréquenter ces secteurs névralgiques, entendez les marchands, les voyageurs et les touristes.
Le chef du gouvernement était par ailleurs porteur d’un message de fermeté à l’endroit d’éventuels contrevenants aux directives du Chef de l’Etat. Il a promis de sévir sans pitié si l’ordre et la sécurité n’étaient pas rapidement rétablis dans les différentes postes-frontières du pays, à commencer par Kinshasa, la capitale.

    En effet, le constat fait le 22 décembre 2010 par les participants ( Premier ministre Adolphe Muzito, quelques ministres nationaux, Procureur général de la République Kabange Numbi, Inspecteur général a.i. de la Police Nationale Charles Bisengimana, Conseiller Spécial du Chef de l’Etat en matière de Sécurité Pierre Lumbi) à une réunion spéciale convoquée par le Chef de l’Etat, Joseph Kabila, était que les instructions présidentielles souffraient d’un grave flottement aux portées d’entrée de la République.
Selon le décret présidentiel, quatre services officiels seulement sont habilités à opérer aux postes frontaliers, à savoir la Direction des Douanes et Accises (DGDA), le Service d’Hygiène, la Direction Générale de Migration (DGM) et l’Office Congolais de Contrôle). La volonté de faire le ménage dans les ports et aéroports ainsi que les postes frontaliers routiers s’inscrit dans la lignée de l’engagement du gouvernement d’améliorer le climat des affaires, conformément à ses obligations vis-à-vis des partenaires extérieurs et des opérateurs économiques, nationaux comme expatriés.
    Ainsi, lors de son passage au Beach Ngobila, il a instruit les responsables de l’Office National des Transports (Onatra), concessionnaire du port,  de la Direction Générale des Douanes et Accises (DGDA), de l’Office Congolais de Contrôle (OCC) et de la Direction Générale de Migration (DGM), de procéder sans délai à la réduction des effectifs de leurs cadres et agents, jugés pléthoriques à ce point de passage entre Kinshasa et Brazzaville. Selon les interlocuteurs de Muzito, une amélioration sensible est observée en ce qui concerne le fonctionnement de ces différents services, qui souffrent de moins en moins de l’interférence des services clandestins.
    A titre d’exemple, il a été fait état de la baisse de l’activisme des éléments des FARDC, qui cèdent de plus en plus du terrain face à ceux de la Police des frontières. Au port de Ndolo, le Premier ministre a appris, de vive voix, de la part des armateurs propriétaires des baleinières, des commerçants et commerçantes qu’ils sont l’objet de tracasseries sans nombre ainsi que de la multiplicité des taxes, ce qui a comme impact négatif la surenchère pratiquée sur les denrées de consommation courante, tels que les poissons fumés, les cossettes de manioc, le maïs, les arachides, les courges, l’huile de palme, etc.
    Au niveau de l’Aéroport International de Ndjili, les mandataires des services agréés ont fait part à Adolphe Muzito de la disparition presque totale des services non autorisés. A l’instar du Beach Ngobila, la Garde Républicaine est en train de s’effacer peu à peu au profit de la Police des frontières.
    Au terme de sa tournée d’inspection, le Premier ministre s’est retiré avec le sentiment que par rapport à la situation d’il y a dix ans, on enregistre de moins en moins l’immixtion des services clandestins dans les postes frontaliers de Kinshasa. Il est permis de croire qu’avec la réduction des services de l’Etat au niveau des aéroports, ports, gares de train et carrefours routiers servant de postes frontaliers, l’évasion des recettes publiques va s’arrêter au fil du temps. La limitation des tracasseries et des opérations maffieuses au niveau des points d’entrée et de sortie du territoire national est l’une des priorités du chef de l’Etat, dans sa détermination à rendre le pays davantage fréquentable dans le secteur des affaires.
    Il convient de signaler qu’Adolphe Muzito était accompagné, dans son ronde d’hier, des ministres Matata Ponyo des Finances et de Laure Kawanda des Transports, ainsi que des DG de la RVA, de la DGM, de l’OCC, sans oublier les responsables des services de sécurité civile et militaire.

 Jacques Kimpozo

 

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