Mukwege exige une législation plus ferme pour encadrer les minerais de conflit

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denis mukwengeAprès le vote de  la loi contre les minerais de sang par le Parlement Européen au mois de mai dernier,   Denis Mukwege  poursuit  son plaidoyer en faveur de la paix dans l’Est de la République Démocratique du Congo.  Il a rencontré le 18 juin dernier  le premier Ministre suédois,  Stefan Löfven, pour évoquer la même question en marge de la campagne que mène son pays en faveur des droits des femmes à travers le monde, soutenue par Onu/ Femmes. Mukwege veut plus. Il veut du concret. Lors de cette entrevue avec le Premier Ministre suédois, il a évoqué la possibilité d’une loi européenne forte pour encadrer le commerce des minerais de conflit

 En effet, d’après le communiqué de presse parvenu à la rédaction du journal Le Phare,  Dénis Mukwege veut avoir du concret.  Car,  même si cette loi est une  effectivité  aujourd’hui, il ne semble pas encore satisfait du vote de la loi contre les minerais de sang par l’Union européenne. Pour ce médecin engagé dans la cause de la femme qui subit les affres des conflits armées à répétition  et victimes de violences sexuelles de tous genres,  « Il ne suffit pas qu’une loi soit votée pour que les choses changent », a-t-il martelé.  Cela du fait qu’une loi similaire a déjà  été votée par le Congrès américain, mais les entreprises américaines continuent à exploiter et à utiliser les minerais provenant des zones de conflit, sans se soucier des origines de ces minerais.  Ce sont notamment les entreprises qui évoluent dans la fabrication des outils informatiques, des téléphones portables et des avions et qui utilisent pour ce faire du coltan.

La  démarche du docteur Mukwege dans ce pays scandinave se justifie par le fait que la  Suède est connue à travers le pour faire avancer les droits des femmes au niveau national et international.  Il s’est dit très admiratif  du leadership politique de la Suède sur la promotion de l’égalité des sexes. Dans sa déclaration, Dénis Mukwege a fait savoir que  la violence sexuelle et sexiste existe à l’état latent dans toutes les cultures et dans toutes les classes sociales en temps de paix, mais elle  est surtout exacerbée en temps de guerre où les femmes et les filles sont les premières victimes des conflits décidés par les hommes et où la règle de droit omet d’assurer les droits des femmes.

Avocate des droits de la femme, Dénis Mukwege a dénoncé le fait qu’en « République Démocratique du Congo, le régime patriarcal a planté les graines des pratiques néfastes et aux coutumes rétrogrades maintenant les femmes comme étant inférieures, comme citoyens de seconde zone, sous réserve de la discrimination à tous les niveaux: la famille, la communauté et la société. Dans la partie orientale du Congo, les femmes vivent dans une peur constante d’être soumises à la violence, où sa forme la plus extrême, le viol, a été utilisée comme une stratégie de guerre pour les deux dernières décennies ».

 VAN