MSF dénonce le non respect des engagements du gouvernement

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Alors que le monde entier célébrera ce lundi 1 décembre 2014, les avancées remarquables de la lutte contre le VIH/Sida, Médecins sans Frontières a déploré le fait que plus de 80 % des 440.000 personnes vivant avec le sida en RDC, sont toujours en attente d’un traitement qui pourrait  leur sauver la vie.

C’est ce qui ressort de la cérémonie de vernissage de l’exposition « Les combattantes du Sida », organisée hier jeudi 27 novembre 2014, au Musée d’Art Contemporain et Multimédia de l’Echangeur de Limete.

Selon Louise Roland-Gosselin, Chef de mission adjointe de MSF, la RDC a 15 ans de retard dans cette lutte, puisque l’état dans lequel se trouvent certains malades, était observé il y a 30 ans en Europe lorsqu’aucun traitement n’était encore disponible.

D’après elle, l’une des raisons du retard de la RDC s’explique par le fait que le financement de la lutte contre le Sida repose à hauteur de 38 % sur les épaules de patients eux-mêmes. « Même si les médicaments antirétroviraux sont gratuits, le patient doit trop payer : 3$ pour l’ouverture d’un dossier, 6$ pour une consultation médicale, 5$ pour les examens CD4 et 10 $ pour le dosage de la charge virale, par exemple », a-t- elle fait savoir.

Louise Roland-Gosselin a également révélé que même le dépistage, normalement gratuit, est conditionné aux tests préliminaires payants. « Cette barrière à l’accès au traitement empêche les personnes de se faire dépister. Surtout que 87 % de la population en RDC, vit avec moins d’un dollar par jour », a-t-elle constaté.

En plus, les dépenses destinées à la lutte contre le VIH provenant du gouvernement ne représentent que 1,18 % de l’ensemble, selon le rapport REDES 2012. Pourtant, ajoute-t-elle, des promesses ont été faites à de nombreuses reprises sans être réalisées, comme en juillet 2008 avec la loi sur la gratuité des soins pour les PVV.

D’où Médecins Sans Frontières a demandé au  gouvernement de mobiliser les ressources nécessaires afin de permettre, comme le prévoit la loi, l’accès gratuit à la prévention et à la prise en charge de qualité de personnes vivants avec le VIH/Sida.
«Le sous-financement chronique par le gouvernement a pour conséquence, le départ des bailleurs de fonds qui financent à 61 % la lutte contre le Sida en RDC. Pourtant, le Congo a été identifié comme pays prioritaire par les principaux bailleurs de fond, mais les moyens mis en œuvre ne sont pas à la hauteur des besoins réels exprimés sur le terrain », soligne-t-on.

MSF a par ailleurs demandé aux bailleurs de fonds, non seulement de tenir leurs engagements pour les patients dont ils ont assuré le traitement antirétroviral, mais de soutenir également la mise à l’échelle, afin de permettre à plus de patients d’être dépistés et d’avoir accès au traitement.

Il sied de noter que l’exposition photo organisée par le MSF à l’Echangeur, du 28 novembre au 6 décembre, vise à mettre en lumière les conditions dans lesquelles vivent les personnes atteintes du Sida et à montrer les conséquences réelles de l’accès ou non au traitement antirétroviral en RDC.

Perside Diawaku

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