Mpiodi, croupions de dinde et autres vivres menacés

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 Première vue, l’on serait tenté de saluer la promesse du démarrage des travaux de réfection et de réhabilitation du Beach Ngobila. Coup de chapeau aux responsables de l’ex-Otraco qui feront d’une pierre deux coups. A savoir qu’après la réhabilitation et la réfection de ce Beach, ils vont alors lancer de grands travaux de  réfection du Grand Port de Kinshasa.
 Tous ceux qui ont l’habitude de fréquenter le Beach Ngobila se sont rendu compte que les grands bateaux affectés au trafic entre les deux capitales les plus rapprochées du Monde sont dirigés depuis le week- end dernier vers le Grand Port situé derrière la concession des services commerciaux de l’Ambassade des Etats Unis d’Amérique. Seules les petites embarcations,  appelées communément « canaux rapides » sont autorisées à utiliser le Beach Ngobila.

  Approchés, les responsables de l’ex-Otraco ont indiqué que le grand débarcadère du Beach Ngobila ne supporte plus les grands tonnages des marchandises et des voyageurs qui effectuent régulièrement des mouvements sur le fleuve Congo.
En effet, le trafic journalier entre Brazzaville et Kinshasa a pris une telle ampleur en tonnage et en passagers que le débarcadère a connu des fissures dangereuses sur le plan sécuritaire. On retient que de nombreux commerçants, toutes nationalités confondues, utilisent le Beach pour faire passer à l’aller comme au retour leurs marchandises en provenance d’Asie, d’Amérique et d’Europe. Notamment, de gros véhicules de transport, des engins de travaux de génie civil, de grands containers, cela via le port en eaux profondes de Pointe Noire situé sur l’océan Atlantique. Ce port reçoit de grands bateaux de haute mer transportant des tonnages considérables que les deux ports fluviaux de Boma et Matadi ne peuvent pas accueillir. En outre, les démarches administratives de dédouanement ainsi que d’autres opérations portuaires sont plus aisées et rapides à Pointe Noire qu’à Boma ou Matadi aux yeux des usagers.

Vivement un port en eaux profondes à Banana 

 Tous les regards des Congolais sont tournés vers le port en eaux profondes à Banana. Il s’agit là d’une question de souveraineté pour ne pas exposer le pays à des chantages des pays voisins. Nos compatriotes de l’Est subissent ce genre de chantage de la part des voisins qui utilisent le droit de transit comme un moyen de les humilier et parfois de bloquer aux frontières communes les véhicules de transport des marchandises fragiles et périssables avec ce que cela comporte comme désagréments sur le plan commercial et financier.
 Le gouvernement de Brazzaville a entrepris des travaux de la construction de route menant de la capitale au port maritime de Pointe Noire. Les travaux sont très avancés car ils ont dépassé l’étape de la ville de Dolisie. Selon les prévisions il reste quelques kilomètres pour atteindre Brazzaville. Autrement dit, outre le chemin de fer Congo-Océan, le voisin d’en face va bénéficier d’une route asphaltée pour relier Brazzaville au port maritime de Pointe Noire.


 Ainsi donc, les responsables de l’ex-Otraco sont priés de tout faire pour réhabiliter le grand port fluvial de Kinshasa et inciter leurs collègues de la Régie des Voies Fluviales à relancer les travaux de balisage du fleuve Congo afin de faciliter le trafic sur cette voie de communication. Ce qui permettra le ravitaillement de la ville en produits vivriers de tous genres comme il y a plus de vingt ans. Ce serait la fin des importations des vivres frais avariés en provenance d’Asie, d’Amérique et d’Europe. Fini l’importation des produits comme le riz, le maïs, les haricots, le lait, la charcuterie, le fromage, les petits pois, les fruits, etc. La RDC pourra réaliser des économies en devises étrangères et pourquoi ne pas exporter le surplus en produits tels les fruits du Kivu, les poissons frais, salés et asséchés en Europe, Asie et Amérique ainsi que vers les pays voisins.
 La relance du trafic sur le fleuve Congo va réduire sensiblement les prix au niveau des compagnies aériennes aussi bien pour les passagers que les marchandises. 


   F.M.  

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