MP- Rassemblement : négociations de la dernière chance

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acoticAprès plus d’un mois de contacts informels gérés patiemment par la CENCO (Conférence Episcopale Nationale du Congo), les négociations directes entre la Majorité Présidentielle et le Rassemblement vont enfin s’ouvrir ce jeudi 08 décembre 2016 à 10 heures au Centre Interdiocésain, dans la commune de la Gombe. On rappelle que les derniers réglages ont été opérés en deux phases, le mardi 06 décembre d’abord avec les consultations ultimes entre les Evêques Catholiques et les délégués des signataires de l’Accord politique de la Cité de l’Union Africaine (Thambwe Mwamba, Adolphe Lumanu, Vital Kamerhe) et des non signataires (Etienne Tshisekedi, Fidèle Babala), le mercredi
07 décembre ensuite avec le dépôt des listes des participants.

Selon des sources proches de l’organisation de ce dialogue voulu inclusif mais en format réduit, sa durée ne devrait pas excéder trois jours, avec 15 participants pour chaque camp politique. En principe la Majorité Présidentielle devrait s’organiser pour dégager, dans son quota, des « sièges » pour l’Opposition et la Société Civile signataires de l’Accord du Camp Tshatshi. Le Rassemblement devrait faire autant pour le MLC et ses alliés regroupés au sein du Front Citoyen ainsi que sa Société Civile.

On laisse entendre que l’Opposition et la Société Civile présentes au dialogue de la Cité de l’Union Africaine tenaient à obtenir chacune le même quota de participation que la Majorité Présidentielle et le Rassemblement, à savoir 15 délégués. Il était même question, à un moment donné, de revoir la clef de répartition et d’attribuer 10 délégués à chaque «Composante», à savoir la MP, la Société Civile et l’Opposition présentes à la Cité de l’Union Africaine ainsi qu’au Parlement. Naturellement, le Rassemblement s’est farouchement opposé à pareille format, car de nature à accoucher d’un « fourre-tout », à l’image du forum du Camp Tshatshi, et à tirer les travaux en longueur, alors que la crise politique à résoudre exige un consensus au moins une semaine avant le 19 décembre 2016.

On croit savoir que c’est finalement le format de 30 « dialogueurs » qui a été retenu, étant donné que les négociations directes concernent en réalité deux camps protagonistes, ceux des signataires et des non signataires de l’Accord politique de la Cité de l’Union Africaine.

Six divergences à vider…

S’agissant de l’ordre du jour, il devrait essentiellement porter sur
les six divergences identifiées par la Cenco, après plusieurs rounds
d’échanges séparés avec la Majorité Présidentielle et le Rassemblement
des Forces Politiques et Sociales Acquises au Changement. Il s’agit
notamment de « la compréhension du concept du respect de la
Constitution et de ses implications en rapport avec la crise actuelle
» ; « processus électoral : séquences, calendrier, financement des
élections, indépendance de la CENI et du CSAC » ; « fonctionnement des
institutions pendants la période de transition » ; « mesures de
décrispation politique » ; « mécanisme de suivi de l’Accord politique
» ; « forme de compromis politique à trouver ».
Ce qu’il faut souhaiter est que les deux camps politiques en présence
prennent conscience du fait que les négociations du Centre
Interdiocésain sont celles de la dernière chance. Si un consensus
politique se dégage ce week-end, il ferait éloigner automatiquement le
spectre du chaos qui plane sur le grand « Congo ». Dans le cas
contraire, le pays risque d’entrer dans une zone de turbulences
incontrôlable, ainsi que viennent de le rappeler le Conseil de
Sécurité des Nations Unies, l’Union Européenne et le Congrès
Américain.
Il est à espérer que d’anciens Mobutistes et seigneurs de guerre,
passés champions en vagabondage politique et dont le peuple congolais
n’a pas oublié les tristes exploits du passé (enterrement de
compatriotes vivants à Masika et Makobola, sabotage du barrage d’Inga,
abattages d’avions civils, incendies de villages et champs,
plasticages de ponts), ne vont pas tout gâcher en optant pour
l’imposition de l’Accord politique du Camp Tshatshi aux non
signataires.
Kimp