MP : panique à bord !

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Les graves résolutions arrêtées le mercredi 16 mars à Kingankati, lors d’une large concertation entre l’ « Autorité morale », Joseph Kabila, et les présidents des partis membres de sa famille politique, continuent de secouer le microcosme politique national. L’une des décisions qui vient de semer la panique à bord, c’est celle visant l’éjection de tous les partis et leaders « alimentaires » avant le dernier virage devant conduire aux élections générales.
Et la structure la plus concernée, face à ce critère, est le gouvernement. A l’heure où les rumeurs de remaniement circulent dans tous les sens, les ministres en fonction comme les « ministrables » passent des nuits agitées. L’imminence du chambardement ou du «réaménagement technique» de l’équipe ministérielle s’est davantage précisée avec les « vacances » créées à la suite des révocations du vice-premier ministre François Joseph Nzanga Mobutu du Travail et du ministre Philippe Undji du Développement Rural ainsi que la démission du ministre Bernard Biando du Commerce.

 

Le temps de l’alternance ministérielle ?

 En attendant que le Chef de l’Etat dévoile la nouvelle composition du gouvernement, une autre bataille s’est engagée, c’est celle de « l’alternance » au niveau des postes ministériels. De l’avis de certains membres des partis et regroupements politiques absents au gouvernement, il serait temps de mettre fin aux mandats des chefs des partis, vice-Premier ministres, ministres et vice-ministres en fonction.
Ils se fondent sur l’argument selon lequel leurs partenaires qui ont longtemps géré différents portefeuilles ministériels ont eu le temps d’amasser suffisamment de fonds pour battre, le moment venu, campagne. D’où, dans le souci d’accorder leurs chances aux « chômeurs politiques » de cette première législature, la logique voudrait qu’ils rendent les tabliers.
 A cet effet, des déclarations politiques très explicites sont déjà rendues publiques à travers les colonnes des journaux ainsi que sur les chaînes de radio et de télévision.
 Au PANU, à l’UPRDI comme à l’UDEMO, les tenants de l’alternance « ministérielle » réclament, à visages découverts, leur part du gâteau gouvernemental. Dans d’autres partis politiques affiliés à la majorité présidentielle, les candidats ministrables se font très discrets, par crainte d’être frappés de lourdes sanctions disciplinaires par les vice-ministres et ministres exerçant  «  l’autorité morale ».

« Se servir » avant de disparaître
 Vice Premiers ministres, ministres et vice-ministres issus des partis alimentaires connaissent d’ores et déjà le sort qui les attend avant la fin de la législature en cours : leur exclusion automatique de la majorité présidentielle. Avant de disparaître, une seule devise les anime : se servir une bonne fois pour toutes.
 Dans ces conditions, il est inimaginable de les voir souscrire à l’alternance ministérielle. Face à ces îlots de résistance, des campagnes de déstabilisation sont amorcées à gauche et à droite. A l’Udemo par exemple, un « comité de crise » s’est annoncé, sous la direction du sénateur Masikini, alors que le comité national, dirigé par le député national Gbialo, est toujours aux affaires. Au Panu, le ministre de l’Economie, Bulambo Kilosho, se trouve sous la forte pression de ceux qui estiment qu’il n’a plus qualité pour représenter leur parti au gouvernement, au motif d’avoir créé le sien propre. A l’UPRDI, l’affaire tourne autour de la longévité de Nyamugabo au gouvernement. L’on pense qu’il a assez « bouffé » et qu’il doit passer le témoin à quelqu’un d’autre.

Vers l’assainissement de l’espace politique

 L’initiative prise par l’ « autorité morale » de la MP de se débarrasser de tous les bois morts avant les échéances électorales est saluée par beaucoup d’observateurs comme une démarche bénéfique pour l’assainissement de l’espace politique national. Avec plus de 450 partis politiques, dont moins d’une dizaine a une assise éprouvée sur le terrain, le pays souffre d’un encombrement préjudiciable au vrai débat d’idée et au poids politique réel de la majorité présidentielle comme de l’opposition.
 En raison du flou entretenu jusque-là par des plates-formes transformées en paniers à crabes, il était difficile de savoir qui représente quoi et qui parle au nom de qui. L’escroquerie politique a fonctionné jusque-là à fond, avec des leaders et partis dont l’essentiel des activités se passaient sur les antennes des radios, les chaînes de télévision et sur les surfaces des tabloïds.
 Une pratique largement répandue à Kinshasa veut que les « Shegués » (enfants de la rue), les chargeurs des parkings, les vendeurs des bibelots à la criée, les professionnelles du sexe, les désoeuvrés de tous les âges se retrouvent, moyennant espèces sonnantes et trébuchantes, dans les meetings des partis alimentaires de la majorité présidentielle comme de l’opposition. Détenteurs d’une large gamme de pagnes, T. shirts, badges, foulards et képis reçus à titre gracieux, ils s’organisent pour les porter selon l’identité du parti ou leader politique à soutenir. Au lieu d’être « gérées », ce sont plutôt ces « bases mouvantes » qui se font du beurre sur le dos des politiciens de pacotille. Comme la MP a décidé de balayer devant sa porte, le jeu politique va se clarifier rapidement.
Kimp

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