La MP multiplie les foyers de tension pour modifier la Constitution

0
300
Des participants au séminaire d’échanges entre communicateurs de la majorité présidentielle, tenu 5 au 7/9/2011 à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo
Des participants au séminaire d’échanges entre communicateurs de la majorité présidentielle, tenu 5 au 7/9/2011 à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

Le mauvais climat des affaires en RDC  revient régulièrement dans la plupart des conversations et ateliers tenus dans diverses places de Kinshasa et du pays. L’exemple le plus récent est celui administré par la grande société brassicole « Bralima », qui a lancé un cri d’alarme au sujet du mauvais état de sa situation financière. Laquelle est en train de se dégrader dangereusement au point de s’attendre à une réduction inévitable du personnel à tous les niveaux. Déjà deux
grandes usines, à savoir celles de Boma et de Mbandaka ont déjà mis la clé sous le paillasson suite à la forte baisse de la consommation consécutive au pouvoir d’achat très faible de la population, à la pression fiscale caractérisée par des taxes exorbitantes, aux frais tout aussi exorbitants des factures d’eau,  d’électricité, de
carburant et d’autres intrants dans la production de la bière et des boissons gazeuses.

Cet état des choses, comme tant d’autres ne semble pas émouvoir le
moins du monde les ténors de la majorité qui s’amusent plutôt à
multiplier des foyers de tension à travers le territoire national. Ils
profitent de n’importe quelle occasion pour provoquer l’opinion soit
directement, soit par le biais de tout acteur social ou politique en
vue pour tirer sur la corde raide des Congolais, sans se soucier des
conséquences de leurs actes maladroits. C’est à peine si les
communicateurs de la majorité n’ont pas encore accusé la direction
générale de la Bralima d’être de mèche avec l’opposition pour avoir
alerté l’opinion sur le mauvais état du climat des affaires en RDC.
Chaque jour qui passe, des ténors de la majorité rivalisent d’ardeur
à travers les différentes chaines de radios et de télévisions pour
évoquer des projets de consultation populaire au sujet de n’importe
quel sujet intéressant l’opinion.
Tout récemment, le président de la chambre basse a présenté un projet
de révision de la loi organique régissant la Cour Constitutionnelle,
au niveau du quorum de siège et de décision. Or, l’opinion garde
encore en mémoire le tollé provoqué par la réduction du quorum de
siège et de décision lors de l’examen et l’adoption de l’Arrêt en
interprétation de l’article de la constitution au sujet du mandat de
l’actuel chef de l’Etat. Le quorum de siège et de décision est de 7
membres. Or ce jour-là, sur les 9 membres composant cette institution,
seuls cinq étaient présents dans la salle.

Mauvaise foi, cynisme ou manque d’arguments
Est-ce que les ténors de la majorité ne savent pas lire correctement
la Constitution en vigueur ? Pas tout.Pour procéder à la révision du
quorum de siège et de décision au niveau de la Cour constitutionnelle,
il faut nécessairement charcuter la constitution, essentiellement en
son article 158. Qui stipule que : « La Cour Constitutionnelle
comprend neuf membres nommés par le président de la République, dont
trois sur sa propre initiative, trois désignés par le parlement réunis
en congrès et trois désignés par le Conseil Supérieur de la
magistrature ».  Leur mandat est de neuf ans non renouvelable, même si
la Cour Constitutionnelle  est renouvelable par tiers tous les trois
ans.
Pourquoi ces ténors ou communicateurs de la majorité ont-ils déjà
oublié la leçon de droit infligée au ministre actuel de la Justice par
Henri-Thomas Lokondo, député de Mbandaka toujours au sujet de la même
démarche maladroite et antipatriotique à laquelle ils rêvent de
revenir aujourd’hui ?
Leur stratégie habituelle consiste à entretenir régulièrement des
foyers de tension pour espérer distraire l’opinion en vue de faire
passer leur projet. Le matin, ils jurent sur leurs ancêtres qu’ils ne
vont pas toucher à la constitution et le soir, ils reviennent sur les
bienfaits de la consultation populaire.
F.M.