MP : féroce guerre de succession !

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Une fois passée l’émotion consécutive à la disparition inopinée du député Augustin Katumba Mwanke, tué dans un crash d’avion survenu le dimanche 12 février à Bukavu, le temps est à la guerre de succession au sein de la Majorité Présidentielle. Féroce, impitoyable, elle oppose les « clans » qui se disputent le leadership au sein de cette famille politique. Tous ceux qui s’estiment capables de pouvoir jouer un rôle majeur auprès de l’Autorité morale » surveillent étroitement tout ce qui bouge autour d’eux.

Dans cette atmosphère agitée de « course au pouvoir », les coups bas ne se comptent plus. Ainsi, on assiste à des déballages en règle. Des flèches empoisonnées voyagent dans toutes les directions. Le spectacle est inédit. Chaque flèche assassine échappée d’un carquois entraîne machinalement la levée d’un bouclier anti-choc dans le camp visé.

La chronique politique dans les rangs des partisans et des « alliés » du Chef de l’Etat, Joseph Kabila, est dès lors alimentée par des scandales – vrais ou supposés- mis sur le compte de possibles et probables candidats à la succession de feu Katumba. Il suffit de lire la presse pour se rendre compte que personne ne fait de cadeau à personne. Des noms des collaborateurs du Président de la République, qui jusque sous peu paraissaient intouchables sont étalés, en mal, sur la place publique.

 L’opinion publique, amusée, apprend avec délectation que tel est présumé pilleur des fonds publics… tel autre parrain des contrats léonins… Des documents officiels, censés circuler en interne, sont mis à la portée du commun de mortel, tantôt pour accuser, ou encore pour démontrer son innocence. Il ne reste qu’une chose : que des responsables ne s’expliquent, en usant de leurs biceps, en dehors de leurs bureaux et salons.

Les enjeux immédiats sont en effet de taille : Primature, Portefeuilles ministériels, Présidence du Bureau de l’Assemblée Nationale, Comités de gestion des entreprises du Portefeuille, diplomatie, etc. Qui n’aimerait être, comme l’illustre disparu, l’œil et l’oreille de l’ Autorité morale » ? Qui refuserait d’être ce point focal par lequel passeraient toutes les propositions de décisions arrêtées par consensus au sein de la Majorité Présidentielle et à faire endosser au Raïs ? Quelle est cette personnalité politique qui ne rêverait pas d’être l’architecte de toutes les moutures gouvernementales à soumettre à la discrétion du Chef de l’Etat ?

Ce qu’il faut craindre est que dans les semaines et mois à venir, lorsque le Raïs aura décidé de lever des options définitives sur les noms du futur Premier ministre, de futurs membres du gouvernement, du futur président du Bureau de l’Assemblée Nationale, de futurs gestionnaires des entreprises du Portefeuille, de futurs animateurs de notre diplomatie…les coups bas actuellement en libre circulation ne laissent des séquelles ineffaçables dans certains esprits. Si des membres d’un même bord politique en arrivent à se haïr à mort, pour une question de positionnement, la discipline de groupe et la cohésion interne pourraient en pâtir.

Visiblement, la division frappe à grands coups aux portes de la Majorité Présidentielle. Le vide laissé par Katumba Mwanke commence à se faire cruellement sentir.
C’est peut-être l’occasion, pour le Raïs, de sortir de son mutisme et d’en appeler à un rappel à l’ordre ou, à tout le moins, à un « cessez-le-feu » chez les « frères ennemis ».

Kimp

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