Mouvement Lumumbiste Progressiste : opportunités, conditions et préalables pour un dialogue crédible, honnête et sincère

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1. Monsieur le Président Joseph Kabila,

2. Honorable Président de l’Assemblée Nationale,

3. Honorable Président du Sénat ;

4. Monsieur le Premier Ministre ;

5. Son Eminence le Cardinal Laurent Monsengwo ;

6. Mesdames et Messieurs les Chefs de Partis politiques ;

7. Mesdames et Messieurs de la Presse (Nationale et internationale) ;

8. La Monusco, l’ONU, la SADC, l’UA, l’UE ;

9. Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Chefs des Missions Diplomatiques accrédités en RDC ;

10. Mesdames et Messieurs les Responsables des Organisations de droits de l’Homme aux niveaux local, régional, et international.

Le Mouvement Lumumbiste Progressiste, MLP en sigle, que j’ai l’honneur de présider, tout en appartenant à l’Opposition politique non armée, se doit en raison du pluralisme et de son combat, d’avoir un point de vue clair et sans équivoque sur toute question d’intérêt national.

C’est le cas, aujourd’hui s’agissant de ce que l’on appelle « Dialogue national », « Concertation » pour la « Cohésion nationale », annoncées par le Président J. Kabila en date du 15 décembre 2012 parce que, conscient de conséquences néfastes des élections mal organisées en novembre 2011, bloquant ainsi le fonctionnement normal du pays sur le plan tant interne qu’externe.

1. OPPORTUNITES

Il ne s’agit pas d’aller au dialogue pour le dialogue, encore moins pour se partager le pouvoir pour le pouvoir, en oubliant le peuple congolais et le lot de ses problèmes : la pauvreté généralisée, le chômage comme mode de vie en RDC, les guerres, les violations massives de droits humains, ceux des enfants, des femmes en particulier, le disfonctionnement de toutes les structures de l’Etat, la corruption, l’impunité, les fonds engendrés par l’absence totale de l’autorité de l’Etat sur l’Etat sur l’ensemble du pays.

Le dialogue devient un impératif pour restaurer la paix sociale et l’ordre public en mettant fin à la prolifération de rébellions et mouvements armés qui déchirent la RDC. Là où il n’y a pas de dialogue, il y a rupture avec comme conséquence la violence. Or, celle-ci est à la fois anti-démocratique et anti-développementaliste : morts, réfugiés, déplacés et viols pullulent.

Enfin, le dialogue pourra mettre fin à la grande crise de légitimité née de la mauvaise organisation et de la tricherie électorales de Novembre 2011. Sans consensus national, les Congolais ne regarderont jamais vers la même direction ; encore moins, il n’y aura ni paix sociale, ni ordre.  Lesdites élections ont rompu le consensus né à Sun-city en 2003. Il faut y ajouter l’absence totale du leadership et d’une gouvernance intègre dans tous les secteurs de la vie nationale ainsi que celle de la gestion de la petite territoriale actuellement acquise au pouvoir en place sans que les élections ne soient organisées.

Les assises de Kampala réunissant le pouvoir et le M23 n’apporteront rien et  les questions de fond ne seront pas abordées, étant donné que le Peuple n’y est pas représenté et ne réclamant que la vérité des urnes.

2. CONDITIONS

Seul un Forum satisfaisant à un certain nombre des conditions, ramènera la paix, le consensus national, la réconciliation et l’implication de tout Congolais à la gestion des Affaires du pays. J’en donne ici les plus importantes :

2.1. L’Inclusivité

Le dialogue que nous appelons de tous nos vœux ne peut  réussir que s’il repose sur l’inclusivité, c’est-à-dire qu’aucune couche de la société congolaise ne sera exclue : l’Opposition politique, le Pouvoir en place, la Société civile, la Diaspora, etc.

Etant donné que, Etienne TSHISEKEDI et Joseph KABILA constituent le problème même de la crise RD congolaise, les deux sont invités à y prendre part.

Toutes les rébellions et  différents groupes armés tant internes qu’externes doivent y être présents.

Toute exclusion y consacrera un échec à l’avance.

2.2. La détermination de l’Ordre du jour

L’Ordre du jour doit être globalisant, c’est-à-dire qu’aucune question ne sera évitée. L’ensemble des problèmes qui rongent notre Société doivent être discutés. Il n’y aura pas de sujets-tabou. Ainsi, à titre indicatif la légitimité du pouvoir en place, la Défense Nationale, le processus électoral, une réforme profonde de la Cour Suprême de Justice, le pillage et exploitation illégale de nos ressources naturelles, l’instabilité récurrente, la réconciliation nationale… doivent être mis sur la table.

En effet, la question de légitimité se penchera notamment sur Etienne TSHISEKEDI, déclaré légitimement élu par la population et principale victime de la tricherie électorale massive de Novembre 2011 et, d’autre part, Joseph KABILA, déclaré légalement élu par la Cour Suprême de Justice.

2.3. La détermination du lieu des Assises

Tout pays africain, sauf ceux ayant appuyé le Régime KABILA dans sa prise du pouvoir en 1997, notamment le Rwanda, I’Ouganda, le Burundi, I’Angola, la Tanzanie, le Zimbabwe, la Namibie  y compris le Centreafrique, encore moins la RDC !

L’effectivité des concertations est tributaire d’un certain nombre des préalables. Ceux-ci doivent être satisfaits avant le lancement du processus du dialogue

3. PREALABLES

a.         Le Dialogue doit être dirigé par un Médiateur crédible et impartial ou par un comité des Médiateurs et non par un facilitateur ;

b.         Les Animateurs de la médiation doivent être désignés par les Nations-Unies ou  l’Union Africaine ;

Le Président J. KABILA doit :

-s’engager solennellement à ne pas modifier la Constitution actuellement en vigueur pour se représenter à la présidentielle de 2016.  Certes, la disposition constitutionnelle y relative est intangible, (il n’a droit qu’à deux mandats) mais il doit prendre également l’engagement de ne pas la violer.

–           Il doit donner la garantie que même s’il n’est pas candidat en 2016, l’armée ne s’ingérera pas dans la vie politique aussi bien par un coup d’Etat que des guerres et rébellions, en sa qualité de Chef d’Armée.

–           Il doit s’interdire publiquement d’utiliser les militaires pour déstabiliser les institutions démocratiques, désintégrer et balkaniser la RDC ;

d. La libération inconditionnelle des prisonniers politiques et détenus d’opinions condamnés et, mettre fin aux poursuites pour ceux qui ne sont pas encore condamnés.

Fait à Kinshasa, le 08 février 2013

Le Président National, Honorable Franck Diongo Shamba

Député National et Chercheur sur la Question congolaise

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