Motion de Censure : Thomas Lokondo collecte des signatures contre Tshibala

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Après la houleuse plénière du vendredi 24 novembre 2017, au terme de laquelle les députés de la Majorité Présidentielle ont déclaré recevable le projet de budget 2018, en dépit de son dépôt hors délai par le Premier ministre, le député national Henri Lokondo est loin de s’avouer vaincu. En dépit du rejet de l’option de la démission de
Bruno Tshibala, il vient d’initier une motion de censure contre lui. Dans l’objectif bien arrêté de faire aboutir son initiative de contrôle parlementaire, l’élu de Mbandaka procède déjà à la collecte des 125 signatures exigées par la Constitution  et le règlement intérieur de  l’Assemblée nationale pour rendre une motion de censure
contre le chef du gouvernement recevable.

Non satisfait des réponses du Premier après son interpellation relative au dépôt tardif du projet de budget 2018, Henri Thomas Lokondo  est déterminité à aller jusqu’au bout de sa démarche.

On signale que lors de son intervention au Palais du peuple, le vendredi 24 novembre, pour défendre son projet de budget 2018, Bruno Tshibala n’a pas fait allusion  à l’ultimatum de 3 jours lui lancé par l’interpellateur pour rendre le tablier.

Mais bien avant l’exposé du Premier ministre, les freins ont lâché
entre le député national, Henri Thomas Lokondo, et le président de
l’Assemblée nationale, Aubin Minaku.
A la base de ce choc frontal, il y avait le refus par le speaker de
la chambre basse du parlement congolais d’accorder la parole au député
national, cité plusieurs fois dans le rapport de la commission
spéciale chargée de réexaminer tous les contours du dossier.
Ladite commission, dirigée par Tsamani a, dans son rapport, souligné
que la recommandation de Lokondo exigeant la démission du Premier
ministre dans les 72 heures, pour avoir déposé en retard le projet de
loi des finances 2018, n’était pas conforme à l’article 126 de la
Constitution.
Sollicitant la parole pour user de son droit de réponse reconnu à un
député dans le   règlement intérieur de l’Assemblée Nationale, Lokondo
n’a pas eu gain de cause.
Ulcéré par l’attitude du président d’Aubin Minaku, il n’a caché sa
déception et  son indignation face à ce qu’il a considéré comme un
comportement dictorial dans le chef du président de la chambre basse
du Parlement.
Le fait pour Aubin Minaku d’avoir demandé à cet élu d’être poli a
davantage empoisonné l’atmosphère. L’intervention d’une députée de la
Majorité présidentielle condamnant le manque de respect de Henri
Thomas Lokondo à l’égard du président de l’Assemblée nationale n’a
fait que déborder le vase.
Aussitôt après cette obversation, l’intéressé a levé l’option de
claquer la porte.
Dans la foulée, il a improvisé un point de presse dans les couloirs
du Palais du peuple, accusant le président de l’Assemblée Nationale et
le Premier ministre  d’instrumentaliser des communicateurs de la
Majorité présidentielle pour lui administrer des coups en-dessous de
la ceinture.
Prenant les propos de Lokondo pour des allégations sans fondement, le
président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, a vite fait de les
démentir, soulignant au passage savoir faire la différence entre un
homme public et un homme d’Etat.
Eric Wemba