Motion contre Tshibala: Lokondo floué par ses collègues

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Alors qu’ils avaient soutenu presqu’à l’unanimité l’initiative de leur collègue de diligenter une motion de censure contre le Premier ministre, pour n’avoir pas donné satisfaction à leurs préoccupations lors de son interpellation, grande a été la surprise pour l’auteur de
la démarche, Henri Thomas Lokondo Yoka de voir nombre de députés se rétracter face à leur engagement. Ce regret, il l’a exprimé le vendredi 15 décembre devant des journalistes au Palais du peuple, à quelques heures de la clôture solennelle de la session ordinaire de
septembre 2017.

L’élu de Mbandaka fustige, à ce sujet, le manque de courage politique
dans le chef de certains acteurs politiques qui donnent l’impression
de n’avoir aucune indépendance d’esprit et qui agiraient sous la
dictée. «Parce que, dit-il, on ne peut pas comprendre qu’un élu dont
la prise de position est censée être dictée par les aspirations de la
base, puisse naviguer à contre-courant».
Sa grande surprise est de constater que des gens qui s’étaient
manifestés publiquement pour soutenir l’initiative puissent faire
marche-arrière lorsqu’il fallait concrétiser l’idée par un acte
d’engagement. Certains ont versé dans des considérations subjectives
devant leurs responsabilités politique vis-à-vis de leurs électeurs.
Voilà qui a amené Henri Thomas Lokondo à abandonner la démarche, pour
ne pas donner l’impression de vouloir faire de l’acharnement pour une
question publique qui devrait logiquement être soutenue par ceux qui
se disent représentants du peuple. Toutefois, il aura accompli
dignement sa part de responsabilité et répondu positivement à son
contrat avec le peuple congolais.
On rappelle que sur le ¼ des signatures des membres composant
l’Assemblée nationale exigé par la loi, soit 125, il en avait déjà
réuni 105. Il lui manquait seulement 20 signatures pour répondre
valablement à l’exigence légale. Et n’eût été la lâcheté dont certains
députés ont fait montre en retirant leurs signatures, la pétition
serait déposée avant que la session ne soit clôturée.

«N’ayant pas été satisfaits par les réponses que le Premier ministre,
monsieur BrunoTshibala Nzenze, avait réservées aux préoccupations des
députés nationaux  lors de son interpellation par le député Henri
Thomas Lokondo Yoka à la séance plénière du 22/11/2017, nous,
soussignés, avons l’insigne honneur de déposer entre vos mains la
présente motion de censure contre Monsieur le Premier ministre ci-haut
identifié aux fins d’obtenir sa démission conformément aux
dispositions des articles 138, 146 et 147 de la Constitution d’une
part, et 209 et 210 du Règlement intérieur de notre Chambre d’une part
». Voilà la raison ayant poussé les députés à diriger une motion de
censure contre le chef du gouvernement à qui ils reprochaient entre
autres la violation de la Constitution pour dépôt tardif du projet de
loi de finances 2018, le manque de leadership, la violation de la loi
n°11/011 du 13 juillet 2011 relative aux finances publiques, et
l’hypothèque sur le processus électoral.

Dom