Motemona et Kokolo se défendent… les interpellateurs insatisfaits

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Trois membres du gouvernement provincial de Kinshasa ont fait l’objet d’interpellations des élus provinciaux et se sont, le mercredi 24 mars 2010, employés à répondre aux préoccupations de leurs interpellateurs.

Sous la présidence de Roger N’Singi, la plénière a fait défiler ces trois ministres de Kimbuta. Le premier à passer à l’épreuve du feu, le ministre de la santé, Kokolo. Il répondait ainsi à l’interpellation du député provincial Diampovesa. L’élu de la circonscription de la Tshangu tenait à se faire expliquer la politique d’hygiène mise en place au niveau de la capitale, les mesures préconisées pour l’assainissement des institutions d’enseignement médical dont beaucoup sont réputées non viables, les sanctions prévues contre des compatriotes passés maîtres dans la vente, à même le sol, des biens de consommation, des mesures contre des santé de centre pirates pourvus du personnel soignant sans niveau requis et prompt à dépouiller des parents des malades de peu qu’ils ont.

 

Du berger à la bergère

Kokolo s’est mis sur la défensive, expliquant que la question de l’hygiène dans la ville fait l’objet d’une préoccupation première dans son chef, soulignant avoir largué sur la ville environ 900 agents repartis à travers 24 communes, à raison de 25 agents par zone de santé. « Je reconnais cependant qu’il y a insuffisance d’équipements et des brigades avec un personnel vieillissant », a ajouté Kokolo qui a reconnu que le mal est profond. Il a souligné que ses services sont en pourparlers avec l’Organisation mondiale de la Santé dans l’optique de bénéficier d’un appui substantiel destiné à la construction des latrines. A la préoccupation de l’interpellateur sur les médicaments jugés d’origine douteuse vendus aux malades, Kokolo a orienté ses compatriotes de Kinshasa vers des maisons de production de produits qui répondent aux normes, notamment Cameskin qui « vend des médicaments testés et aux prix préférentiels » et auprès d’autres structures sûres.

« L’affaire des Itm avait coûté un emprisonnement à mon collaborateur »

Au sujet des centres de santé peu viables, une équipe de contrôle, a-t-il assuré, est opérationnelle pour fermer les structures qui ne répondent pas aux exigences requises. Et l’ambulance promise à la population ? Elle est prévue dans la feuille de route du budget 2010, a indiqué le ministre qui devrait, dans la foulée de son intervention, édifier la plénière au sujet du boucan enregistré très fréquemment dans des lieux mortuaires prévus dans le voisinage des maisons communales, souvent sans latrines. Ici comme là-bas, Kokolo a porté à la connaissance de l’auditoire que le travail à faire à ce stade reste la sensibilisation de la population, tout en précisant la nécessité de construire des latrines. De manière ramassée, le membre du gouvernement provincial a reconnu – comme pour rejoindre l’interpellateur – que « la dégradation de l’environnement est un indicateur de la faiblesse de notre système de santé ». Il n’y a pas de politique cohérente d’hygiène, absence de culture urbaine, la ruralisation de la ville, a en outre embrayé l’orateur avant de revenir sur les Itm. Il a rappelé à ses vis-à-vis que la question avait coûté la prison à son proche collaborateur, un chef de bureau, accusé par des propriétaires des « ligablos », également hauts placés dans les institutions.

Le ministre de la santé du gouvernement central d’alors, Augustin Mopipi, avait dû faire marche arrière, a révélé Kokolo. Enfin, il a conclu par la question de Diampovesa sur le nombre jugé disproportionné de morgues à Kinshasa. Ici, il a été donné d’apprendre que la capitale compte 15 morgues dont 4 privées et des commandes ont été passées pour l’approvisionnement de la ville en « chambres funéraires ».

« Je suis resté sur ma soif »

N’Singi a ainsi donné vingt minutes à l’interpellateur pour réagir. « Je suis resté sur ma soif », a répliqué Diampovesa, qui a souligné qu’il ne sait toujours pas, à la lumière des explications fournies par l’interpellé, « qui fait finalement quoi ». Ce qui a, à ses yeux, ressemble à un jeu de ping-pong. « Un ministre accuse un autre ministre, on se rejette la responsabilité et vle tour est ainsi joué », a fait observer  le député visiblement insatisfait mais qui a curieusement accordé son indulgence au ministre avec promesse de ne pas lui accorder son pardon la prochaine fois.  

Motemona et « ses » cimetières

Deuxième à se signaler sur le podium, le ministre de l’Intérieur, Population, Décentralisation et Sécurité.  Il devait répondre à la question orale avec débat soulevée par le député Henri Itoka. La démarche du jeune député consistait à mettre une puce à l’oreille de l’autorité sur l’état fort déplorable des cimetières, conséquence de vandales.

Godard Motemona a loué la pertinence de la question, en précisant que tout est actuellement lié au « pourrissement des mœurs du corps social kinois ». Il est rentré dans l’histoire de ces « dernières demeures » pour expliquer que tout est parti de la décision du gouverneur général en 1907. Et qu’à ce jour, Kinshasa compte 30 cimetières dont 10 officiels. Dix autres sont déclarés saturés mais continuent, a-t-il reconnu, de recevoir des pensionnaires». La profanation, c’est aussi la conséquence des enterrements clandestins, accompagnés, a-t-il déploré, des obscénités, des balades avec des cercueils soulevés par des badauds proches du défunt etc». Autant des maux que Motemoma a également épinglé sans avoir accusé «Kuluna» et «Shegués» d’avoir transformé ces lieux de repos en «résidences».

Mikonga : militaires accusés !

Le ministre a, au même chapitre, accusé les militaires en faction à l’entrée du cimetière de Mikonga, commune de la N’sele, d’être – comme certains préposés – auteurs de tracasseries à l’endroit des proches parents des défunts. « Ils les dépouillent sous le prétexte d’assurer la sécurité et exigent qu’on ouvre le cercueil », a déploré le membre de l’exécutif kinois.

Au point relatif aux solutions, Motemona a une idée : offrir une « dernière demeure » crédible, de nouvelles concessions à mettre en valeur, lutter contre tout comportement susceptible de porter atteinte à la quiétude des morts.   

Tout en remerciant Itoka, il a promis, en plus de la carotte, qui est considérée à ses yeux comme la sensibilisation, de recourir désormais à des méthodes fortes pour faire respecter la loi. Itoka, pas totalement satisfait, a dit avoir pris note et attend les réalisations promises.

Dernière question orale avec débat, c’est celle adressée au ministre de l’Environnement. Globalement, l’essentiel a porté sur l’abattage des arbres sur le boulevard du 30 juin. Le ministre interpellé a reconnu le fait tout en précisant qu’une fois les travaux terminés, l’option d’un reboisement est envisagée.       

D-I.K

 

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