Mort de Mamadou Ndala : deux suspects aux arrêts

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ndala mamadouDeux suspects du meurtre du colonel Mamadou Ndala, commandant du 42ème  bataillon du commando de l’Unité de réaction rapide des FARDC, ont été arrêtés le samedi 4 janvier à Beni-ville (Nord-Kivu). Il s’agit du colonel Tito Bizourou, commandant FARDC de Beni-ville et un de ses gardes du corps. L’équipe d’enquêteurs aurait trouvé un téléphone portable dans le périmètre où a été assassiné le colonel Mamadou Ndala. Ce téléphone appartiendrait à ce garde du corps, suspecté de faire partie du groupe d’assaillants qui ont tiré une roquette sur la jeep du colonel Mamadou Ndala. Mais un responsable du premier secteur des FARDC basées à Beni estime qu’il est encore très tôt pour affirmer que les deux suspects arrêtés sont les auteurs de l’attaque contre le colonel Ndala. Pour des raisons d’enquête, l’officier militaire suspecté et son garde du corps sont déjà aux arrêts à l’auditorat militaire de beni.

 Depuis vendredi 03 janvier, une équipe d’enquêteurs envoyée par la 8ème région militaire séjourne à Beni. Ces enquêteurs continuent à travailler pour élucider cette affaire et établir toutes les responsabilités dans le meurtre du commandant du 42è bataillon des commandos de l’unité de réaction rapide de l’armée congolaise, assassiné le jeudi 2 janvier dernier près de Beni (à Matembo à environs 10 Km de la ville de Beni). Il était mort avec deux de ses gardes du coprs dont une femme prénommée Mado.

Des doutent persistent

 Le flou reste entretenu autour de la mort du colonel Mustapha Mamadou Ndala, tué le jeudi 02 janvier à Matembo, à la sortie Nord de la ville de Beni. Tout le monde rejette l’hypothèse des ADF-Nalu (Allies democratics forces-national army for the liberation of Uganda). Alors que le gouvernement évoque une roquette lancée contre la jeep du colonel, des images du lieu font croire à un véhicule immobilisé puis incendié. En visionnant les images du véhicule dans lequel le colonel a trouvé la mort…On ne voit pas d’impact visible d’un obus de roquette. Selon un diplômé de l’Ecole Royale Militaire (ERM) de belgique,  expert en explosif, qui a voulu rester anonyme « un obus de roquette contient une charge explosive de forme creuse qui s’enclenche au contact avec sa cible. Dans le cas présent, on ne voit aucun indice d’une explosion (dégâts importants au véhicule, éparpillement des débris pour un véhicule qui était en mouvement, présence d’un cratère au sol, …). Rien ne montre que ce véhicule a été touché par un obus d’une roquette antichar… Or il a pris feu comme un véhicule incendié. Si la roquette a été tirée à bout portant, le côté opposé du véhicule  aurait dû, également, subir de dégâts importants et être soufflé par le souffle de l’explosion et le véhicule aurait dû également être projeté un peu plus loin. Cependant, ces éléments caractéristiques de la balistique sont absents sur les images qui circulent », explique-t-il.

Tenant compte du relief du lieu de l’embuscade, nous basant sur les allégations selon lesquelles le véhicule a été touché par un obus de roquette, la position du tireur allait se trouver sur le flanc droit côté passager ou sur la butte, et la trajectoire de l’obus aurait dû être oblique. Vu la puissance et la trajectoire, l’impact aurait été visible sur le sol d’autant que la camionnette n’était pas blindée. Ce qui n’est pas le cas. « La cabine du véhicule, l’endroit où devrait se trouver les passagers (Colonel Ndala, la passagère, et le chauffeur), semble être intacte. Ce qui exclue la thèse d’un tir d’obus », poursuit notre source. Une autre incohérence est que le véhicule est resté en ligne droite, comme s’il se dirigeait pour s’arrêter ou se garer suite à une interpellation (ou un geste de stop) d’une personne faisant partie des connaissances du colonel ou d’un des passagers.

Certaines personnes se posent beaucoup de questions sur l’attitude des militaires. « Ils regardaient le véhicule se consumer, alors que la réaction normale même pour nous civils auraient été de secourir la personne en danger. Dites moi un peu, les militaires au front n’ont pas d’extincteurs dans leurs véhicules? Pourquoi aucun militaire n’y a vraiment pensé? L’autre question qui me taraude : comment les tireurs ont-ils pu cibler exactement le véhicule de Mamadou? Comment savaient-ils qu’il était dedans? », interroge un ancien combattant anonyme.

Pour d’autres, le scénario de cette attaque se serait déroulé comme suit: une personne que le Colonel Ndala (ou un des gardes) connait aurait fait signe de détresse ou de stop, pour que le véhicule s’immobilise. Les personnes ont surgi, l’ont identifié et en ce moment là qu’ils l’ont abattu ensuite ils ont mis le feu au véhicule. « D’ailleurs, on remarque que la camionnette brûle à partir d’en bas. Or une roquette est destinée à faire exploser une cible, notamment, des chars ou des véhicules blindés. On voit, manifestement, que le véhicule a été aspergé des matières inflammables, afin de masquer, les traces des balles sur le corps ».

 

Umbo Salama

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