La mort de l’assaillant Kabeya hypothèque les enquêtes

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L’évasion aux cachots du district de Mont Amba et du Parquet de grande instance de Matete, continue à faire couler beaucoup d’encre et de salive dans la ville de Kinshasa. Ouvertes depuis le matin du samedi 10 juin 2017, peu après le constat malheureux de lieux par les autorités judiciaires et celles de la Police provinciale, les investigations sont confrontées à deux inconnues. La première inconnue, c’est le groupe des assaillants dont on ignore le nombre exact, leur itinéraire et le lieu de refuge. La seconde inconnue, c’est l’identification des assaillants, leur passé criminel et leurs mobiles.

Selon des riverains sortis tard de leurs abris, à la fin du déluge des tirs d’armes à feu, et au retour de la quiétude, le District du Mont Amba, l’épicentre de cette évasion, ressemblait à un champ de bataille dévasté. Au loin, ils ont vu une dizaine de policiers
grièvement blessés aux armes blanches, étalés au sol, saignant
abondamment, les tenues maculées de sang. L’on apprendra plus tard
qu’une policière, parmi les victimes de cette attaque barbare, admise
à l’aube, à l’Hôpital militaire de référence du Camp Kokolo, aurait
succombé de suites de ses blessures.
Il en est de même d’un des assaillants, identifié comme un certain
Kabeya, touché par balle au niveau du thorax, n’a eu que le temps de
décliner son nom de famille, avant de s’effondrer entre les mains de
ses médecins traitants. Il est mort et a emporté avec lui, les secrets
de son groupe dont certains témoins soutiennent qu’il était composé
d’une centaine des membres.
Vers 3 heures, a affirmé un témoin, une foule de gens marchant à pied
se dirigeait, croyait-on, au funérarium situé en face du District de
Mont Amba. En réalité, on les a vus prendre aussitôt d’assaut les
bureaux de cet état-major de la police. Les policiers pris de court se
sont mis à tirer. Trop tard !
Les portes des cachots ouvertes, les prévenus se sont volatilisés
dans la nature. On croit savoir que les assaillants tenaient à sortir
leurs amis en détention. Ce qui fut fait. Et comme si cela ne
suffisait pas, ils se sont ensuite dirigés vers le Parquet de grande
instance de Matete où ils ont été accueillis par quelques policiers
qui ont eu le temps de signaler leur présence par des coups de feu.
Ceux de prévenus malades et craignant d’être étouffés et se trouvant
dans les couloirs se sont taillés eux aussi.
Et avant de quitter les lieux, les surprenants assaillants ont
emporté quatre motocyclettes saisies, et incendié une dizaine de
véhicules et deux motos. Qui sont-ils ? Qui était leur chef ? D’où
venaient-ils ? Que visaient-ils ? Où se cachent-ils aujourd’hui ?
Autant d’interrogations sans réponses pour le moment, mais qui
constituent pour les enquêteurs, des casse-têtes, surtout que ces
vandales n’avaient pas laissé des traces sur les lieux pouvant
orienter les limiers de la Police provinciale de Kinshasa.
Dans une ville où la population tient à sa sécurité, comme à la
prunelle de ses yeux, de jour comme de nuit, il est souhaitable que
les habitants de différents quartiers de Kinshasa, à titre de sa
contribution à l’avancement des investigations, redoublent de
vigilance pour dénoncer auprès de la police, les nids de ces
assaillants dont on suppose qu’ils ne se situeraient pas dans la
province du Kongo central, ni dans celle du Kwango. Car, il est
regrettable que ces assaillants aient pu opérer pendant près d’une
heure et disparaître sans être localisés dans l’itinéraire de leur
fuite. Cela est arrivé parce que le policier du centre de transmission
radio avait été grièvement blessé et n’avait eu le temps de lancer
l’alerte par talkie-walkie.
L’évasion aux cachots du District de la police de Mont Amba montre,
comme il faudrait le souligner, que les installations de différentes
unités de la police, exigent un renfort en termes d’effectifs de
policiers. 1Aujourd’hui, une chose est certaine, tous les districts
ont renforcé leur dispositif sécuritaire.

J.R.T.