Morgue de l’hôpital ex-Mama Yemo 178 nouveaux corps non identifiés en attente d’inhumation

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mama yemoA l’initiative de l’Autorité urbaine, des membres du gouvernement central et du gouvernement provincial se sont retrouvés, hier lundi 13 avril, à la morgue centrale de l’hôpital général de référence de Kinshasa, ex-Mama Yemo. Motif : visiter la morgue en marge de la journée « porte ouverte » décrétée par l’autorité provinciale.

Les ministres du gouvernement central étaient conduits par le Vice-premier et ministre de l’Intérieur et Sécurité, Evariste Boshab ; tandis que le gouvernement provincial était représenté par son numéro un, le Gouverneur André Kimbuta qui était accompagné de quelques membres de son administration.

 Pour le gouvernement central, hormis le Vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur, on a noté la présence des ministres de la Défense, de la Communication et Médias. Les responsables des services jugés stratégiques (Police nationale, Auditorat militaire, Police scientifique, les offices du parquet, etc.) ont aussi participé à cette cérémonie.

Deux temps forts ont marqué cette journée « Porte ouverte », une première en ce lieu de transit de ceux qui ont quitté le monde physique pour le monde spirituel avant que leurs corps soient inhumés. Il s’agit du mot du Directeur de la morgue, et de la visite guidée à l’intention des autorités et journalistes.

Le directeur de la morgue, Anicet Ngemba, a, après avoir donné la structure fonctionnelle de son service, fait succinctement l’historique dudit service.

On retient que la morgue centrale de l’hôpital ex-Mama Yemo a connu des modifications en vue de l’adapter aux réalités démographiques. De même, elle a enregistré de changement en ce qui concerne les gestionnaires.

Les travaux de sa modification ont été lancés en 1984, pour se terminer quatre ans plus tard, soit en 1988. En 1999, l’hôpital cédera sa gestion à l’Hôtel de ville de Kinshasa qui lancera, à son tour, les travaux de sa modernisation entre 2011 et 2012.

Actuellement, la morgue a la capacité maximale de 310 corps. Elle accueille en moyenne mensuelle 622 corps, avec une moyenne journalière de 21 corps.

L’Hôtel de ville dispose, à ce jour, de 20 morgues à travers Kinshasa sous sa gestion, dont 8 étatiques et 4 privées.

La morgue dans un état qui laisse à désirer !

 Une fois l’intervention du directeur de la morgue terminée, les officiels et tous ceux qui les accompagnaient dont les journalistes, ont été invités à visiter la salle des morts.

Cependant, personne n’a pu visiter cette salle et ses compartiments,  malgré les masques disponibilisés par le service à l’égard des visiteurs. Dès l’entrée, il était difficile de progresser. On était d’abord accueilli par des odeurs qui ne pouvaient pas permettre la progression, avant d’affronter à quelque cinq mètres le gaz sensiblement piquant qui faisait couler les larmes.

Face à ces handicaps, la plupart des visiteurs ont dû rebrousser chemin pour ne pas s’exposer à des malaises.

Face à cet état des choses, l’autorité ayant donc en charge la gestion de la morgue se veut interpellée. Cela pour double raison : sécuriser d’abord le personnel commis à ce service au plan sanitaire, et ensuite veiller à ce que les corps de ceux nous étaient chers ne se décomposent.

A la sortie de la morgue, quelques officiels se sont exprimés parmi lesquels Evariste Boshab, Lambert Mende, et le Gouverneur André Kimbuta.

Lambert Mende a renseigné que la morgue contient actuellement 315 corps, un chiffre déjà en dépassement de sa capacité. Que devons-nous faire de tous ces corps ? S’est-il interrogé, pour justifier l’évacuation des corps qui traînent longtemps dans la salle des morts sans que personne ne se pointe pour leur retrait en vue de l’inhumation.

Pour sa part, Evariste a annoncé que 178 corps non identifiés occupent actuellement les tiroirs de la morgue. D’où la nécessité d’organiser d’ici peu leur inhumation.

Il sied de signaler qu’après la visite de la morgue, les officiels se sont rendus à l’Assemblée nationale où le Vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur et Sécurité devait éclairer la religion de la Représentation nationale sur cette ténébreuse affaire de tombe commune dans le cimetière Fula-fula, à Maluku.

Dom