Monusco : le sit-in de l’Opposition perturbé par la police

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MONUSCOLe sit-in  programmé hier lundi 3 novembre 2014 par l’Opposition devant le siège de la Monusco pour exiger la convocation immédiate du dialogue politique, a été violement réprimé par la police. En dépit de son interdiction par le gouverneur de la Ville, plus d’une centaine de militants  de l’Opposition se sont regroupés dans le périmètre de l’Ambassade des Etas- Unis, sur l’avenue des Aviateurs, dans la commune de la Gombe, après avoir  réussi à franchir le cordon de sécurité   de la police érigé depuis dimanche soir sur toutes les artères conduisant vers la Monusco.

Une dizaine de manifestants sur la centaine présents devant l’ambassade des Etats-Unis ont percé les barrières policières et pu s’afficher devant le siège de la Monusco, pendant qu’un grand nombre d’entre eux étaient renvoyés par des gaz lacrymogènes lancés par les forces de l’ordre.
Plusieurs d’entre eux ont été brutalisés, certains enlevés et conduits vers  des destinations inconnues, d’après le Secrétaire Général de l’UDPS, Bruno Mavungu.
Des heurts ont opposé la police aux membres des forces politiques de l’Opposition au niveau de la Gare Centrale, des Galeries Présidentielles, du rond point Forescom, de l’Hôtel Memling, de la BCDC, du Boulevard du 30 Juin et de la Grand-Poste. Des contrôles d’identités étaient systématiques et toutes les personnes suspectées d’appartenir à l’Opposition étaient fouillées de fond en comble, voire carrément mises aux arrêts.
Le député national Steeve Mbikayi a été malmené et arrêté au niveau de Memling, en compagnie des manifestants qui l’accompagnaient, conduits au Camp Lufungula avant d’être relâchés quelques heures plus tard.
Kudura Kasongo, venu à la rescousse de Steve Mbikayi, a failli lui aussi passer à la trappe, n’eut été la résistance farouche de son épouse Pascaline et de sa fille Cynthia, qui avaient menacées de se constituer prisonnières illico presto. On a constaté un grand flottement du côté des policiers, qui ne savaient pas par quel bout prendre madame et mademoiselle Kudura.
Aussitôt l’incident clos et la chasse à l’homme terminée, les acteurs des Forces politiques de l’Opposition se sont retranchés au siège de l’UNC (Union pour la Nation Congolaise), sur l’avenue de l’Enseignement, dans la commune de Kasa-Vubu, pour faire le point de la situation.
Dans leur déclaration lue par le Secrétaire Général de l’UDPS, Bruno Mavungu, ils ont réaffirmé leur détermination à poursuivre leur combat par des marches pacifiques, sans se référer au pouvoir en place, qui tente de les museler.
Tout en rappelant que  le gouverneur de la ville de Kinshasa, André Kimbuta, se fondant sur la loi du 17 mai 2001, avait interdit cette manifestation, les forces politiques ont relevé avec amertume que l’autorité urbaine s’est référée à un texte devenu caduc, parce qu’abrogé par celui du 15 mars 2004.
Pour  Bruno Mavungu , il ressort de l’exposé des motifs  de cette loi que  les regroupements politiques ne sont pas tenus d’obtenir l’agrément au ministère de l’Intérieur.
De ce qui précède, les acteurs des Forces politiques Sociales ont invité le Représentant spécialdu Secrétaire Général de l’ONU à convoquer le dialogue national avant qu’il ne soit trop tard.
« Car il ne faut pas attendre la contagion du virus Burkinabé en RDC », ont-ils prévenu, avant d’exiger la libération de toutes les personnes arrêtées. Ils ont invité l’ensemble du peuple congolais à se débarrasser de la peur et à se mobiliser massivement pour sauver le pays, avant de rendre un vibrant hommage à tous les  militants qui ont répondu.
Concernant les massacres à répétition enregistrés ces derniers jours à Beni, les acteurs des Forces Politiques et sociales de l’Opposition se sont dit préoccupés par la détérioration de la situation sécuritaire dans ce territoire du Nord-Kivu, où chaque jour les habitants sont assassinés suivant le même mode opératoire : les uns sont décapités ou éventrés tandis que les autres voient leurs crânes fracassés à coups de marteau, de machette et de hache.
Ils ont loué la bravoure de la population de Beni qui s’est prise en charge pour assurer désormais sa sécurité.
ERIC WEMBA

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