Monusco : Roger Meece s’en va …

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Roger Meece, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations
Unies dans notre pays, arrive fin mandat le 1er juillet 2013, après
avoir dirigé la Monusco (Mission de l’Organisation des Nations Unies
pendant trois ans. D’aucuns se souviennent que c’est le 1er juillet
2010 qu’il avait pris la relève d’Alan Doss, son prédécesseur au même
poste, qui avait œuvré pendant les trois années précédentes sous le
label de la Monuc (Mission de l’Organisation des Nations Unies au
Congo), en remplacement de William Swing, patron du célèbre CIAT
(Comité International d’Accompagnement de la Transition), sous le
Régime 1+4 (2003-2006).
C’est le Secrétaire général de l’ONU en personne, Ban Ki-moon, qui a
livré l’information aux médias, et dévoilé à la même occasion le nom
de son successeur, l’Allemand Martin Kobler, dont l’entrée en fonction
est fiévreusement attendue pour le lundi 1er juillet 2013.
On retient que peu avant de rendre le tablier, Alan Doss avait fait
état, lors de sa dernière tournée d’inspection dans le Nord-Kivu, en
juin 2010, de progrès notables réalisés dans la voie de la
pacification et de la stabilisation de la partie Est de la RDC. Le
diplomate onusien s’était réjoui de l’engagement d’anciens
belligérants à participer à l’œuvre de pacification de cette province.
Il avait toutefois fait remarquer que d’immenses défis restaient à
relever pour la protection des populations civiles et l’exécution du
plan d’intégration des éléments des groupes armés au sein de l’armée
nationale. A son avis, tous les problèmes sécuritaires de la RDC ne
pouvaient pas être réglés d’un coup, à cause notamment des conflits
récurrents entre groupes armés.

L’Est de la RDC toujours dans la tourmente

Trois ans après, on ne sait pas quel discours va tenir Roger Meece
aux Congolais avant de plier définitivement bagages. Comme chacun le
sait, la situation sécuritaire de l’Est de la RDC, qui était censée
s’améliorer après le départ d’Alan Doss, s’est davantage dégradée, au
point de frôler aujourd’hui le pire. En effet, il est impossible de
comptabiliser à ce jour les safaris militaires que se sont offert les
forces négatives – CNDP, M23, Mai-Mai, FDLR – au Nord-Kivu, qu’ils
n’ont jamais cessé de mettre à feu et sang, du début jusqu’à la fin du
mandat de Roger Meece.
Actifs ou inactifs, présents ou absents physiquement, en prison ou en
exil, les généraux Laurent Nkunda Batware et Bosco Ntaganda, ont
continué à dirigé à distance des criminels auteurs des viols, des
vols, des massacres des civils, dont le dernier commandant
actuellement en poste se trouver être le colonel/général Sultani
Makenga. Bénéficiaires des primes spéciales à la belligérance à la
faveur des négociations diverses qu’ils engagent avec le gouvernement
de Kinshasa à l’Est du pays, au Rwanda ou en Ouganda, les mutins se
voient régulièrement intégrés dans des postes de responsabilités au
sein de l’armée nationale ou des institutions de la République, sous
les regards incrédules de leurs victimes.
Le voleur ayant l’habitude de revenir toujours sur le lieu du crime,
l’on assiste machinalement au retour en force des rebelles sur les
terres de leur prédilection, au Nord-Kivu, après des séjours éclairs
dans les structures de commandement des FARDC et de certaines
institutions de la République. Le flambeau de l’entretien de
l’insécurité dans cette province est présentement tenu par le M23,
lequel se trouve dans un énième round de négociation avec le pouvoir
en place à Kinshasa.
C’est cette situation là que va constater Roger Meece au moment de
son départ et qu’il va léguer à son successeur, Martin Kobler. Faut-il
espérer que le message d’encouragement qu’il ne va pas manquer de
laisser aux Congolais va trouver un écho favorable au sein des troupes
onusiennes ? En tout cas, leur très longue présence sur le territoire
congolais ne pourrait se justifier autrement que par leur capacité à
participer aux actions de nature à conduire effectivement au
rétablissement d’une paix durable dans la partie Est du pays.

Le signal fort de
Dos Santos

La Monusco a un nouveau commandant, le lieutenant général Dos Santos
Cruz. Dès sa prise de fonctions, il a tenu à clarifier le rôle et la
mission des Casques bleus en territoire congolais. Selon lui, toutes
les troupes onusiennes vont prendre part aux opérations de traque et
d’éradication des forces négatives dans l’Est de la RDC. Il ne s’agit
pas d’une tâche à accomplir par la Brigade spéciale d’intervention
seule. Il a martelé, sur les antennes de BBC Afrique, que le mandat de
tous les casques bleus, membres ou non de cette brigade, était le
même. « Il n’y a qu’un seul mandat, celui de protéger les civils. Si
nous sommes sûrs que les civils vont souffrir des crimes dont ils
souffrent déjà depuis de nombreuses années, alors nous agirons pour
empêcher que les situations de violences n’adviennent… tout ce que
nous faisons, si c’est pour protéger les civils, y compris
l’anticipation, est complètement dans le mandat, cela n’a pas
d’importance s’il s’agit des troupes de la brigade ou non », a-t-il
indiqué.
Et de poursuivre : « La bridage est plus flexible, plus mobile, plus
réactive (…). Mais il n’ y a qu’une seule mission pour tous. Parfois,
les gens ne regardent que la brigade d’intervention, parce que c’est
quelque chose de nouveau. Mais, toutes les troupes auront le même
comportement », a-t-il souligné.
Il est important, pour nos compatriotes, d’entendre un tel discours.
L’entrée en matière du lieutenant-général Dos Santos Cruz est à saluer
mais c’est l’occasion de rappeler que les Congolais, à l’image de
chats échaudés, sont devenus méfiants à l’égard des paroles. S’il y a
des actions qui peuvent réellement les rassurer, c’est celles du genre
du mandat d’imposition de la paix exécuté par l’Onuc à l’aube de
l’indépendance, en dépit des soutiens militaires et financiers de
certaines puissances occidentales aux sécessions. Cette dernière avait
bouclé le dossier sécuritaire du Congo en trois ans, soit le ¼ du
temps déjà mis par la Monuc puis la Monusco en RDC.

Un mot sur Martin Kobler

Le nouveau Représentant du Secrétaire général des Nations Unies au
Congo, Martin Klober, est de nationalité allemande. Né en 1953, il est
marié et père de trois enfants. Il traîne une expérience de 25 ans
dans la gestion des missions onusiennes dans des pays en conflit ou
post-conflit. Son curriculum vitae renseigne qu’il a eu à travailleur
en Irak comme Représentant spécial du Secrétaire général au sein de
l’UNAMI puis de l’UNAM en Afghanistan entre 2010 et 2011.
Kimp

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