Monusco-Opposition : Köbler brandit la Résolution 2211

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Après l’étape de la  CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), l’Opposition s’est retrouvée le mardi 28 avril 2015  au quartier général de la  Monusco pour s’entretenir avec le Représentant Spécial du Secrétaire général des Nations Unies en RDC sur le processus électoral. Pendant plus d’une heure, sa délégation conduite par son modérateur, Jean-Lucien Bussa, accompagné de Vital Kamerhe, Martin Fayulu, Jean-Claude Vuemba, José Makila, Alexis Lenga et Samy Badibanga, a soumis au patron de la Monusco ses préoccupations sur le processus électoral.

Ces inquiétudes portent essentiellement sur l’enrôlement de nouveaux majeurs et le décaissement des fonds destinés aux élections.

Le modérateur de l’opposition a souligné la nécessité pour  la Commission Electorale Nationale Indépendante d’enrôler près de 10 millions de nouveaux majeurs dont l’âge varie entre 18 et 22 ans. Jean-Lucien Bussa a également plaidé pour l’enrôlement des RD Congolais refoulés de Brazzaville.

Concernant le décaissement des fonds, le président du CDER a fait noter le manque de volonté politique du gouvernement de prendre en charge financièrement l’ensemble du processus électoral. A ce jour, a-t-il indiqué, le gouvernement n’a débloqué que  15 % du budget prévu pour les élections.

Il a rappelé que  dans sa contre-proposition du calendrier électoral, l’Opposition a suggéré que les élections locales soient postposées après les présidentielles et les législatives, afin de permettre à la CENI  de faire face au volet financier des élections.

Outre le décaissement des fonds et l’enrôlement de nouveaux majeurs, l’Opposition a abordé avec Martin Köbler d’autres problèmes qui rendent délétère le climat politique à la veille des élections, notamment l’insécurité à l’Est du pays, l’accès non équitable aux médias, les violations massives des droits de l’homme, les atteintes à la liberté de presse et d’expression, la négation des droits de l’Opposition …

Dans sa réponse, le Représentant Spécial du Secrétaire Général de l’ONU en RDC a passé en revue, avec ses hôtes, la Résolution 2211 adoptée par le Conseil de Sécurité le 26 mars 2015. Il a démontré que cette Résolution, dans ses dispositions 19 et 20 sur les élections, répond aux principales revendications de l’Opposition sur le processus électoral.

            En son article 19, la Résolution 2211 du Conseil de Sécurité « demande au gouvernement de la RDC et à ses partenaires nationaux de veiller à la transparence et à la crédibilité du processus électoral, étant donné qu’il incombe au premier chef de créer des conditions propices à la tenue des prochaines élections et notamment d’en faire une priorité, la présidentielle et les législatives étant prévues, conformément à la Constitution, pour novembre 2016, et exhorte le gouvernement et toutes les autres parties à créer les conditions pour que le processus électoral soit libre, juste, crédible, ouvert, transparent, pacifique et conforme à la Constitution de la RDC et au calendrier électoral, pour qu’il s’accompagne d’un débat politique libre et constructif, et pour que soient assurés la liberté d’opinion et d’expression , la liberté de réunion, un accès équitable aux médias, y compris aux médias d’Etat, et la sécurité et la liberté de circulation de tous les candidats, ainsi que des observateurs, des journalistes, des défenseurs des droits de l’homme et des acteurs de la société civile, notamment les femmes».

            Dans la même Résolution, en son point 20, le Conseil de Sécurité « se félicite de la promulgation et la publication, par la Commission Electorale Nationale Indépendante, d’un calendrier complet couvrant la totalité du cycle électoral, et demande au gouvernement de la RDC d’élaborer rapidement le budget et un code de bonne conduite et d’actualiser les listes électorales en toute régularité, afin que les élections puissent se tenir dans le temps, en particulier la présidentielle et les législatives de novembre 2016 prévues par  la Constitution et le calendrier électoral, dans le respect de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, et invite toutes les parties prenantes à engager un dialogue politique ouvert,  sur les préparatifs des  élections à venir, conformément à la Constitution ».

            Au vu de cette résolution 2211, la communauté internationale via le Conseil de sécurité, fait des élections présidentielle et législatives, une priorité et ne trouve aucun inconvénient que les élections locales, municipales et urbaines soient repoussées au-delà de 2016.

            Ladite Résolution insiste également sur l’actualisation des listes électorales, une opération qui pourra permettre l’enrôlement de nouveaux majeurs tant réclamé par l’Opposition. Elle renvoie enfin à la Constitution de la RDC qui fixe les délais inflexibles pour la tenue des élections présidentielle et législatives

ERIC WEMBA