Monusco : Martin Köbler s’en va !

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Special Representative of the Secretary-Le point de presse hebdomadaire de la Mission des Nations-Unies pour la stabilisation de la RDC(Monusco) a débuté, hier mercredi 2 septembre 2015, par une nouvelle à laquelle très peu de journalistes s’attendaient : le départ de Martin Köbler ! Le mandat du Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en RDC, a-t-on appris, arrive à son terme le 31 octobre 2015.

En effet, selon Charles Bambara, le Directeur de la division de l’information publique de la Monusco, Martin Köbler, le chef de la Monusco, présentera dans les prochains jours son rapport sur la situation en RDC devant l’Assemblée générale des Nations Unies, avant de prendre plus tard ses nouvelles fonctions. D’ores et déjà, a-t-il souligné, durant ce mois de septembre, il va se rendre au siège de l’ONU à New-York pour consultations.

C’est un sentiment d’inachevé qui a gagné l’opinion publique nationale à l’annonce de cette information. Car ce personnage hors du commun, avait conquis la sympathie des Congolais, surtout ceux d’en-bas, qui voyaient en lui un homme de toutes les situations critiques (sécuritaire, humanitaire, voire politique). Et pour preuve ! Son image de lui, perché sur un char de combat UN, reste impérissable dans la mémoire des Congolais au lendemain de la défaite et de la débandade des rebelles pro rwandais du Mouvement du 23 mars(M23), fin novembre 2013.

Homme de terrain

Nommé à ce poste en juin 2013 par le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, l’Allemand s’est montré toujours actif, car homme du terrain et chercheur des solutions. A la veille de la nouvelle année, Martin Köbler, avait annoncé que la priorité de la Monusco en 2014 sur le plan militaire serait de lutter contre les rebelles rwandais des FDLR, sans négliger les rebelles ougandais des ADF.

Alors qu’il a affirmé avoir atteint son objectif sur les Ougandais, le résultat mitigé des opérations militaires sur les Rwandais ne pourrait lui être imputé, car les troupes des casques bleus ont joué aux abonnés absents. Raison évoquée : le haut commandement militaire des FARDC devait extirper de ses rangs deux généraux accusés de graves violations des droits de l’homme. Suite à la résistance du gouvernement congolais, Martin Köbler et l’ONU a maintenu une position ferme de ne pas assister l’armée congolaise dans sa traque contre les FDLR.

Après la défaite militaire du M23, Martin Köbler a refusé de savourer un triomphalisme débordant, expliquant plutôt qu’il fallait « consolider les acquis de cette victoire commune ». « C’est très important. Plusieurs milliers d’ex-combattants du M23 sont au Congo et en Ouganda. Il faut renforcer le processus de DDRRR. Consolider l’autorité de l’Etat dans les territoires qui sont libérés », ne cessait-il de plaider.

Départ de la Monusco : le «Oui, mais» de Köbler 

Partisan de la stabilité politique en RD Congo, le patron de la Monusco a toujours évoqué l’organisation des élections locales en RDC et promis l’appui de son institution à la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) pour l’organisation de différents scrutins.

Chaque fois qu’il était interrogé sur le moment du départ de la Monusco, il a toujours clairement répondu: «La Monusco quittera la RDC. Mais nous ne voulons pas quitter le pays en laissant derrière nous des situations non stabilisées. Comme toutes les opérations de maintien de la paix à travers le monde, la Monusco n’a pas vocation de s’éterniser en RDC… ».  Cependant, il a toujours fait savoir que ce retrait ne se ferait pas de manière précipitée:«(…) Nous voulons partir avec le sentiment d’un travail bien accompli. Le retrait de la Monusco va s’opérer par étapes et de manière progressive, au fur et à mesure que seront atteints les objectifs spécifiques basés sur une évaluation conjointe entre le Gouvernement et la Monusco.»

Né en 1953, il succède à l’Américain Roger A. Meece, en poste de fin juillet 2010 au 30 juin 2013. Avant sa nomination à la tête de la MONUSCO, M. Köbler a assuré les fonctions de Représentant spécial de la Mission d’assistance des Nations unies en Iraq (MANUI). Il a également servi comme Représentant spécial adjoint à la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) de 2010 à 2011. Il a été avant cela Directeur général de la culture et de la communication au Ministère allemand des affaires étrangères et Ambassadeur en Iraq et en Égypte.

Tshieke Bukasa