Monsengwo, Tshisekedi, Kabila, Kamerhe : restons vigilants

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L’actualité de notre pays est encore dominée, en cette fin d’année par le cardinalat confié à Mgr Laurent Monsengwo Pasinya, le retour d’Etienne Tshisekedi au pays, le discours du Chef de l’Etat sur l’état de la nation, le cas de Vital Kamerhe, l’adhésion du CNDP à l’AMP, blocage CENI…  Nous proposons à l’opinion, cette réaction analytique.

1. Concernant le Cardinalat confié à Mgr Monsengwo, nous, personnellement, nous nous y attendions.  C’est une éminence grise de notre Clergé catholique.  En notre qualité de chrétien catholique engagé et ex-séminariste du Diocèse de Mbuji-Mayi, nous pouvons affirmer que le Cardinal Monsengwo nous a intellectuellement et politiquement marqué lors de la tenue de la Conférence Nationale Souveraine (CNS) en 1992.

Cet acte papal, à l’égard du Cardinal Monsengwo arrive à un moment crucial où, notre pays s’enlise dans une crise multiforme, malgré les apparences trompeuses. Actuellement, notre pays a besoin de la paix, de la justice et de la réconciliation pour son essor.

Nous espérons que le nouveau Cardinal, en dépit de la faillibilité humaine, exploitera tous ses atouts au bénéfice du bien commun ; avec le concours de toutes les personnalités éprises de paix et de justice.  Au cas contraire, on sera prêt à lui dire toute la vérité, sans peur et sans hésitation.

Sous cet angle, nous lui avons écrit une lettre de félicitations, dans laquelle, nous l’exhortions à perpétuer les œuvres de haute facture socio-politico-culturelle laissées par le feu Cardinal MALULA, d’heureuse mémoire.

2. Au sujet du retour d’Etienne TSHISEKEDI au pays, nous le saluons pour qu’il crée incontestablement un équilibre démocratique  sur la scène politique congolaise, à l’aube des échéances électorales.  Nous apprécions actuellement son discours réaliste qui s’ouvre au monde.  Ce qui a toujours fait l’objet de nos préoccupations dans nos rencontres avec lui.

3. Quant au discours du Chef de l’Etat sur l’état de la Nation, nous pouvons reconnaître qu’il a réalisé quelques œuvres qui n’existaient pas.  Mais, son expression est excessive par rapport au vécu quotidien de toute la population congolaise. Il fallait plutôt dire aux uns et aux autres, de croire au moins en ses tentatives de construction de petites œuvres existantes.  Cela démontrerait une certaine humilité.

De toute façon, le temps de beaux discours est révolu.  Que se passe-t-il après son discours ?  La CENI, par exemple, est –elle mise en place ?  Or, à ce sujet, il n’a pas souhaité voir un « retard supplémentaire » !  C’est la preuve tangible de la mise en œuvre d’un schéma occulte consistant à retarder la tenue des élections pour une période de transition consacrant le partage du pouvoir pour le pouvoir, à l’image de la transition post- Sun City. C’est pourquoi, nous demandons à la communauté internationale qui a prétendu mettre fin à la crise de légitimité destructive de notre pays, par l’organisation d’élections en 2006, de s’investir réellement pour ne pas interrompre le cycle électoral.  On refuse de replonger dans des querelles constitutionnelles stériles, relatives à la légitimité et à la légalité.

4. A propos de Vital Kamhere, en politique éclairé, nous examinons à la loupe ses discours, faits et gestes pour y déceler ou non un brun de sincérité.  S’il s’est connecté au courant du véritable changement, nous l’applaudirons. Mais, s’il fait du sous-marin, par des subtilités dangereuses dans ses propos, nous le dénoncerons à la première occasion.  Le peuple congolais veut hic et nunc (ici et maintenant) le changement.  Pour ce, il a besoin des politiques fermes et non versatiles.

5. Concernant l’adhésion en fanfare de CNDP à l’AMP.  Selon nous, c’est un rapprochement qui démontre que le fameux CNDP qui a endeuillé la population de l’Est, ne luttait pas pour la défense du peuple, mais pour la défense de quelques privilèges du pouvoir pour le pouvoir.  

Restons vigilants

Achille MUTOMBO – CYAJI
Acteur Politique
Philosophe

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