Mobilisation générale contre la guerre de l’Est

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Le PPRD (Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie) a organisé une « matinée politique » à l’intention de ses cadres et militants hier mercredi 11 juillet 2012 à la Fikin. C’était dans la droite ligne de la mobilisation générale de nos concitoyens contre les agresseurs de notre pays dans sa partie Est, décrétée par le gouvernement il y a plus d’une semaine. A cette occasion, communications et motion sont allées dans le sens de la dénonciation du Rwanda, un Etat voyou épinglé comme le principal sponsor du M. 23.

La communauté internationale, à travers le Conseil de Sécurité des Nations Unies, et africaine, à travers l’Union Africaine, la SADC et la CEMAC a été interpellée pour faire pression sur le régime de Kigali afin de faire cesser les violences au Nord-Kivu et de permettre ainsi aux filles et fils du Congo de retrouver la voie de la paix.
Les complices et traîtres internes, surtout ceux qui démobilisent les troupes des FARDC au front, ont été condamnés. Le peuple congolais a été exhorté à se lever tel un seul homme et faire bloc contre l’ennemi.
L’initiative prise par la haute direction du PPRD de mobiliser ses cadres et militants autour de la « cause commune », à savoir la défense de la patrie mise en danger par le Rwanda, n’aurait suscité aucune inquiétude si elle n’avait épousé, malheureusement, les contours du marketing d’un parti politique. L’on a cru, au vu du décor, à une prolongation de la campagne électorale pourtant close depuis novembre 2011.
La grande inquiétude ressentie par de nombreux compatriotes se situe au niveau de risque d’exclusion ou d’auto-exclusion de ceux qui ne partagent pas les mêmes couleurs et convictions politiques que les membres du PPRD. Alors que l’objectif du gouvernement est de mobiliser effectivement tous les Congolais de toutes les tendances politiques, de toutes les confessions religieuses et de toutes les catégories sociales autour de la situation sécuritaire préoccupante du Nord-Kivu, ce parti a donné l’impression d’avoir privatisé le dossier du Nord-Kivu. Pourquoi avoir choisi un cadre aussi exigu que la Fikin et réduit les participants à la portion congrue ? N’était-il pas possible de réunir un grand monde dans un espace comme le stade des Martyrs ou l’esplanade du Palais du Peuple ? Une marche populaire, à travers les 24 communes de la capitale, n’aurait-elle pas eu plus d’impact qu’une petite « matinée politique » ? En allant se confiner à la Fikin, c’est comme si cadres et militants qui se réclament de Joseph Kabila avaient peur de se montrer. Même si la retransmission était télévisée en direct, les angles de prise de vue ne permettaient pas d’identifier tous les participants.

Place aux animateurs de la territoriale

Dans le souci d’éviter des fissures au sein de nos rangs et la marginalisation des actions communes de protestation contre l’agression rwandaise à l’Est, il serait plus pratique et efficace de responsabiliser les animateurs de la territoriale : gouverneurs de provinces, maires des villes, commissaires des districts, administrateurs des territoires, chefs des secteurs et chefs coutumiers. La mobilisation générale devrait être dépouillée de toute coloration et visée politique.
Il faudrait que tous les Congolais et Congolaises de tous bords se sentent interpellés par des messages anonymes pour viser une victoire «collective» face aux Rwandais tueurs, pilleurs, violeurs, voleurs… qui campent au Nord-Kivu. Si chaque Congolais constate qu’il est mobilisé pour la cause de la patrie et non pour la gloire d’un individu ou le marketing d’un parti, il n’y aurait aucune difficulté à susciter une ferveur patriotique comparable à celle enregistrée lors de la tentative d’occupation de Kinshasa par les rebelles ougando-rwando-burundais en août 1998 ou de Bukavu par le duo Nkunda-Mutebusi en juin 2004. La guerre du Nord-Kivu doit être l’affaire de tous nos compatriotes et non celle d’un parti politique.

Kimp

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