Moanda : retour au calme

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Le calme est finalement revenu à Moanda le vendredi 24 avril 2015, après les violentes manifestations populaires de la veille contre la série d’assassinats – 5 personnes au total – enregistrée en l’espace d’une semaine. Il a fallu pour cela l’intervention efficace des éléments des FARDC et de la Police Nationale Congolaise appelés d’urgence de Matadi le même jeudi.

La baisse de la tension s’est davantage installée avec l’arrivée dans cette cité côtière du Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Evariste Boshab, ainsi que du Gouverneur du Bas-Congo, Jacques Mbadu.

Dans une adresse à la population locale, le patron de l’Intérieur a annoncé l’arrestation d’un des auteurs des crimes ayant poussé les manifestants dans les rues et son jugement public dans un délai tout proche. Evariste Boshab a également signalé que des limiers de la police et des services de sécurité étaient aux troupes des fugitifs. Selon ce membre du gouvernement, les mesures de sécurité sont renforcées à travers la cité de Moanda et sa périphérie, notamment avec l’organisation des patrouilles permanentes de la police.

Comme signal fort d’une protection plus rapprochée de la population civile, il a instruit le Commissaire provincial de la police, qui réside habituellement à Matadi, à rester à Moanda pendant au moins un mois, en vue d’assurer le suivi de nouvelles mesures de sécurité.

On rappelle que le jeudi 23 avril 2015, Moanda a connu une escalade de violences marquée par la mise à sac, par des foules en furie, du bâtiment administratif de la Cité, à la suite du double assassinat, dans sa résidence située au quartier « Nouvelle Cité », du chef de service de l’Environnement et d’un membre de sa famille. A l’instar de trois autres cas d’assassinat enregistrés quelques jours plus tôt, tous les crimes étaient signés par des éléments incontrôlés en uniforme, que l’on a identifiés comme d’anciens combattants cantonnés à la Base Militaire de Kitona, à une dizaine de kilomètres de Moanda. Ces anciens guerriers devraient y être réformés dans le cadre du programme DDRR (Démobilisation, Désarmement, Réinsertion et Réinstallation).

Aussi d’aucuns suggèrent parallèlement aux mesures spéciales de sécurité arrêtées par les autorités centrales et provinciales, un regard devrait être porté sur les ex-combattants consignés à la Base militaire de Kitona, de façon à s’assurer qu’ils ne souffrent pas d’un déficit d’encadrement de la par la hiérarchie militaire.

                                      Kimp