Moanda : mauvais signal, un procès expéditif pour Diomi

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             Ancien ministre des mines et président d’un parti politique, Eugène Diomi Ndongala hume l’air frais de la prison de Boma depuis le vendredi 14 janvier 2011. Son dossier judiciaire a été expédié en 48 heures, sous le régime de la flagrance. Sans vouloir encourager des violations à la loi, à laquelle tous les citoyens de ce pays doivent être soumis, la condamnation expéditive de cet opérateur politique bien connu sur la place de Kinshasa pousse au doute quand à la forme et au fond de l’affaire. Il est quelque peu surprenant de constater que le plaignant et les deux témoins soient du même bord, à savoir la DGM. N’était-il pas possible de faire intervenir des témoins neutres dans le dossier ? Dès lors que la neutralité des témoignages n’est pas garantie, l’on peut douter de l’authenticité de l’infraction de coups et blessures mise à charge du condamné.

             Par ailleurs, selon les informations en notre possession, Eugène Diomi s’est retrouvé le mercredi 12 janvier à Moanda en sa double qualité d’acteur politique et d’agent Fifa pour l’Afrique Centrale (RDC, Congo/Brazza et Angola). Côté politique, il était en campagne de sensibilisation de la « base » de la Démocratie Chrétienne (DC) au sujet du congrès du parti annoncé pour début février 2011. Côté sportif, il était attendu au Cabinda dans le cadre de sa mission de sensibilisation des amateurs du football autour des activités de la Fifa.
             Le procès sommaire de Diomi est perçu, par certains analystes politiques, comme un mauvais signal pour la démocratie congolaise. Il est à craindre que dans 6 mois, les politiciens autres que ceux proches du pouvoir soient interdits de tout mouvement vers le Congo profond ou qu’ils ne soient l’objet, à l’image du président de la DC, l’accusations de tous genres de nature à précipiter leur disqualification politique. C’est le lieu de déplorer l’émergence d’une démocratie à deux vitesses en RDC, où les uns ont tout à dire et les autres rien à dire. Ci-dessous, la version des faits tels que relaté par le porte-parole de la Démocratie Chrétienne, parti politique de M.Diomi.

            Suite aux contre-vérités inoculées dans l’opinion publique nationale et internationale au sujet de l’arrestation, de la détention et du jugement expéditif qui ont conduit à la condamnation  « Kafkaïenne » de son Président National, Monsieur Eugène DIOMI NDONGALA, la Démocratie Chrétienne, « DC » en sigle, tient à apporter toute la lumière sur la réalité des faits déformés à dessein pour des intérêts politiciens et sur sa récupération politique destinée, une fois de plus, à écarter son président des échéances électorales qui s’annoncent.

              Egalement, elle dénonce le harcèlement répressif dont est victime son Président de la part des services de sécurité congolais, qui, manifestement sur instruction de leur hiérarchie, utilisent abusivement l’appareil sécuritaire et judicaire afin de régler des comptes politiques aux opposants au régime en place, en les empêchant d’exercer librement des activités politiques surtout à l’intérieur de la RDC.

               En effet, dans le cadre de la redynamisation de son parti, en vue de la tenue du Congrès National prévu pour le mois prochain, le Président National de la DC a entrepris une série des contacts avec sa base, qui l’ont conduit dans la Province du Bas-Congo, passant par les différentes étapes de Kasangulu, Kimpese, Matadi, Boma et Moanda.

                A la dernière étape de sa tournée, il s’est saisi de l’occasion offerte pour se rendre au Cabinda pour prendre des contacts dans le cadre de ses activités sportives, en sa qualité d’ Agent International de match de football de la Fifa pour l’Afrique Centrale, « le seul » d’ailleurs habilité officiellement à opérer sur toute l’étendue de la RDC, Congo Brazzaville et Angola sur licence de la Fifa.

               A la frontière, il lui sera refusé le laissez-passer au motif que compte tenu de son rang – expression textuelle des agents – il lui fallait un visa (sic). S’y inclinant de bon gré, il a sollicité et obtenu, de l’immigration angolaise, grâce à la sollicitation des responsables sportifs qui l’attendaient au Cabinda, l’autorisation d’y entrer avec un visa dit « volant » qui a été bel et bien délivré en sa faveur.

               Malgré cela, les tracasseries ont continué jusqu’au moment où, le 12/01/2011 vers 20 heures, dans la rue, prés de son Hôtel, des inconnus l’ont abordé en lui demandant de leur remettre son passeport. Face à son refus, les quatre inconnus l’ont bousculé pour lui arracher le document. Malgré la brutalité en particulier d’un de ces inconnus, prétendument agent des services d’immigration, Diomi Ndongala a catégoriquement refusé de se faire intimider par les « quatre »
individus qui ont ainsi renoncé a leur entreprise de confiscation illégale de la pièce d’identité.

               Le lendemain matin, il a été appréhendé par des policiers munis d’un mandat d’amener, au motif – inventé de toutes pièces – d’avoir administré un coup sur la personne d’un agent des services ! Accusation alambiquée pour justifier la privation de sa liberté. Le 13 février, après un passage « éclair » aux Services Spéciaux de la
Police, son dossier sera précipitamment requis par le Parquet de Moanda pour sa fixation devant le Tribunal de Paix du même lieu, suivant curieusement une procédure de flagrance qui n’avait pas sa raison d’être.

                Il sied de souligner que deux semaines auparavant, les mêmes individus avaient brutalisé une dame, agent de la brigade routière locale, de nom de Nelly, chargée de circulation, pour des raisons anodines, sans qu’une quelconque procédure ne soit engagée à leur charge malgré la plainte officiellement introduite par la dame.
Cela pour souligner à quel point ces prétendus agents des services Anr et/ ou Dgm ont l’habitude de brutaliser sans raison les citoyens congolais à Moanda, en abusant de leur statut d’intouchables.

                 Jugé « en plein air », sous des manguiers, le président Diomi Ndongala a été condamné à 5 mois de servitude pénale assortis de la clause
d’arrestation immédiate pour infractions de coups et blessures et d’outrage à un fonctionnaire, en dépit des moyens pertinents apportés par sa défense. Par contre, sa plainte déposée le même jour contre les agents prétendument de la Dgm demeure sans instruction jusqu’à ce jour.

                 Tout le monde a pu s’apercevoir, avant, pendant et après ce procès, que les services spéciaux de la police, le parquet et le juge agissaient sous les instructions en provenance de Matadi et de Kinshasa, visant à humilier le Président National, en le détenant, jugeant et condamnant comme il a été fait. Ceci se confirme de plus en plus au regard du comportement qu’affichent tous les intervenants dans ce dossier.

                  L’indignation de la population à cause de l’iniquité notoire de ce jugement, a amené le juge des céans à faire une causerie morale à son intention à la fin du procès, pour justifier la décision qu’il a prise et appeler la population au calme. Cette population a témoigné sa solidarité et son soutien par des applaudissements et des chants en faveur du Président National, en l’accompagnant massivement jusqu’au lieu de sa détention. Son mécontentement a même précipité le transfert du Président National à la Prison de Boma le 15/01/2011 par crainte de soulèvement populaire dans la ville côtière.

                   Le président Diomi Ndongala, victime d’une cabale, attend, en état de détention à Boma la fixation de cette cause au degré d’appel où, tant que continueront les interventions intempestives du politique sur l’appareil judiciaire, difficilement la Justice sera rendue. Egalement, il sied de souligner que le juge qui a prononcé sa condamnation, non motivée en droit à ce jour, a dit au cours du procès qu’il « ignorait » le contenu de l’art. 28 de la Constitution de la RDC, au point que la défense a été obligée d’apporter la preuve matérielle du contenu de la loi fondamentale en vigueur en RDC en pleine audience…

                    La Démocratie Chrétienne exige la libération immédiate de son Président National et prend à témoin l’opinion tant nationale et qu’internationale par rapport au niveau d’instrumentalisation de la justice au Congo Kinshasa, manipulée afin de plier la détermination au changement de notre leader, Eugène Diomi Ndongala et de tous les Congolais qui luttent comme lui pour l’avènement d’un véritable Etat de Droit en République Démocratique du Congo.

Vérité et Justice pour le Congo.

Fait à Kinshasa, le 15 janvier 2011

Me. Marc Mawete,
Porte-Parole de la DEMOCRATIE CHRETIENNE, D.C.

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