Mme Diomi observe dès ce lundi une grève de la faim

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Diomi Ndongala 1C’est à partir de ce lundi 20 mai que l’épouse d’Eugène Diomi Ndongala entame sa grève de la faim en guise de protestation contre les conditions inhumaines, marquées par un traitement cruel et dégradant, que subit son mari  à la prison de Makala depuis deux semaines, alors qu’il a été décidé par la justice de l’assigner à résidence, fait-elle savoir   

Mme Patrizia Diomi a annoncé cette décision au cours de la conférence de presse qu’elle a animée le jeudi 16 mai 2013 à l’hôtel Cana. Elle était assistée par l’un des avocats de la famille Me Yala Tutu, qui la relayait de temps en temps dans les réponses aux questions des journalistes.

            «Mon mari vit actuellement en situation de mort civile», répétait-elle,  avant d’annoncer sa décision d’observer une grève de la faim si la situation n’évoluait pas positivement. C’est le seul moyen démocratique que je détiens pour exercer la pression afin d’obtenir la réponse appropriée à la situation de mort civile que connaît mon mari», a-t-elle justifié.

            Tout en plaidant pour son mari, Mme Patrizia fait savoir qu’Eugène Diomi n’est pas seul à subir de telles conditions. Il les subit avec d’autres prisonniers politiques à savoir  Gabriel Mokia, Jacques Chalupa et Kikunda. Une photo tirée de l’Internet dans laquelle on voit les quatre précités a été exhibée à l’intention des journalistes.

            En outre, Mme Diomi a dénoncé la double violation de la loi par les autorités judiciaires, avec un doigt accusateur particulièrement pointé sur le Procureur Général de la République. Cette double violation s’explique notamment par l’interdiction faite par la loi de détenir un député en prison, et par la non application de la décision de la Cour Suprême de Justice assignant Diomi Ndongala à résidence». Car, a-t-elle expliqué, quand on assigne quelqu’un à résidence, cela veut dire qu’il reste à domicile mais privé de liberté de mouvement. Ce qui n’est pas le cas pour mon mari», indique-t-elle.

            A ce sujet, elle accuse le PGR de maintenir, selon ses propres termes, illégalement son mari en prison.

            Avant de fustiger l’instrumentalisation de la justice en République démocratique du Congo. « Nous vivons en état de délit de justice», a dénoncé l’oratrice, avant de poser cette question : «Quand on arrive aux limites d’incohérence et de ridicule, il y a moyen de s’interroger : où va la RDC ? ».

            Par ailleurs, elle s’est convaincue que son mari est victime d’un complot politique à cause de son combat pour la démocratie en général, et la restitution de la vérité des urnes pour les élections du 28 novembre 2011 en particulier.

            Pour étayer son affirmation, elle a révélé avoir reçu la visite en date du 29 janvier 2013 d’un agent des services venu informer Eugène Diomi du nouveau complot qui se tramait contre lui.

Enfin, Mme Diomi a stigmatisé la complicité de la mission onusienne en Rdc. Au lieu d’être du côté du peuple, constate-t-elle, la Monusco a bizarrement choisi de s’allier au pouvoir en place. Raison pour laquelle elle n’a jamais parlé clairement en mal des dirigeants ou encore dénoncé dans des termes clairs ce qui ne va pas.

            C’est pourquoi, fait-elle remarquer, elle donne l’impression de s’occuper plus de la défense du territoire mais sans se préoccuper de la question de légitimité.

            Pourtant, estime-t-elle, ce qui se passe à l’Est est lié à la gouvernance générale du pays.

Dom

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