MLC : implosion imminente

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De hauts cadres du Mouvement de Libération du Congo (MLC), sénateurs et députés nationaux en l’espèce, ont écrit dernièrement au Secrétariat Général, aux fins d’être fixés au sujet de l’agenda de leur parti face aux prochaines échéances électorales. Ils ont, dans la foulée, posé le problème de Jean-Pierre Bemba, juridiquement inéligible en raison de ses ennuis judiciaires au niveau de la CPI (Cour Pénale Internationale) mais que la hiérarchie du parti continue à maintenir sur la liste de futurs présidentiables.
           
Apparemment, la démarche a été très mal perçue par ceux qui revendiquent le statut d’inconditionnels du président national du MLC. Depuis lors, l’heure est à la diabolisation non seulement des signataires du mémorandum du 30 mars 2011 mais surtout du Secrétaire Général, qui a le malheur d’être le destinataire final du document précité.

Pour avoir tout simplement été signalé comme « l’autorité morale » appelée à leur répondre, François Muamba est accusé de tous les péchés du monde. Avec la « messe noire » du dernier week-end, le MLC a visiblement éclaté en deux blocs antagonistes, composés de pro et anti Muamba.

 

Considéré jusque-là comme le symbole de l’unité du parti, en l’absence de Jean-Pierre Bemba, actuellement en détention préventive à La Haye, François Muamba est ouvertement contesté. A l’allure où évolue la fronde, il va avoir de plus en plus du mal à jouer le rassembleur des troupes.
La division qui a vu le jour au sein du MLC est d’autant malheureuse qu’elle a comme soubassement l’élément ethnico-tribal. Dès lors que des hommes et des femmes, qui donnaient l’impression de partager la même vision politique depuis l’époque de la rébellion, ont commencé à se définir politiquement par rapport à leurs provinces, à leurs ethnies, à leurs tribus et à leurs clans, l’implosion parait inévitable.
L’honneur et la dignité des proscrits n’étant pas à marchander, il n’y a plus qu’à attendre une chose : la rupture entre les « frères ennemis ».
De l’avis de certains analystes, ceci arrive notamment à cause du manque de réalisme de Jean-Pierre Bemba, qui continue de croire que de sa cellule, il pourrait s’installer sur le fauteuil présidentiel, sans transition, à l’image du Sud-Africain Nelson Mandela. Pourtant, les paramètres juridiques et politiques indiquent que dans l’immédiat, sa remise en liberté est exclue.

Dès lors, le « Chairman » aurait dû faire montre de sportivité en libérant ses collaborateurs de la contrainte morale de soutenir, pour la présidentielle toute proche, une candidature destinée à être invalidée avant d’avoir été introduite auprès de la Commission Electorale Nationale Indépendante. C’est de lui et non de François Muamba que devrait venir la consigne de laisser carte blanche à quiconque, au niveau du MLC, se sentirait capable de se porter candidat à la magistrature suprême, aux législatives nationales ou provinciales, aux sénatoriales, au gouvernorat ou aux municipales.
Le facteur du blocage, avions-nous écrit dans une de nos précédentes livraisons, c’est Jean-Pierre Bemba. C’est lui aussi qui risque de provoquer la perte d’un grand parti politique, sorti second lors du scrutin présidentiel de 2006 et dont le rôle moteur, au sein de l’opposition tant institutionnelle que non institutionnelle, n’est plus à démontrer.

Kimp

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