MLC dénonce les structures informelles autour de Matata

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mlc-logo1Le Mouvement Libération du Congo (MLC) vient de dresser un tableau sombre de la situation générale de la RDC. C’était à l’issue de son symposium organisé du vendredi 2 au samedi 3 août à l’espace « GB ». Dans une déclaration rendue publique par son Secrétaire général, Thomas Luhaka, ce parti dénonce  les « structures informelles autour du Premier ministre Matata (troïka politique , troïka économique), qui prennent des décisions importantes  engageant la nation en lieu et place de l’ensemble du gouvernement qui se réunit de façon épisodique ».

 Ce parti fustige aussi les détournements, le clientélisme, la corruption et l’impunité qui caractérisent la gouvernance actuelle. Cette mauvaise gouvernance se traduit par la rupture du programme avec le FMI, la suspension de la RDC de l’ITIE, etc. Pour ce parti qui dirigeait l’ECOFIN dans le gouvernement 1+4  issu des accords de Sun  City, toutes les réformes entreprises par l’équipe Matata sont inadaptées et mal planifiées conduisant le pays à des résultats déplorables.

Le MLC fait état des « coûts prohibitifs de la rénovation fastueuse de l’hôtel du gouvernement, de l’achat compulsif des véhicules haut de gamme par les membres des institutions, de l’enrichissement sans cause et brutal de certaines autorités, qui illustrent l’opacité dans la gestion de la chose publique, et en même temps, dénotent un mépris total des gouvernants vis- à-vis de la misère de la population ».

            Concernant la situation sécuritaire, ce parti tire la sonnette d’alarme sur l’incapacité des gouvernements qui se sont succédé depuis 2007, à résorber le cycle d’insécurité provoquée par la guerre devenue récurrente à l’Est depuis plusieurs années.

            Tout en compatissant avec les centaines des millions des Congolais en errance qui vivent dans des conditions infrahumaines à cause de cette tragédie, le MLC pense que la solution aux problèmes de l’insécurité passe d’abord par une politique rationnelle et cohérente de réforme de l’armée et des services de sécurité, ensuite par la restauration de l’autorité de l’Etat à travers la réforme de l’administration en vue de l’instauration de la démocratie locale, et enfin par la réactivation de la diplomatie régionale .

            Le MLC fait aussi le triste constat que le gouvernement se trouve dans l’incapacité de parachever les élections de 2006 et 2011, et n’a pas la volonté d’organiser de manière planifiée des élections crédibles. Pour les compagnons de Jean-Pierre Bemba, le régime en place se complait dans cette situation, parce qu’elle lui permet de nommer aux postes électifs (maires, bourgmestres, chefs de secteur) les cadres et militants des partis politiques de son obédience, en violation flagrante de la Constitution.

             Le MLC a fustigé le fait que la démocratie qu’il qualifie de rituelle à l’Assemblée Nationale donne l’illusion d’une vie démocratique normale, alors que les valeurs fondamentales de la démocratie sont systématiquement bafouées. Ils s’insurgent par ailleurs contre la multiplication des violations des droits de l’homme, l’absence de l’indépendance de la justice, le musèlement de la presse privée et la privatisation de la presse publique au profit du pouvoir en place.

            Abordant le point relatif au dialogue et faisant suite à la déclaration de son président national, Jean-Pierre Bemba du 12 novembre prônant la cohésion nationale, face aux menaces qui pèsent sur la RDC, le MLC reste solidaire des forces de l’opposition par rapport aux positions contenues dans la déclaration du 1er juillet 2013.

            Le MLC a averti qu’un dialogue convoqué et organisé de manière unilatérale ne l’engagera en rien.

Eric Wemba

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