Mise en route du processus de revisitation des programmes de quatre filières

0
34

La  revisitation des programmes de l’enseignement technique et de la formation professionnelle se poursuit en République Démocratique du Congo. Une quinzaine des programmes de ce secteur de l’enseignement congolais ont déjà subi ce travail. Des experts de la coopération belge dans le secteur de l’éducation, notamment la DPEPE , la VVOB et la CTB (coopération technique belge), des ministères partenaires, des professionnels de terrain et des formateurs de chaque filière y ont travaillé avec, à terme, pour objectif est de doter le sous secteur “enseignement technique et formation professionnelle”  des programmes garantissant les exigences de l’exercice des métiers et qui répondent aux opportunités socio-économiques du pays.

L’atelier sur l’élaboration des référentiels métiers pour les filières de l’électricité, de l’électronique, de la menuiserie et de la plomberie a démarré le mercredi 17 février 2010 à l’Hôtel Invest. Il s’inscrit dans le cadre de la mise en place des programmes pertinents en vue de fournir à la RDC à une main d’œuvre qualifiée indispensable à son développement.

Environ soixante professionnels de l’enseignement technique et la formation professionnelle, des formateurs, des ingénieurs de Kinshasa bénéficient de l’encadrement des experts du projet d’Appui à l’Enseignement Technique et Formation Professionnelle, A.E.T.F.P. en sigle.  

La sonnette d’alarme  

Au lancement des travaux, M. Michel Sangasso, Directeur Chef des services de l’Enseignement Technique et Formation Professionnelle au Ministère de l’enseignement primaire, secondaire et professionnel a souligné : « L’objet de ces assises s’inscrit dans le cadre du développement des pistes des stratégies prioritaires de l’enseignement technique et de la formation professionnelle requalifiées et harmonisées. La finalité attendue des travaux est de doter le pays d’un outil de référence devant orienter les actions de l’enseignement technique et la formation professionnelle vers la formation d’une main d’œuvre qualifiante et qualifiée, capable de répondre aux besoins du marché de l’emploi. »

La sonnette d’alarme sonnée est que les jeunes congolais continuent à être formés sur base des programmes totalement dépassés et déphasés. Il a souligné la nécessité d’agir vite sans quoi la République Démocratique du Congo risque de produire des cadres qui ne sont que l’ombre d’ eux-mêmes, peu compétitifs sur le marché de l’emploi et difficiles de s’auto employer.

Relever le défi  

La recherche sans cesse de solution à ce problème par le gouvernement et ses différents partenaires démontre bien la prise de conscience de la nécessité de relever le défi pour assurer la double adéquation quantitative et qualitative entre l’offre et l’emploi. Une interrogation soulevée, celle de la voie à suivre pour y arriver dans un contexte où les institutions d’enseignement  sont démunies et manquent de tout, les enseignants sont démotivés dont le grand nombre ne sont pas tous qualifiés. Le directeur chef de service de l’enseignement technique et formation professionnelle en |R.D. Congo est convaincu que seul un processus profond, mûrement pensé de remise à niveau est capable d’arriver à relever le défi. Michel Sangaso a appelé les participants à cet atelier à se livrer à cette gymnastique intellectuelle afin de doter le pays d’un outil de formation adapté.

En conclusion, il a émis les vœux de voir ces travaux doter la RD Congo d’un enseignement technique et d’une formation professionnelle capable de fournir une réponse adéquate aux besoins du marché du travail, un enseignement et une formation capable d’impulser la compétitivité et la performance de l’économie et aussi capables de former des citoyens compétents de l’entreprise et pour l’entreprise avec une dynamique de partenariat renforcé.

L’amorce d’un processus de la durée d’une bonne grossesse  

Les participants à l’atelier sur l’élaboration des référentiels de métiers des filières de l’électricité, de l’électronique, de la maçonnerie et de la plomberie se livrent à cet exercice souhaité par le directeur chef de service de l’enseignement technique et formation professionnelle pendant six jours.

Pour M. Joël Leroy, Coordinateur du projet d’AETFP à la Coopération Technique Belge, cet atelier marque le début d’un processus de construction d’un programme de formation pour les filières de l’électricité, l’électronique, la menuiserie et la plomberie. Pour l’électricité, un accent  particulier est mis sur les énergies alternatives afin de désenclaver certaines régions par l’utilisation des photovoltaïques, de l’éolienne, de l’énergie solaire et l’énergie hydraulique.

Joël Leroy  a rappelé qu’il s’agit d’un travail avec les hommes de terrain, des ingénieurs concepteurs, des formateurs et des experts qui doit déboucher, le temps d’une bonne grossesse, à des programmes de formation dans ces métiers. Pendant l’atelier, a-t-il souligné, les participants vont tenter de construire les grilles de références métiers, compétences, formation qui vont permettre de réaliser des programmes de formation adaptés aux réalités du Congo.

Action institutionnelle  

Il s’agit d’une action isolée, mais d’une institutionnelle avec comme partenaire principaux le ministère de l’enseignement primaire, secondaire et professionnel, la commission interministérielle chargée de l’enseignement technique et formation professionnelle et le ministère de la jeunesse et sport ainsi que celui des affaires sociales pour la validation de ces programmes. C’est seulement après test et validation que les programmes revisités serviront des programmes d’enseignement technique et formation professionnelle et de certification.

Pérenniser l’action de remise à jour perpétuelle  

Le processus de revisitation des programmes de l’enseignement technique et formation professionnelle s’accompagne d’un autre processus, celui d’appropriation par les cadres congolais de cette approche pédagogique et qui les dote des capacités de pouvoir poursuivre dans un avenir proche la remise à jour des programmes de l’enseignement technique et formation professionnelle en République Démocratique du Congo.

Selon le Coordinateur du projet A.E.T.F.P., une fois qu’un programme est né, il est déjà mort, car souligne-t-il, le développement scientifique et technologique ne s’arrête pas et il faut sans cesse s’adapter.

Toujours selon la même source, il existe déjà à travers le pays des cadres congolais qui se sont approprié l’approche PPC, entendez pédagogie par compétence, qui est à le moteur du processus actuel de revisitation des programmes de l’enseignement technique et la formation professionnelle, et qui sont capables de mener à bien la revisitation des programmes  d’enseignement en vue de les adapter aux réalités nouvelles.

C’est la pérennisation de l’action de remise à jour perpétuelle des programmes de l’enseignement technique et de formation  professionnelle à laquelle le coordinateur du projet A.E.T.F.P. de la C.T .B. tient comme les prunelles de ses yeux. Il avoue qu’il n’a pas vocation de passer toute sa vie en République Démocratique du Congo. Il importe que les cadres congolais soient initiés à cette approche.

Revisitation des programmes et développement de la RDC  

Le maître mot revenu sur toutes les lèvres des officiels présents à l’ouverture de l’atelier sur l’élaboration des référentiels de métiers d’électricité, d’électronique, de menuiserie et de plomberie est le lien entre les programmes revisités et le développement de la République Démocratique du Congo.

Le Directeur Chef des services de l’Enseignement Technique et Formation Professionnelle, Michel Sangaso, qui est aussi président de la Commission Interministérielle de l’Enseignement Technique et Formation Professionnelle a émis les vœux de voir ces travaux doter la RD Congo d’un enseignement technique et d’une formation professionnelle qui puisse fournir un enseignement et une formation compétitive et performante. Le coordinateur du projet A.E.T.F.P., Joël Leroy, a été de plus clair. Il a parlé de plusieurs obsessions, notamment celui d’accompagner  les cinq chantiers du chef de l’état congolais, accompagner le développement technologique et pédagogique du pays.

Dans tous les cas de figures, on ne peut parler de développement sans technicien formé en réponse aux besoins socio économiques des collectivités.

  E.K.

LEAVE A REPLY

*