Mise en garde des USA à la RD Congo

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La République Démocratique du Congo est citée, dans un rapport que vient de ficeler le Département d’Etat américain, comme l’un des Etats où prolifèrent la traite des êtres humains, l’esclavage sexuel, le recrutement d’enfants-soldats ainsi que d’autres violations des droits humains. Ces crimes sont imputés à la fois aux groupes armés nationaux et étrangers, aux FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo), aux trafiquants des minerais et même à certains fonctionnaires qui se rendent complices de ces derniers.

Le rapport épingle les provinces de l’Est, notamment le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Katanga et la Province Orientale comme les entités les plus vulnérables à cause des séquelles laissées par les conflits armés, principalement l’absence de l’autorité de l’Etat et d’une justice capables de faire le travail de répression de ces antivaleurs. Il est fait état de la présence nombreuse, dans les contrées précitées, d’entrepreneurs et exploitants miniers qui utilisent un nombre important d’hommes, de femmes et d’enfants pour les travaux forcés dans des mines, en raison du fait que ceux-ci sont obligés de rembourser, en travaillant durement dans les mines, des dettes contractées sous plusieurs formes : prêts financiers, nourriture et outils à crédit, etc.

Dans la même partie Est du pays, où l’insécurité continue d’être entretenue par des miliciens autochtones et étrangers, sans oublier des éléments incontrôlés des FARDC, des hommes, des femmes et des enfants sont régulièrement utilisés comme esclaves sexuels. Cette prostitution forcée touche aussi les Batwa (pygmées), qui sont particulièrement victimes des conditions de travail infrahumaines dans l’agriculture, les mines, les tâches domestiques.

Les enquêteurs américains ont réussi à identifier quelques groupes armés à la base du trafic d’êtres humains, de l’esclavage sexuel et du recrutement d’enfants. Il s’agit notamment des FDLR (Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR), des Patriotes Résistants Congolais (Pareco), groupuscules Mai-Mai, de l’Alliance des Patriotes pour un Congo libre et Souverain (APCLS), du CNDP (Congrès National pour la Défense du Peuple), de la LRA (Lord’s Resistance Army).

Le rapport indique qu’entre novembre 2008 et avril 2009, sous la bannière des FARDC, des enfants étaient recrutés en masse comme éclaireurs, combattants et porteurs des munitions, des produits des pillages, de l’eau, du bois de chauffage ou comme constructeurs des campements de fortune. L’on cite le cas d’une centaine d’enfants recrutés sur l’axe Bunyakiri – Hombo. On accuse les FARDC d’avoir par ailleurs gardé en leur sein des enfants recrutés par le CNDP et versés dans leurs rangs au moment de l’intégration de ce mouvement rebelle au sein de l’armée nationale, en janvier-février 2009.

 Avertissement sans frais à Kinshasa

Des recommandations sont faites au gouvernement de Kinshasa, sous forme d’un avertissement sans frais. Il lui est demandé notamment de faire l’effort nécessaire pour diligenter des enquêtes et punir tous ceux qui, nationaux comme étrangers, se livrent à la traite d’êtres humains et à la pratique de l’esclavage sexuel. Il lui est aussi demandé de faire le ménage dans les rangs des FARDC, en interdisant la conscription d’enfants et en réprimant sévèrement les violences sexuelles, considérées comme des crimes contre l’humanité.

Il lui est reproché notamment l’impunité des officiers et hommes de troupes qui se rendent coupables de ces crimes. Kinshasa est instamment invité à se conformer aux normes internationales pour l’élimination, au plus tôt, de la traite d’êtres humains, des travaux forcés pour femmes et enfants, du commerce du sexe, du recrutement d’enfants-soldats.

Il lui est recommandé d’assurer une plus grande protection des femmes et d’enfants dans les zones où ils courent le risque d’être maltraités non seulement par les milices armées mais aussi les membres des FARDC.

Même si, au finish, le rapport se termine sans une exigence des sanctions contre la RDC, chacun pressent le profil de l’épée de Damoclès sur le leadership national.

Kinshasa plaide non coupable

Face aux accusations portées contre lui, le gouvernement congolais a réagi par la voix de son porte-parole et ministre de la Communication et des Médias. Selon ce dernier, « le trafic d’être humains et l’esclavage sexuel ne sont pas dans les mœurs congolaises. Si l’esclavage sexuel est pratiqué par les LRA et les FDLR, cela n’est pas à mettre sur le dos des Congolais », estime Lambert Mende Omalanga.

                                            Kimp.

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