Mise à sac des sous-commissariats de police

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C’est  le lundi 19 janvier 2014 en fin de matinée  qu’Edouardo do Santos d’Angola est arrivé à Kinshasa. Le hasard du calendrier a fait que le président angolais effectuait une visite officielle  en RDC au moment où l’opposition congolaise appelait  les Congolais à exprimer clairement leur mécontentement  à la poursuite de l’examen du projet de loi électorale  au Sénat. Peu après 9 heures, avocats et magistrats appelés à en «découdre» au Tribunal de Paix et de Grande Instance de Ndjili étaient déjà dans les salles d’audience. Ayant eu vent de ce qui se passait dans le périmètre du Palais du peuple et dans d’autres coins de la capitale, les magistrats ont renvoyé les affaires à une date ultérieure.

Entre-temps, la place Sainte Thérèse d’habitude  animée a commencé à se dépeupler. Les boutiques implantées non loin de là ont fermé leurs portes. Quelques éléments de police se sont déployés à la station service située à la place Sainte Thérèse.  Les rues ont commencé aussi à se vider graduellement.

La fronde née du refus des Kinois et d’autres Congolais de voir les parlementaires congolais tripatouiller l’article 8 du projet de loi électoral a culminé avec le pillage des magasins des Chinois, la mise à sac des containers de police.  Des jeunes-gens ont brûlé des pneus, érigé des barricades sur quelques artères de la partie Est de la capitale.  Jeunes gens et policiers ont joué ensuite  à cache-cache.  C’est dans la journée de mercredi 21 janvier 2014 qu’on a surtout enregistré   la mise à sac des sous-commissariats de police disséminés à Ndjili, Kimbanseke, Masina…..

Souvent en petit nombre et peu équipés, ces éléments de police ont tenté à leur manière de contenir les manifestants, de protéger les magasins ou autres services  situés dans leur rayon d’action. Il arrivait des fois où les manifestants provoquaient les policiers ou attendaient que les forces de l’ordre aient épuisé leurs chargeurs  pour les lapider.  A bout des munitions, les policiers n’avaient plus d’autres choix que de vider les lieux, laissant par la même occasion leurs fusils et tenues de service.

Vandalisés, les containers de police ont été par la même occasion incendiés. Les quelques personnes détenues dans ces containers en ont profité pour prendre le large.  Un chauffeur de la Bralima qui a eu la malchance de s’abriter dans un des sous commissariat de Ndjili a vu toute sa cargaison pillée en moins de cinq minutes.  Le véhicule a été incendié. Des cas similaires ont été enregistrés ailleurs.

 Jean- Pierre Nkutu.