Mines : Kambinga éventre le boa

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Initiée par l’honorable Germain Kambinga le 10 mai 2013 et dûment signée par cinquante et un députés nationaux, la motion de défiance contre le ministre des Mines, Martin Kabwelulu, qui a été déposée au cabinet du président de l’Assemblée nationale le 13 mai 2013 et enregistré sous le numéro 2423, demeure d’actualité. Et le ministre des Mines est tenu à cette obligation constitutionnelle.

Que reproche-t-on au ministre des Mines ?

         Il y a la prévarication dont il fait montre dans l’exercice de ses fonctions depuis sa nomination en 2007. Dans son argumentation, l’interpellateur part du constat selon lequel les potentialités minières de la RDC qui font d’elle un véritable scandale géologique. Hélas, cela contraste avec la faiblesse contributive de ce secteur dans l’essor national et plus particulièrement sa modicité dans le budget de l’Etat. Contrairement aux douanes et accises qui alimentent pour plus de la moitié les ressources de l’Etat. Cas des budgets de l’Etat de 2012 et 2013.

         Cela dénote, d’après l’interpellateur, l’absence manifeste d’une politique minière volontariste pouvant booster le secteur et accroître les revenus de l’Etat. Et pourtant les pays frères et amis tels que la République du Congo, l’Angola et le Gabon que la nature n’a pas pourvu de richesses naturelles comme la RDC voient leur secteur minier contribuer à hauteur de plus ou moins 70 % à leurs budgets. L’on comprend, dès lors, le boom financier qu’une politique minière volontariste aurait pu offrir à la RDC.

         Cela dénote également l’absence d’efficacité dans le suivi et la restructuration des fleurons miniers qu’étaient la Gécamines et la Miba. A contrario, nous assistons plutôt à un bradage sans nom des avoirs miniers de ces sociétés, et ce, dans la plus grande opacité. Ce qui a d’ailleurs conduit à la suspension de la coopération structurelle avec le FMI.

         Bien plus, un rapide état des lieux des entreprises et grands services rentrant dans la chaîne d’exploitation des ressources minières de la RDC, tels que la Gécamines, la Miba, le CAMI, le CEEC, le SEASCAM… révèlent une situation catastrophique en terme de gestion. Ce qui dénote une absence de leadership d’orientation et de suivi au niveau du ministère des Mines.

         Parmi d’autres griefs retenus à charge du ministre des Mines, Martin Kabwelulu, il y a notamment l’accentuation de la nébuleuse financière autour de la problématique minière en RDC. Preuve : la suspension pour un an de la RDC de l’Initiative pour la Transparence des Industries Extractives (ITIE) ; l’octroi anarchique des carrés miniers, même à des dignitaires étrangers impliqués dans la guerre atroce imposée à notre pays dans sa partie Est ; la prise intempestive des décisions tendant à désorganiser la sérénité du secteur minier. Cas de la province du Katanga où quatre grandes entreprises multinationales ont quitté la RDC : BHP qui représente, à ce jour, 6 % de PIB du Mozambique; Debeers; First Quantum qui a payé l’année dernière 500 millions de dollars américains de redevance à la Zambie et 100 millions à l’Etat lors de sa dernière année en RDC. En tout cas, la RDC a perdu 2 milliards de dollars américains de redevance et de production non réalisées par First Quantum, Anglo Américain du fait de l’absence de la sécurité juridique et judiciaire dans l’exercice de leur activité.

         L’opacité dans le dossier Mutanda mining (gisement Gécamines) vendu à Glencore avec 200 millions de dollars américains d’écart entre ce qu’a déclaré Glencore auprès de ses actionnaires et ce que l’Etat déclare avoir reçu pour le compte du trésor public. L’opacité des intérêts de la société ENRC en RDC. Le coût du statu quo lié à la guerre de l’Est et l’absence d’efficacité du ministère des Mines dans la mobilisation des mécanismes internationaux pouvant endiguer ce commerce de sang.

         La validation et justification par le ministre des Mines des opérations conclues avec des sociétés fictives des IVB (Iles Vierges Britanniques) et qui font perdre à la RDC des biens et des recettes évalués à 5,5 milliards de dollars américains.

M.L.

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