Minerais de l’Est : les Fardc accusées

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«International Alert» a rendu publique une enquête menée à l’Est de la RD Congo dans le secteur minier.  Le rapport intitulé « Exploitation minière et commerce des minerais dans l’arrière-pays du Kivu » est structuré en trois parties. Au cercle «Le gourmand» à Gombe mercredi 27 octobre 2010, où il a fait l’objet de débat, Steven Spittaels, directeur de l’ong International peace information service (Ipis), a expliqué que la première partie portait sur les ressources en minerais de la région, la deuxième sur les principaux sites d’exploitation, la troisième sur le secteur minier.  

            Abordant la première partie, Spittaels a révélé que le Maniema produit une part considérable de la cassitérite qui arrive à Bukavu et Goma, les principaux centres d’échanges commerciaux pour les minerais.

 A cause du mauvais état des infrastructures de transport, la majeure partie de la production doit être transportée par avion jusqu’à  Goma et Bukavu depuis de petites pistes dispersées dans toute la province. « Bien qu’il y ait de situation de conflit aussi complexe que dans les Kivu, des groupes armés sont néanmoins présents dans les territoires de l’arrière-pays. La plupart y compris l’armée congolaise, tirent des revenus de l’exploitation minière et de commerce illégal des minerais », révéle le rapport qui note que « c’est probablement dans le territoire de Bafwasende que la situation est plus grave. Les Forces armées de la République démocratique du Congo y profitent de la guerre qui sévit depuis de longues années contre les milices Maï-Maï pour s’impliquer dans le commerce de minerais ». 

L’armée régulière au banc des accusés 

            Le rapport pointe du doigt des éléments Fardc comme auteurs des atrocités. « Dans les deux territoires, de graves violations des droits de l’homme commises par les Fardc ont été signalées (…), au Katanga, les Fdlr ont mené quelques raids sur les petits sites miniers, tandis que les Fardc réalisent des profits dans plusieurs autres sites de plus grande ampleur ».

Au chapitre de recommandations, les chercheurs sont d’avis que l’application « rigoureuse » de processus de DDR et de réforme du secteur de la sécurité est absolument essentielle pour améliorer les conditions de sécurité dans les zones minières de l’arrière-pays. Et dans ce cadre, pensent-ils,  « l’armée congolaise devrait chercher à retirer ses unités des zones d’exploitation n’étant pas menacées par des groupes armés ».

            Et d’ajouter que là où les forces de sécurité sont déployées, «des précautions devraient être prises pour protéger la population, la renforcement de la justice militaire devrait être prioritaire dans le cadre du processus de réforme du secteur de la sécurité».

            Il a été recommandé à l’Etat de réhabiliter ses infrastructures de transport, jugées prioritaires. Des mesures d’incitation pourraient être introduites dans l’actuel système d’échanges commerciaux ; une coordination entre les différentes provinces est aussi nécessaire, tandis que la formation de groupes de représentants pour les exploitants artisanaux et les négociants contribuerait à une amélioration de la gouvernance dans le secteur. 

La recette de l’Ogp 

            La deuxième recherche a eu comme champ, le Sud-Kivu, menée par l’Observatoire Gouvernance et paix (Ogp). Les résultats de la recherche rendus publics par son Directeur de l’ong, mettent les groupes armés comme les Fardc dans un même sac, dans l’exploitation illégale des minerais. La faiblesse de la décision présidentielle interdisant l’exploitation des matières précieuses dans les Kivus a été épinglée. Les responsables Fardc épinglés sont ceux signalés dans la province à la faveur de l’opération Kimia II.

            L’Ogp a donc recommandé la modernisation de l’armée et de la sécurité, la mise en place des  mécanismes de lutte contre l’impunité, le payement des soldes suffisants aux militaires affectés à la protection des populations proches des sites miniers.

            Le débat a bénéficié de la facilitation de Georges Tshionza Mata, responsable de l’ong Seracob.         

D-I.K

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