Minaku tente de calmer l’Opposition

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minakuLe président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, a palabré hier lundi 11 mai 2015 dans la salle des Congrès du Palais du Peuple, avec les députés de l’Opposition, qui ont suspendu leur participation aux plénières depuis le lundi 04 mai 2015. C’était pour protester contre l’obstruction à la  motion de défiance de leur collègue José Makila, relative à la fosse commune de Maluku, dirigée contre le Vice-premier ministre et ministre en charge de l’Intérieur, Evariste Boshab.        

            En prenant cette initiative, le speaker de la chambre basse cherche à amener l’Opposition parlementaire à regagner l’hémicycle de Lingwala.

            La mission n’est pas facile pour le numéro 1 de l’Assemblée Nationale, car ses interlocuteurs ont dit maintenir leur mot d’ordre de boycott, au sortir de cette réunion.

            Le président du groupe parlementaire MLC et alliés, Alexis Lenga, a signalé aux médias que les députés de l’Opposition devaient se retrouver le mercredi 13 mai 2015 pour évaluer les bonnes intentions de Minaku avant de lever une nouvelle option.

De son côté, le Rapporteur de l’Assemblée nationale, Norbert Ezadri, a fait savoir à la presse que les députés de l’Opposition se sont mis d’accord avec le Bureau pour la mise en place d’une commission mixte en vue d’examiner le vide juridique qu’entretiendrait le règlement intérieur au sujet de la motion de défiance, et essayer de le combler.

            A l’en croire, cette commission a une semaine pour toiletter le règlement intérieur, afin de déterminer clairement la procédure à suivre pour une motion de défiance dirigée contre un membre du gouvernement.

            A ce sujet, le député de l’Opposition Delly Sessanga est formel : les lois de la République doivent être respectées scrupuleusement, afin que les députés de l’Opposition retrouvent le chemin de l’hémicycle.

            L’élu de Luiza martèle qu’une motion de défiance et une motion de censure sont des instruments de contrôle qui relèvent de la souveraineté de l’Assemblée nationale et ne peuvent être arrêtées par une procédure du règlement intérieur telle que la motion incidentielle.

Seul le vote, l’expression de la souveraineté populaire, doit trancher sur une motion de défiance ou une motion de censure.

            Du côté de la Majorité Présidentielle, Botakile estime qu’une motion incidentielle peut intervenir dans n’importe quelle procédure législative.

            Face à ces deux points de vue diamétralement opposés, les yeux de l’opinion sont rivés sur la commission spéciale mise en place par le président de l’Assemblée nationale pour lever les équivoques et restaurer la confiance rompue entre les deux camps politiques.

            Aubin Minaku, qui avait promis, lors de son investiture, de faire de l’Assemblée nationale, le temple de la démocratie, a un nouveau pari à gagner, à savoir celui de ramener les députés de l’Opposition à leurs sièges abandonnés momentanément au Palais du Peuple.

ERIC WEMBA