Des miliciens de Kamuina Nsapu de nouveau signalés à Kamako

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Déclenché en août 2016 avec l’occupation surprenante et spectaculaire de la ville de Tshimbulu dans la province du Kasaï Central, ce qui convient d’être appelé aujourd’hui « phénomène Kamuina Nsapu » est en train d’embraser tout l’espace Grand Kasaï. Car, les attaques des éléments se réclamant du feu chef coutumier Kamuina Nsapu, tué au mois
d’août de l’année dernière dans les affrontements avec l’armée, se multiplient partout à travers le territoire de l’ex-Grand Kasaï éclaté à la faveur du découpage territorial en 5 provinces différentes (Kasaï, Kasaï Central, Kasaï Oriental, Lomami, et Sankuru). Or le
défunt chef traditionnel ne régnait que sur une portion des terres dans le territoire de Dibaya !
Hier lundi 6 mars, des affrontements violents ont opposé les Forces de
l’ordre de la République aux éléments insurgés se réclamant de Kamuina
Nsapu dans la localité de Kamako, une cité de négoces située au Sud de
Tshikapa à la frontière avec la ville angolaise de Dundo. D’après des
sources locales, les insurgés se sont emparés du siège de l’état-major
des forces loyalistes en capturant quelques officiers, avant de les
relâcher plus tard.
Même modus operandi, les insurgés portent une bande rouge autour de
la tête plus une autre au bras, pieds nus et parfois torse nu pour les
hommes. Ils se sont même adressés à la foule composée de quelques
courageux, parce que la plupart des habitants étaient terrés par
crainte de représailles. On voit sur les photos postées dans les
réseaux sociaux, des insurgés avec des bâtons voire mains nues pour
d’autres. Mais, sans aucune arme, blanche soit-elle.
On rappelle que le même territoire de Tshikapa dont le centre abrite
le chef-lieu de la jeune province du Kasaï, était le théâtre en
décembre dernier des affrontements très violents en pleine ville et
qui avaient fait  de nombreuses victimes parmi lesquelles des
innocents y compris des malades mentaux.
Avant le mois de décembre 2016, c’est-à-dire juste après
l’élimination physique du chef Kamuina Nsapu, plusieurs territoires et
localités tant du Kasaï Central que ceux du Kasaï Oriental voisin ont
connu ce phénomène. Conséquences : des villageois ont vu fuir leurs
habitations pour s’abriter dans la forêt, des écoles et missions
catholiques ont été désertées, et des centres de la CENI ont été
particulièrement saccagés et incendiés, etc. Le mouvement avait dû
singulièrement provoquer la panique dans les localités situées le long
de la route Kananga – Mbuji-Mayi jusqu’à atteindre la capitale
mondiale du diamant.
Tout était parti de la ville de Tshimbulu, ancien chef-lieu du
district de la Lulua, située dans le territoire de Dibaya où le défunt
chef possède des terres de gouvernance.
Comme on peut le constater, contrairement aux affirmations et
optimisme du gouvernement après des rencontres qui ont été organisées
à Kinshasa par le vice-premier ministre et ministre en charge de
l’Intérieur et Sécurité entre les différents protagonistes du Kasaï et
du Kongo Central, aucune solution a été apparemment pas trouvée au
conflit qui empêche désormais les fils et filles du Grand Kasaï de
dormir tranquillement. Il y a donc nécessité de repenser des pistes de
solution idoine.

Dom