Migrants esclaves en Libye : la honte pour les présidents africains

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Après un silence gêné, plusieurs gouvernements africains commencent à donner de la voix pour protester contre la vente des migrants, africains noirs dans leur écrasante majorité, comme esclaves en Libye.

On entend par ci le rappel en consultation des ambassadeurs en poste à Tripoli, par là la convocation des représentants de la Libye aux ministères des Affaires étrangères de leur pays d’accréditation, ou encore l’exigence d’ouverture d’une enquête internationale devant
déboucher sur la mise en accusation des négriers devant la Cour Pénale Internationale.
Comme par hasard, les dirigeants des Etats qui comptent le plus nombre de candidats à l’immigration clandestine, en transit au pays de feu Kadhafi, cherchent à se dédouaner en faisant croire à la planète entière qu’ils ne seraient pour rien dans ce qui arrive à leurs
compatriotes. Pourtant, la communauté internationale n’est pas dupe.
Elle sait, mieux que les Africains eux-mêmes, que des êtres humains
sont réduits à l’état d’objets de commerce à cause, notamment, des
injustices sociales, de la mal gouvernance, des atteintes multiples
aux droits humains, de l’insécurité et du manque de démocratie dans
leurs pays d’origine.
Les images diffusées par CNN au sujet du marché des esclaves noirs à
Tripoli constituent, rien moins qu’une honte pour les présidents
africains, coupables, à plus d’un titre, de la paupérisation extrême
de leurs concitoyens, du pillage des ressources nationales, du
torpillage de tous les programmes de développement. Sans vouloir
excuser les actes des Libyens et autres animateurs de la nouvelle
traite négrière en territoire libyen, force est de déplorer, dans le
chef des dirigeants africains, le manque de volonté politique
d’industrialiser leurs pays, d’y construire des routes, des écoles et
des hôpitaux modernes, d’y créer des conditions de vie qui ôteraient à
leurs concitoyens toute idée d’aventure à l’étranger.
Il est fort dommage que l’Afrique soit la pépinière des dirigeants
millionnaires et milliardaires, à la tête d’Etats affichant des taux
de pauvreté, d’analphabétisme, d’espérance de vie, de démocratisation
de la vie publique, de développement humain… parmi les plus bas de la
planète. Cest ici que l’on rencontre, aux quatre coins du continent,
des bourgeois politiques scandaleusement riches, avec les membres de
leurs clans politiques et biologiques, au milieu d’une multitude de
leurs concitoyens mourant de faim au quotidien, sans logement, sans
soins médicaux, sans transport, sans moyens pour faire étudier leurs
enfants, en chômage de carrière, etc.
Si Somaliens, Congolais, Tchadiens, Nigériens, Centrafricains,
Sénégalais, Maliens, Sud-Soudanais et autres Ivoiriens disposaient du
minimum vital, ils ne prendraient pas le risque d’aller mourir dans
des barques de fortune en Méditerranée, ni d’être vendus pour des
travaux forcés en Libye. Les Chefs d’Etat africains, incapables de
faire le bonheur de leurs peuples, devaient être les premiers à êtres
condamnés par la diaspora africaine, les organisations non
gouvernementales nationales et internationales, les mouvements
associatifs, etc. S’il y a des personnes qui devraient partager, avec
les négriers Libyens, le banc des accusés à la Cour Pénale
Internationale, ce sont bel et bien ces « monarques » à vie non
déclarés.
Kimp