Michaëlle Jean, la Gouverneure générale du Canada, à la découverte de la RD Congo

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Kinshasa, la capitale congolaise s’apprête à accueillir  Michaëlle Jean, la Gouverneure Générale du Canada du 18 au 20 avril prochain, qui joue le rôle de Chef de l’Etat, effectue là sa première visite en RD Congo et dans la région des Grands Lacs, et son troisième séjour en Afrique. Elle sera à la tête d’une forte délégation des Canadiennes et Canadiens s’occupant de divers secteurs tels que le droit des femmes, le journalisme, la culture, l’engagement civique et la jeunesse…

Le programme officiel prévoit son allocution devant l’Assemblée nationale et le Sénat; une visite dans un centre de santé bénéficiant de l’appui de l’Agence canadienne de développement international (ACDI) pour la formation des infirmières accoucheuses et la professionnalisation de leur pratique. Puis, interviendra l’étape de Goma, dans le Nord-Kivu, où la Gouveurneure générale du Canada s’entretiendra avec les survivantes de violences sexuelles et du personnel  international en appui contre ces pratiques.  Elle échangera également avec les Canadiennes et les Canadiens qui œuvrent au sein des ONG présentes dans cette zone, ainsi que les membres des Forces canadiennes engagés dans la MONUC, la force de maintien de la paix des Nations-Unies en RDC.

Pour ce troisième séjour en terre africaine, Michaëlle Jean a souligné : « Ce retour sur ce continent est une nouvelle occasion de témoigner d’une Afrique en pleine effervescence et riche de promesses, une Afrique appelée à occuper sa juste place dans le monde !»

Le communiqué de l’Ambassade des Services des Relations publiques de l’Ambassade du Canada en RDC explique : « Les visites d’État du Gouverneur général jouent un rôle important dans le resserrement des liens qu’entretient le Canada avec d’autres pays. Il s’agit de la forme de contact diplomatique la plus élevée, ces visites servant à renforcer les relations bilatérales dans le cadre de discussions avec les chefs d’État et les autorités locales. Il s’agit également de renforcer les liens de peuple à peuple et d’assurer une pleine diplomatie de proximité en allant à la rencontre de la société civile. »

Histoire du Gouverneur du Canada

Il y a 400 ans, c’est Samuel de Champlain qui exerçait cette fonction sans en avoir le titre, avec plusieurs devoirs et responsabilités qui relèveront plus tard des gouverneurs de la Nouvelle-France et, après la Confédération, des gouverneurs généraux du Canada.

Devenu Confédération, en 1867, le Canada est régi sous le statut de la monarchie constitutionnelle et d’une démocratie parlementaire. Sa Majesté la reine Elizabeth II est la souveraine et le chef d’État du Canada. Assermentée le 27 septembre 2005, la très honorable Michaëlle Jean, 27e gouverneur général depuis la Confédération, représente la Reine au Canada et exerce les fonctions de chef d’État, précise le communiqué.

En outre, relève-t-on, l’une des plus importantes responsabilités du gouverneur général est de veiller à ce que le Canada ait toujours un premier ministre et un gouvernement en place qui ait la confiance du Parlement. « De plus, le gouverneur général dispose de certains pouvoirs discrétionnaires. Le gouverneur général préside à l’assermentation du premier ministre, du juge en chef du Canada et des ministres du Cabinet. C’est le gouverneur général qui peut convoquer, proroger et dissoudre le Parlement, prononcer le discours du Trône et accorder la sanction royale aux mesures législatives parlementaires. Il signe aussi des documents officiels et rencontre régulièrement le premier ministre.

En plus, le gouverneur général assume les fonctions de commandant en chef du Canada. Il visite les bases militaires et les gardiens de la paix canadiens, tant au pays qu’à l’étranger. Il apporte son appui au personnel militaire canadien et reconnaît son mérite, sa vaillance et sa bravoure…»

Le totem de léopard incarne les deux Etats

Comme la RD Congo, le Canada recourt aux emblèmes dont le totem est le léopard! «  Un léopard couronné, tenant dans sa patte droite une feuille d’érable, est le cimier des armoiries du Canada que l’on peut voir sur le drapeau du gouverneur général. Ces armoiries symbolisent la souveraineté du Canada. Le léopard repose sur un bourrelet rouge et blanc, les couleurs officielles du Canada. Le drapeau indique la présence du gouverneur général, et il est hissé à Rideau Hall ou à la Citadelle lorsque le gouverneur général est en résidence. »

Un CV alléchant

Originaire d’Haïti où elle a vu le jour, Michaëlle Jean immigre au Canada en 1968 en compagnie de sa famille qui a fui le régime dictatorial de l’époque.  Mère d’une fille répondant au nom de Marie-Eden, Michaëlle est mariée à Jean-Daniel Lafond, cinéaste canadien. Elle l’a épaulé dans la réalisation de certains films documentaires tels que la manière nègre ou Aimé Césaire, Chemin faisant, Haïti dans tous nos rêves… . Tous primés, au Canada et sur la scène internationale.

 Après son baccalauréat en langue et littérature italiennes et espagnoles, elle poursuit avec brio la maîtrise en littérature comparée à l’Université de Montréal où  elle a enseigné, par après, à la Faculté d’études italiennes. Elle décroche trois bourses qui lui ont permis de parfaire ses connaissances dans les Universités de Pérouse, de Florence et catholique de Milan.

Mme Jean parle couramment cinq langues : le français, l’anglais, l’italien, l’espagnol et le créole.

Grande activiste des droits de l’homme, Mme Jean a œuvré pendant huit ans auprès des maisons d’hébergement et de transition pour femmes victimes de violence conjugale et participé à la mise sur pied d’un réseau de refugiés d’urgence au Québec et ailleurs au Canada. En outre, le communiqué renchérit : «  Mme Jean a  connu une brillante carrière de journaliste, de présentatrice et d’animatrice d’émissions d’information à la télévision de Radio-Canada et au réseau anglais CBC Newsworld

Les réalisations de Mme Jean lui ont valu de nombreuses distinctions, dont le Prix Mireille-Lanctôt pour un reportage sur la violence conjugale; le Prix Anik du meilleur reportage d’information au Canada pour son enquête sur le pouvoir de l’argent dans la société haïtienne; le premier Prix de journalisme d’Amnesty International – Canada. Elle a également été reçue membre de l’Ordre des Chevaliers de La Pléiade par l’Assemblée internationale des parlementaires de langue française, et désignée Citoyenne d’honneur par la Ville de Montréal et le ministère québécois de l’Immigration et des Relations avec les citoyens du Québec pour ses réalisations dans le domaine des communications. »

Eddy KABEYA

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