Mgr L. Monsengwo s’explique

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La journée d’hier mercredi 02 août 2009 était particulièrement chargée pour Mgr Laurent Monsengwo Pasinya, archevêque de Kinshasa, qui l’a consacrée à l’harmonisation de la position de l’Archidiocèse avec celles du ministère de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel (E.P.S.P.) et de l’Hôtel de Ville de Kinshasa. En effet, dans la matinée, il a reçu une délégation des autorités scolaires, conduite par Maker Mwangu Famba, ministre de l’EPSP. Il s’était fait accompagner de Mme Thérèse Olenga Kalonda, ministre provinciale en charge de l’Information, Education, Environnement et Genre.

 

     Les deux parties ont eu une séance de travail de plusieurs heures pendant laquelle elles ont échangé sur les instructions relatives à la rentrée scolaire 2009, édictées aussi bien par le gouvernement de la République, l’Hôtel de Ville de Kinshasa que par l’Archidiocèse de Kinshasa. A l’issue de cette séance de travail, Mgr Monsengwo a remis officiellement au ministre de l’EPSP, deux décrets qu’il a signés sur place, lesquels créent et organisent le « Fonds Commun de Solidarité », structure qui vise à secourir les élèves des écoles catholiques, issus des milieux modestes.

 

 « Je ne supporte plus la corruption dans nos écoles » 

     A la fin de cette cérémonie, l’Archevêque de Kinshasa a, dans une interview, expliqué l’objet de la rencontre du jour. Il a dit que « la réunion a consisté en l’examen du problème des frais scolaires. Vous savez qu’il y a eu une circulaire du ministère national ; il y a eu aussi une circulaire du gouverneur concernant les frais scolaires ; puis il y a eu mon décret qui précisait, dans les écoles catholiques, dans les écoles paroissiales et dans les écoles conventionnées catholiques, comment nous devons procéder. Il y a eu quelques malentendus, mais nous avons mis au travail nos experts de part et d’autre. Nous sommes arrivés à un texte nouveau que nous allons publier dès aujourd’hui, puisqu’il porte ma signature à la date du 02 septembre ».

     En gros, que visent ces deux décrets épiscopaux ?  L’Evêque métropolitain affirme sa volonté pour l’ordre dans les écoles : « Nous voulons mettre de l’ordre dans la perception de l’argent dans les écoles conventionnées catholiques. Comme j’avais parlé aux gestionnaires des écoles, je ne supporte plus qu’il y ait la corruption dans nos écoles ; que chacun prenne jusqu’à 250$ par enfant ou parfois 280$ par enfant pour faire fonctionner les écoles. Et, à partir de là, trouver pratiquement chaque mois de quoi pouvoir payer les enseignants. Nous disons : on met fin à cette pratique parce que ça fait de l’école une entreprise pratiquement commerciale. Nous disons que désormais, tenant compte de ce que nous appelons frais d’intervention ponctuelle – qui  signifie en fait des interventions occasionnelles – nous décidons que désormais aucune école secondaire ne peut prendre plus de 180$ par  élève et par an pour les frais autres que ce qui a été déjà déterminé par l’Etat. Elle peut les percevoir en une, deux, trois ou même quatre tranches, jusqu’à totaliser 180$. Pour les écoles primaires, personne ne peut percevoir plus de 100$ par élève par an. Ceci veut dire que moins on le peut, mais cela doit être calculé sur la base des prévisions budgétaires qui soient approuvées et qui arrivent à la Coordination des écoles conventionnées catholiques ».

     Mgr Monsengwo précise que « ces frais sont répartis en frais de fonctionnement (20% de l’enveloppe) ; compte- épargne que nous appelons Fonds Commun de Solidarité (20%) et puis finalement le frais d’intervention ponctuelle de toute nature pour les 60% qui restent. Et les écoles, en respectant ces quotités, arriveront à mieux fonctionner, sans cette espèce d’engouement à l’argent ; cette espèce de cupidité et cette espèce de corruption que nous trouvons dans nos écoles ». Nous proposons à nos lecteurs, ci-dessous, le décret originel et les textes révisés après la rencontre Mgr Monsengwo- Maker Mwangu.

 

SAKAZ

 

Décret n°ARKIN/LMP/0913/2009 portant

directives de gestion des frais d’intervention ponctuelle applicables aux écoles conventionnées catholiques de Kinshasa

 

Vu les lettres circulaires n» MlNEPSP/CABMlN/003 et 004 respectivement du 06 et 08 juillet 2009, du Ministre de l’Enseignement Primaire Secondaire et Professionnel relatives aux directives pour I’année scolaire 2009-2010:

 

Vu l’Arrêté n°SC/0207/BCV/ MINEEC6/HT/2009 du 29 août 2009 du Gouverneur de la Vitte de Kinshasa, portant fixation des frais de scolarité des écoles publiques et privées agréées de la Ville de Kinshasa pour l’année scolaire 2009-2010, spécialement en ses articles 3 et 5 ;

Vu la lettre circulaire n°MINECG/CABMIN/003/BLD/N/2009 du ler septembre 2009 de la Ministre Provinciale de l’Education, Environnement, communication et Genre portant clé de répartition des frais scolaires de I’année scolaire 2009-2010 :

 

Vu la Convention de gestion des écoles nationales, spécialement en ses articles 3 et 9 :

 

Considérant la nécessité d’assurer l’harmonisation des frais d’intervention ponctuelle à percevoir dans les écoles conventionnées catholiques de Kinshasa ;

 

En vertu de notre pouvoir ordinaire et par la teneur des présentes.

 

DECRETONS :

 

Article 1er : Eu égard à l’arrêté n°SC/2072/BGV/MINEECG/HT/2009 du 29 août 2009 du Gouverneur de la Ville de Kinshasa, les « Frais d’Intervention ponctuelle », F.I.P. en sigle, comprennent tous les frais complémentaires non fixés par l’autorité compétente mais nécessaires pour assurer le bon fonctionnement d’un établissement scolaire.

 

Article 2 : Sans préjudice des spécificités de chaque école, les frais d’intervention ponctuelle à percevoir ne peuvent pas excéder pour toute l’année scolaire, l’équivalent en francs congolais de 180 dollars US pour les écoles secondaires et 100 dollars US pour les écoles primaires.

 

Article 3 : Les frais d’intervention ponctuelle ainsi perçus seront gérés selon la clé de répartition suivante :

• Frais de fonctionnement : 20%

• Fonds commun de solidarité : 20%

• Intervention ponctuelle de toute nature : 60%.

 

Les frais de fonctionnement ainsi que les frais destinés aux interventions ponctuelles de toute nature sont gérés par le Conseil de gestion de l’Etablissement scolaire.

 

Article 4 : Le Coordinateur diocésain et urbain, les sous-coordinateurs, les responsables des écoles d’association et les chefs d’établissements scolaires du niveau tant maternel, primaire que secondaire ainsi que les présidents des comités scolaires, veilleront à la stricte application du présent décret.

 

Article 5 : Sont abrogées toutes les dispositions antérieures et contraires au présent décret qui entre en vigueur à la date de sa signature.

 

Fait à Kinshasa, en notre Curie épiscopale, le deuxième jour du mois nde septembre de l’année deux mil neuf.

Dans la foi en la vérité.

 

+ L. Monsengwo Pasinya

Archevêque de Kinshasa

Par mandement de l’Archevêque

Abbé Espérance Boyndombe Mozu

P.O. Secrétaire Chancelier.

 

Décret n°ARKIN/LMP/0912/2009 portant organisation et fonctionnement du Fonds commun de solidarité pour les écoles conventionnées catholiques

de l’archidiocèse de Kinshasa

Vu la Constitution de la République Démocratique du Congo dans ses articles

42,43, 44 et 45 ;

 

Vu la Loi-cadre n°86/005du 22 septembre 1986 portant organisation de

l’Enseignement national, spécialement en son article 100 ;

 

Vu la Convention de gestion des écoles nationales spécialement en ses articles 3

Et 9;

 

Considérant le magistère du concile Vatican ll dans le Décret « Gravissimum

illud, et les directives de la Congrégation pour l’Education Catholique

contenues notamment dans le document « Dimension religieuse de l’éducation

dans l’école catholique» (octobre l988) pour la promotion d’une école décente

et digne ;

Vu la nécessité d’accompagner le Gouvernement de la République dans ses

efforts pour faciliter I’accès à l’école de tous les enfants en âge de scolarité ;

 

En vertu de notre pouvoir ordinaire et par la teneur des présentes,

 

DECRETONS

 

I. De la création

 

Article 1er : Il est créé pour les écoles conventionnées catholiques de Kinshasa, un fonds dénommé « Fonds commun de solidarité » F.C.S. en sigle.

Article 2 : Le siège du Fonds commun de solidarité est établi à Kinshasa, sur l’avenue de l’Université au numéro 2 dans la commune de Limete.

Article 3 : Le Fonds commun de solidarité a pour mission de mobiliser les fonds nécessaires en vue de :

– La prise en charge de la scolarité des enfants démunis ;

– La réhabilitation, construction des infrastructures scolaires et leur équipement en mobiliers scolaires et matériels didactiques ;

– Le fonctionnement des écoles.

 

II. De l’organisation et du fonctionnement

 

I. De l’organisation

 

Article 4 : Le Fonds commun de solidarité comprend deux organes chargés respectivement de la gestion courante et du contrôle des activités, et placés sous l’autorité directe de l’Archevêque de Kinshasa, Ordinaire du lieu.

 

Article 5 : Le Comité de direction assure la gestion courante du fonds ; tandis que le Collège des Commissaires aux comptes composé de trois membres en assure le contrôle.

 

Article 6 : Le Comité de direction comprend :

• Trois délégués de l’Archidiocèse dont un devant provenir des écoles d’association ;

• Deux délégués de la Ville de Kinshasa ;

• Un représentant des parents.

 

Article 7 : Les missions et le fonctionnement du Collège des Commissaires aux comptes sont définis dans le Règlement Intérieur visé à l’article 8.

 

2. Du fonctionnement

 

Article 8 : Le fonctionnement du Fonds commun de solidarité est régi par son Règlement Intérieur. Celui-ci est élaboré par le Comité de direction et approuvé par l’Archevêque de Kinshasa.

 

II. Du financement du Fonds commun de solidarité

 

Article 9 : Les ressources du Fonds commun de solidarité proviennent de :

• Dons et legs ;

• Libéralités ;

• Toute intervention financière ponctuelle.

 

Article 10 : Les ressources du Fonds commun de solidarité sont versées dans un compte en banque ouvert à cet effet.

 

Article 11 : Le Comité de direction adresse à l’Archevêque de Kinshasa un rapport trimestriel et annuel détaillé sur le fonctionnement du Fonds commun de solidarité avec copie à l’autorité urbaine.

 

III. Des dispositions finales

 

Article 12 : Toutes les dispositions antérieures et contraires au présent décret sont abrogées.

 

Article 13 : Le coordinateur diocésain et urbain des écoles conventionnées catholiques de Kinshasa est chargé de l’exécution du présent décret qui entre en vigueur à la date de sa signature.

 

Fait à Kinshasa, en notre Curie épiscopale, le deuxième jour du mois de septembre de l’année deux mil neuf.

 

Dans la foi en la vérité.

 

+ L. Monsengwo Pasinya

Archevêque de Kinshasa

 

Par mandat de l’Archevêque

Abbé Espérance Boyindombe Mozu

P.O. Secrétaire Chancelier

 

 

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