Mgr Ekofo : «C’est un péché pour le Congo d’être pauvre…»

0
776

« Les deux textes que nous venons de lire nous disent que la terre
appartient à Dieu et il a donné la gestion de cette terre à l’homme.
En d’autres termes, la RDC appartient à Dieu mais il a donné la
gestion de ce pays à nous les Congolais. Prions le Seigneur ». Nous
commémorons l’anniversaire de la mort de Mzee Kabila et nous relevons
que nous pensons que ça sera le résumé de sa pensée qui va traverser
des générations et des générations des Congolais. Ce qu’il a dit et
nous a légué cette parole de ne jamais trahir le Congo. Et ce que nous
venons de lire nous dit justement que le Congo nous appartient. Dieu a
donné la gestion du Congo à nous les Congolais. Ce n’est pas aux
Américains, ce n’est pas aux Français ni aux Belges ou à qui que ce
soit mais c’est à nous Congolais. Et c’est nous Congolais qui un jour
rendrons compte à Dieu de notre gestion de sa terre, de la République
Démocratique du Congo.

J’aime bien l’athlétisme où il y a des courses à pieds surtout, et
j’aime spécialement une course, la course de relais où une personne
transmet le bâton à une deuxième personne, à une troisième puis à une
quatrième. La 1ère personne à courir, on doit toujours prendre quel
qu’un de meilleur parce que de ses efforts dépendra le reste à courir.
Si lui prend la distance, suffisamment de distance par rapport aux
autres, ceux qui viendront après ne feront que conserver cette
distance là et gagner la course. Dans l’histoire du pays, c’est pareil
aussi. Nous prenons un témoin que nous transmettons à la génération
qui vient. D’où la question : Quel pays allons-nous léguer à nos
enfants, à nos petits-enfants ? Nous avons l’obligation devant Dieu et
devant l’histoire de léguer à nos enfants et nos petits-enfants tout
d’abord, un pays uni. Nous n’allons pas léguer à nos enfants un pays
divisé. Nous savons que nous avons autant de populations autant de
peuples, autant de langues, autant de culture, mais c’est ça qui fait
la force d’un pays.
Quand nous pouvons nous sentir nous tous un, c’est ça qui fait la
force d’un pays. Nous ne devons pas transmettre à nos enfants un
territoire désuni car nous-mêmes, nous avons reçu un territoire uni.
Frères et sœurs, ne cédons pas un millimètre de notre pays à qui que
ce soit. Nous avons cette obligation historique devant Dieu et devant
l’histoire, ce que nous avons reçu de nos pères, nous devons
transmettre cela à nos enfants. Nous avons reçu un pays uni, nous
transmettrons à nos enfants un pays uni. Nous devons transmettre en
deuxième lieu à nos enfants un pays riche. Vous savez, Dieu lui-même
ne comprend pas pourquoi nous les Congolais nous sommes pauvres.
Qu’est-ce qu’il n’a pas donné au Congo. Qu’est-ce qu’il ne nous a pas
donné pour que nous soyons considérés parmi les pays pauvres ? Quand
nous regardons d’autres pays, je ne vais pas citer de nom, ils ne
vivent que d’une seule richesse. Il y en a qui ne vivent que du
tourisme, il y en a qui ne vivent que du pétrole, il y en a qui ne
vivent que de la banque, mais nous, Dieu nous a tout donné. Nous avons
du pétrole à Moanda, et est seulement le pétrole à Moanda, chez moi, à
la cuvette centrale, il y a du pétrole, nous pouvons vivre de cela.
Nous avons l’or, le diamant, etc. Vous savez, c’est un péché pour le
Congo d’être encore pauvre. Nous devrions être parmi les riches
nations du monde. Jésus dit dans Luc 12 : 48 : on demandera beaucoup à
qui l’on a beaucoup donné et on exigera d’avantage de celui à qui on a
beaucoup confié. Dieu nous a donné beaucoup et il nous demandera
beaucoup également. Nous devons léguer à nos enfants un pays avec une
suffisance alimentaire. Quand vous prenez l’avion, vous circulez dans
notre pays et vous regardez la verdure qu’il y a, autant d’espaces
vides, où nous pouvons cultiver, élever les bêtes et nous ne le
faisons pas et nous importons la nourriture de l’extérieur. C’est
vraiment inadmissible pour le Congo. Je suis parti il y a plusieurs
années au Sénégal. C’est là où j’ai vu l’effet de serf, j’en entendais
parler, mais c’est au Sénégal que j’ai vécu cela. Juste devant la
piscine, il y a une crevasse là. Il y a 10 ans, il y avait de l’eau,
on traversait de ce coin à l’autre par pirogue, on pêchait des caïmans
ici, mais tout cela s’est asséché. Je suis parti passé toute une
semaine dans un village à près 500 Km de Dakar. Heureusement pour le
village, et c’est ça qui a fait que le village continue à vivre, les
français sont venus creuser un puits de plus de 300 m pour trouver de
l’eau. Et c’est cette eau-là qui faisait vivre tout un village. Et moi
j’ai dit à celui qui me logeait, mais chez moi à Kinshasa, dans
certaines communes, vous creusez la fondation de votre maison, vous
commencez à vous battre avec de l’eau. Dieu nous a bénis. Et quand
j’ai vu les gens de Dakar au Sénégal, vous trouverez les fruits
partout. Nous, on a la grâce d’avoir autant de saison, quand il ne
pleut pas à Kinshasa, il pleut à Goma, quand il ne pleut pas à Goma,
il pleut au Katanga, etc. Et comment nous pouvons importer certaines
choses ? Je reconnais que nous ne sommes pas avancés du point de vue
technologique. On peut importer la technologie, mais dépenser le peu
de devises que nous avons pour importer à manger, c’est vraiment
inadmissible pour le Congo.
Nous devons léguer à nos enfants un pays où l’Etat existe réellement.
Je dis bien réellement. Parce que j’ai l’impression que l’Etat
n’existe pas vraiment. Je vais donner juste un exemple. Nous sommes en
RDC, nous conduisons à droite et les volants de nos voitures se trouve
ntà gauche. C’est comme en France, c’est comme aux USA, c’est comme en
Allemagne. Vous allez chez les Anglais, eux ils conduisent à gauche et
le volant à droite. Dans des pays anglophones comme l’Afrique du Sud
c’est comme ça. Dans ces pays, quand vous allez là où on conduit à
gauche et le volant à droite, toutes les voitures sont comme ça. Vous
allez dans d’autres pays où on conduit à droite et le volant à gauche,
toutes les voitures sont comme ça sauf chez nous. Le volant devait
être à gauche. Nous avons importé autant de voitures dont les volants
se trouvent à droite et ça entre par notre frontière. Si vous osez
faire ça aux USA, ont vous dira que c’est non conforme à la
législation du pays. Ça n’entre pas. Chez nous ça entre. Et c’est nous
Congolais qui connaissons notre loi qui importons ces voitures et
l’Etat laisse faire, ça veut dire que l’Etat n’existe pas réellement.
Il faut renforcer l’autorité de l’Etat. Nous devons léguer à nos
enfants un pays où l’Etat est réel. Où tout le monde est égal devant
la loi. Que vous soyeiz général, ministre ou qui que ce soit, quand
vous devez enfreindre les lois de la République, on vous arrête, on
vous juge, on vous condamne comme tout citoyen. Aux Etats-Unis on m’a
donné une leçon. On l’a arrêté comme un citoyen américain, on l’a jugé
comme citoyen américain, même s’il a tiré sur le président américain,
ont dit bien, c’est un citoyen américain qui a tiré sur un citoyen
américain, même si c’est le 1er citoyen américain mais c’est un
citoyen américain, on l’a jugé. Et comme il vient d’une famille riche,
ils ont trouvé un avocat  de haut rang, ils ont plaidé l’insanité, la
déficience de sa tête, de son intelligence. Curieusement, la Cour a
cru parce qu’on a fait des tests et c’était vrai. On ne l’a pas
condamné, on l’a condamné plutôt à être soigné. J’étais abasourdi. Un
monsieur qui tire sur un président de la République et on lui donne un
procès équitable. Et au lieu de le condamner à la prison, on le
condamne à aller plutôt être soigné. Parce que, et c’est la leçon que
j’ai apprise là-bas, tout le monde est égal devant la loi. La tendance
du Congolais, c’est de dire que la loi est là mais moi je suis
au-dessus de la loi, parce que je suis tel.  Nous devons léguer à nos
enfants, un Etat responsable, où tout le monde est égal devant la loi.
Nous devons léguer à nos enfants, un pays où l’on circule librement.
Quand je parle de circuler librement, je vois le transport, pas
seulement de la ville, mais surtout des routes interprovinciales,
intervilles, etc. J’étais dans une rencontre de l’Eglise à Nairobi, je
vous assure qu’il y a des gens qui nous aiment parce que j’ai assisté
à la prière des gens qui priaient pour mon pays, j’ai eu des larmes
aux yeux. Et j’ai prié pour le Congo. Pourquoi ? Parce qu’on m’a
appelé, c’est une rencontre de l’Eglise et moi je suis de l’Eglise, on
a appelé les experts qui ne sont pas de l’Eglise pour nous parler de
l’Afrique. Et on a pris un secteur, le transport. Quand vous prenez le
véhicule en Afrique du Sud, vous traverser tous les pays du Sud, vous
montez vers le Nord, vous avez traversé ces pays par route et tout
s’arrête en République Démocratique du Congo. Quand vous entrez au
Congo il n’y a plus de route. Vous allez d’Est à l’Ouest de l’Afrique,
vous verrez, vous vous arrêtez en République Démocratique du Congo
vous n’allez plus rentrer parce qu’il n’y a plus de route. Du Nord
vers le Sud c’est pareil, vous vous arrêtez seulement en République
Démocratique du Congo. Et les gens ont prié pour qu’un jour quelqu’un
puisse quitter le sud, traverser le Congo jusqu’au Nord avec sa
voiture. Et j’aimerais que les Congolais entre eux circulent.
Quelqu’un de Mbandaka va aller passer des vacances à Goma. Quelqu’un
de Goma va passer des vacances au Katanga avec sa voiture, avec sa
famille. Comme ça se fait ailleurs et les gens vont se connaître. Et
c’est en circulant que les gens vont se connaître et ça va créer la
cohésion nationale, l’unité nationale. On n’aime que quelqu’un qu’on a
vu, qu’on a touché, qu’on a côtoyé, avec qui on a causé. Si on n’a
jamais vu quelqu’un, comment on va l’aimer ? Nous avons l’obligation
devant l’auditoire, de léguer un tel pays à nos enfants ? Un pays où
il fera beau vivre. Sinon, nos enfants vont commencer à nous quitter
pour aller vivre à l’océan pacifique ou à la mer Méditerranée. Et
c’est autant d’enfants qui vont nous quitter à cause de ça.
Nous voulons que nos enfants, restent dans notre pays, travaillent
dans notre pays, parce que dites-moi dans tout le monde entier, quel
est ce grand pays qui n’a pas une grande frontière, une grande étendue
du pays et une grande population qui soit parmi les pays les plus
riches ?  Regardez les Etats-Unis, autant de Km², de superficie, et
autant de millions d’habitants. Les Etats-Unis peuvent développer
juste un marché interne, ils vont vivre avec ça parce qu’ils sont
nombreux. Il suffirait que Michael Jackson qui est mort, sorte un
disque et aux Etats-Unis ils sont plus de 250 millions d’habitants.
S’il vendait le disque à 1 dollar seulement et que 100 millions ou 40
millions d’Américains achètent il a 40 millions, il a 100 millions. Il
n’a pas besoin que son disque soit vendu en Europe ou en Afrique, il
n’a pas besoin de ça parce qu’il se fait suffisamment riche à
l’intérieur de son pays. Les Mac Donald, ils ont commencé à être
riches chez eux avant d’aller conquérir le monde. Nous devons être
grands. Dieu nous a donné la superficie qu’il faut et nous devons
avoir une population jeune, qui travaille, qui aide le pays, et que
nous utilisons nous même ici. Je voudrais m’adresser un peu à nos
voisins, parce que nous sommes entourés. Même si le Congo nous
appartient, Dieu nous a donné une mission pour l’Afrique. Franz Fanon
avait raison de dire que l’Afrique a la forme d’un revolver dont la
gâchette se trouve au Congo justement. Le jour où le Congo décolle, je
vous assure que l’Afrique va décoller également par effet
d’entraînement. Si vous allez aux Etats-Unis, les pays comme le
Mexique, le Canada, on décollé parce que les USA ont décollé. Et quand
le Congo va décoller, les autres vont suivre. Et ces voisins, ces
voisins, je vous dis nos voisins, Dieu vous a donné votre terre,
n’enviez pas la nôtre, travailler chez vous. Regardez : la petite
Suisse, est entourée par la France, un grand pays, l’Allemagne, un
grand pays, l’Italie un grand pays. Ils parlent les 3 langues de ces 3
pays, mais ils sont fiers d’être Suisses. Ils n’envient ni la France,
ni l’Italie, ni l’Allemagne. Mais puisqu’ils se sont tournés chez eux,
ils travaillent chez eux, Dieu leur a donné la confiance du monde
entier. Le monde entier va garder son argent en Suisse et la Suisse
vit de ses banques. Ces pays aussi peuvent vivre de ce que Dieu leur a
donné au lieu d’envier la République Démocratique du Congo et avoir
des stratégies pour profiter de la République Démocratique du Congo.
Surtout ne prenez pas un centimètre de la République Démocratique du
Congo parce que le Congo ne sera pas toujours faible comme il l’est
maintenant. Il va se réveiller un jour. J’étais étudiant également en
France et Dieu a fait que je vive dans la ville de Strasbourg pendant
5 ans. Strasbourg fait partie de la grande région qu’on appelle
Alsace, et les Alsaciens parlent un dialecte germanique, c’est-à-dire
qui ressemble plus à l’allemand qu’au français. D’ailleurs beaucoup
d’Alsaciens ne savent pas parler français correctement quand vous êtes
dans leurs villages. Là où je louais, mon bailleur me disait un jour,
Monsieur Ekofo, mes parents sont nés ici à Strasbourg, ont grandi à
Strasbourg, j’ai grandi à Strasbourg, j’ai grandi à Strasbourg, j’ai
été deux fois citoyen allemand, je suis redevenu deux fois Français.
Il me dit comment. Parce que lors de la première guerre mondiale,
14-18, l’Allemagne ayant envahi et a récupéré son droit sur l’Alsace
qui lui appartient historiquement. La guerre de 18 se termine, les
Allemands perdent la guerre, la France récupère son territoire. On
arrive à la guerre de 40-45, pareil. L’Allemagne envahit la France et
récupère l’Alsace. En 1945, l’Allemagne perd la guerre, la France
récupère sa terre. Le Congo, si vous osez prendre une partie du Congo
maintenant, nos enfants vont le récupérer les années qui viennent.
Alors, soyons plutôt de bons voisins, et ne mettez pas de conflits
entre nous s’il vous plait, nos voisins.
Je voudrais m’adresser aux pays riches. Je suis content que nos
ambassadeurs soient nombreux. S’il vous plait, soyez nos porte-paroles
auprès de vos gouvernements respectifs. Vous, vous avez la
technologie, nous, nous n’avons pas la technologie. Vous êtes riches,
nous, nous sommes pauvres. Aidez-nous à développer notre pays, vous en
tirerez toujours des dividendes. Si par exemple vous aidez les
Congolais à avoir de belles routes partout et que les Congolais vivent
bien, combien de voitures seront achetées chez vous ? Parce que nous
n’avons pas la technologie de fabriquer des voitures. Combien de
voitures seront achetées chez vous ? Si vous permettez que
l’électricité arrive dans nos villages et que le villageois congolais
a suffisamment des moyens pour s’acheter juste un téléviseur, combien
de postes téléviseurs vous vendrez au Congo ? Je sais que les
industries qui fabriquent les armes profitent du temps de la guerre
pour écouler leurs marchandises. Mais quand il y a la paix également
vous allez toujours vendre vos marchandises, parce que tout le monde
sait, celui qui veut la paix prépare la guerre. Même en période de
paix, les armées vont toujours acheter de quoi se défendre auprès de
vous. Si le Congo est riche et nous avons un vaste pays, combien
d’avions on  achètera chez vous parce qu’on en fabrique pas chez nous
? Si vous nous aidez à avoir des chemins de fer, combien de
locomotives vous vendrez ? Aidez-nous. Le monde est devenu un petit
monde planétaire. Il suffirait qu’on touche quelque part, c’est connu
dans tout le monde entier que le problème se fait sentir partout.
Aidez le Congo. Quelqu’un qui est malade et vous l’aidez, quand il
sera en bonne santé, il ne vous oubliera pas. Le Seigneur m’a donné ce
message pour nous les Congolais, nous avons l’obligation de léguer un
bon pays à nos enfants et nous avons aussi demandé à nos frères et
sœurs qui partagent avec nous l’Afrique, d’être de bons voisins et
demandé à ceux qui sont les maitres du monde maintenant de s’occuper
du Congo parce que qui sait ? L’histoire nous montre que l’aiguille
tourne. Dans l’histoire, il y avait des pays comme l’Egypte qui
étaient de grandes nations qui ont dominé le monde à l’époque et puis
nous sommes partis en Europe, on a eu la Grèce, on a eu Rome. A un
moment donné les Français ont dominé, les Espagnols l’ont fait, les
Britanniques également. Maintenant nous avons les Etats-Unis. Ça a
quitté l’Europe, ça va vers l’Amérique. Qui ne dit pas que dans le
prochain centenaire ça sera l’Afrique ? Et l’histoire je vous assure,
ne s’oublie pas. On se rappellera toujours de ceux qui nous ont aidé
et ceux qui ne nous ont pas aidés.
Que Dieu nous bénisse, bénisse la République Démocratique du Congo. Amen.
Décryptage de
Myriam Iragi