Message du 30 juin 2014 : Kabila soutient la CENI

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IMG_9386Conformément à une vieille tradition républicaine, le Chef de l’Etat s’est adressé à la Nation le 29 juin 2014, à 24 heures de la célébration du 54me anniversaire de l’indépendance. Son message s’est naturellement articulé autour de cet événement historique. Il a souligné particulièrement la liberté et l’unité comme deux valeurs à préserver absolument par notre peuple, rendant au passage un hommage appuyé aux FARDC pour leur contribution à la restauration de la paix dans la partie Est du pays. Ses vœux sont allés aussi aux compatriotes victimes d’expulsions massives au Congo/Brazzaville. S’agissant des Concertations Nationales, il a réitéré sa volonté de les couler en actes. Ici, les tenants de la mise en place du Gouvernement de large cohésion nationale peuvent encore rêver.

Abordant l’une des questions sensibles du moment, à savoir le processus électoral 2014-2016, il a renouvelé son soutien total à la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante). La position du Chef de l’Etat est interprétée, par les observateurs, comme une mise au point destinée à la fois à la consommation interne et externe.

Au plan intérieur, elle se veut une réponse claire en direction de toutes les forces politiques et sociales qui contestent le président de cette institution d’appui à la démocratie, ainsi que sa feuille de route, dont le point ultra sensible se trouve être le calendrier électoral. Il s’avère, à la lumière de la dernière sortie médiatique du Chef de l’Etat, que l’Opposition radicale et la Société Civile qui fait bloc avec elle, a beau déposer plainte contre l’abbé Apollinaire Malumalu au Parquet général de la République ou menacer de le traduire devant la CPI (Cour Pénale Internationale), via le Conseil de Sécurité des Nations Unies, elle n’a aucune chance de bloquer le train des élections.

C’est le message de fermeté à l’endroit de la Communauté Internationale, qui s’est lancée dernièrement dans une campagne de remise en question du calendrier électoral, au motif que celui publié par la CENI était sélectif, car ignorant les élections présidentielle et législatives nationale. Les Envoyés spéciaux des Nations Unies, de l’Union Européenne, de l’Union Africaine, des USA et de Grande-Bretagne dans les Grands Lacs, étaient même allés jusqu’à exiger le respect de la Constitution en ce qui concerne la durée et le nombre des mandats présidentiels.

En martelant que le peuple congolais ne devrait pas céder au chantage, le président de la République a tenu à souligner, comme il l’avait déjà fait il y a un mois devant le corps diplomatique accrédité en RDC, que le processus électoral de 2014 à 2016 devrait être l’affaire des Congolais seuls.

L’on retient toutefois la préoccupation de Joseph Kabila de voir la CENI organiser les élections dans un climat apaisé, conformément à sa mission constitutionnelle. Quant au peuple congolais, il l’exhorte à prendre ses responsabilités et démontrer ses capacités à se prendre en charge.

L’on croit savoir que le soutien du Chef de l’Etat à la CENI ne s’inscrit pas dans la logique d’un passage en force contre ses partenaires politiques et sociaux internes, désireux d’obtenir d’elle des élections transparentes, libres, démocratiques et apaisées, mais plutôt dans l’optique d’une compétition électorale appelée à pousser le pays vers l’avant. L’auto-prise en charge dont parle le premier d’entre les Congolais suppose l’administration, par le peuple congolais, de la preuve, qu’il est capable d’organiser des élections apaisées sans le concours de l’extérieur.

Par conséquent, au lieu d’ignorer ce qui se dit autour de son travail, surtout au niveau des forces politiques et sociales internes, la CENI ferait œuvre utile en prenant en compte toutes les critiques visant l’amélioration des conditions d’organisation des scrutins à venir. Car, au lieu d’être chaque fois une source de conflits et de division entre filles et fils de notre pays, les rendez-vous électoraux devraient constituer des opportunités d’émergence et de consolidation de l’Etat de droit, à travers le choix, par le souverain primaire, des compatriotes habilités à conduire les affaires publiques, de la base au sommet de la pyramide. C’est le défi à relever pour rompre avec le cycle des incertitudes politiques.

Kimp

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