Message des vœux pour l’année 2015 : Vital Kamerhe répond à Joseph Kabila

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vita_kamerhe_union_natioin_congolaise_unc_rd_congoDans son message des vœux pour l’année en cours, le leader de l’Union pour la Nation Congolaise s’est efforcé de retracer l’histoire sociopolitique de la RDC dans tous ses aspects les plus significatifs. En insistant particulièrement sur certains faits saillants et en lançant un appel pathétique à toutes les forces vives sur le danger qui menace leur avenir proche et lointain. Vital KAMERHE en appelle à l’union des forces politiques en ces temps qui précèdent les échéances électorales de tous les dangers. Le mot d’ordre qu’il lance est fondé sur l’unité autour des causes justes, notamment la non révision de la constitution, la non révision du mode de scrutin pour l’élection des députés nationaux et provinciaux, le refus de cautionner la tenue de ces élections aux résultats de l’ONIP, la non révision de la loin électorale dans ses articulations fondamentales, le rejet de toute tentative de prolongation du mandat de l’actuel chef de l’Etat. Les forces de l’opposition doivent éviter de se tromper de cible et de sombrer dans la division, de vaincre la peur dans laquelle le pouvoir autocratique veut les renfermer.

            S’adressant personnellement à Joseph KABILA, Vital KAMERHE lui demande de se placer au-dessus de la mêlée en évitant de se laisser entraîner dans des rivalités de leadership au niveau de sa province d’origine. Il doit demeurer le dernier recours et l’arbitre impartial. Quant à l’implantation des 26 provinces, le gouvernement a l’obligation de présenter à l’Assemblée nationale le rapport de rétrocession de 40 % aux provinces actuelles pour savoir comment équiper et assurer le fonctionnement de futures provinces. Et pour terminer, le leader de l’UNC hausse le ton : « Peuple congolais, lève-toi et défends ta Constitution ».

Congolaises, Congolais ;

Chers compatriotes ;

L’année 2014 a tiré sa révérence, une année comme les précédentes, émaillée des tourments et des difficultés de tout genre que notre peuple, dans sa bravoure légendaire, a su traverser sans courber l’échine, sans perdre espoir.

 Alors que le peuple congolais traumatisé par les élections chaotiques de novembre 2011, a observé une patience héroïque se préparant à faire un pas décisif sur le chemin de la démocratisation en accédant pour la première fois à l’alternance démocratique, il a été surpris par la résurgence  des velléités monarchistes de la part de la majorité au pouvoir tendant à rompre le pacte républicain obtenu au prix des sacrifices sans nombre pour prolonger indéfiniment le mandat de l’actuel chef de l’Etat qui, au terme des dispositions pertinentes de la Constitution, prend fin le 19 décembre 2016 à minuit.

            Au Président de la République et à tous ceux qui l’encouragent dans cette voie dangereuse, nous disons qu’il existe une vie après la présidence de la République. Et l’UNC et les forces politiques et sociales lui réitèrent leur promesse d’élaborer une proposition de loi portant statut d’anciens présidents de la République.

            Pour la première fois, les Congolais veulent avoir un ancien Président de la République en vie après 2016 et qui pourra, à l’instar du Ghana, de la Tanzanie, du Botswana, du Mozambique, de la Namibie, du Nigeria, de l’Afrique du Sud, du Sénégal et j’en passe, faire bénéficier de son expérience au pays, à l’Afrique et au monde.

            Je suis convaincu qu’en respectant la Constitution et les règles démocratiques pour offrir au peuple congolais de bonnes élections et une passation pacifique et civilisée de pouvoir, le Président de la République en sortira au contraire agrandi. Et la RDC, notre pays, constituera une référence en Afrique centrale.

Chers Compatriotes

            Sur le plan social, 2014 aura été une année de la pérennisation et de l’accentuation de la misère du peuple congolais, plus particulièrement des fonctionnaires et agents de l’Etat, des magistrats, des médecins, des infirmiers, des enseignants, des policiers et militaires qui continuent à être clochardisés avec des salaires de misère pendant qu’une minorité de prédateurs s’est accaparé de toutes les richesses nationales. Et, sous le fallacieux prétexte de la révolution de la modernité, elle se livre impunément au détournement systématique des deniers publics au détriment de la communauté nationale.

            En outre, 2014 était une année sombre pour la jeunesse contrainte au chômage, pour les étudiants sans bourse soumis aux conditions inhumaines dans les homes et auditoires, pour les paysans abandonnés à leur triste sort, pour les parents humiliés et rendus incapables de prendre en charge l’alimentation, la scolarisation et les soins de santé de leurs enfants qui, faute d’encadrement sont exposés à devenir des bandits, des kuluna, des shegue…, pour les militaires, policiers et leurs familles entassées dans des camps où pour survivre ils doivent sous-louer aux civils et aux autres personnes qui peuvent à tout moment infiltrer notre système de défense. Du jamais vu au monde !

            Que pourrons-nous attendre de notre armée quand le plus haut gradé perçoit moins de  150 USD par mois ? Il est temps de rendre à ce corps de défense, tout comme à la Police nationale, toutes ses lettres de noblesse en leur attribuant des moyens conséquents pour leur restructuration, modernisation et une correcte prise en charge des militaires et policiers ; ces hommes qui ont accepté de servir le pays sous le drapeau.

Congolaises, Congolais ;

Chers compatriotes ;

            Malgré les fausses promesses électorales de rétablir la sécurité et l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national, 2014 a été une funeste année marquée par une forte détérioration de la situation sécuritaire à l’Est du pays, plus particulièrement à Beni, au Nord Kivu, dans le Sud kivu, Nord-Katanga et en Province Orientale où des paisibles compatriotes sont exterminés et forcés au déplacement, des femmes violées, des hommes, des femmes et des jeunes ainsi que des opérateurs économiques enlevés par les groupes armés, des richesses naturelles pillées. C’est aussi le cas dans les grandes villes du pays avec la montée vertigineuse du banditisme urbain et des assassinats sommaires.

            C’est ici le cas de rappeler et dénoncer l’odieux assassinat dans les circonstances non encore élucidées du vaillant colonel Mamadou Ndala, des journalistes et des défenseurs des droits humains qui viennent s’ajouter à la longue liste de victimes des assassinats ciblés, notamment le cas de Floribert CHEBEYA, Fidèle BAZANA, Didace NAMUJIMBO, Serge MAHESHE et la liste est longue. La mort aussi du Général Bahuma d’une mystérieuse maladie. Ce qui est plus grave, c’est que la quasi-totalité des enquêtes annoncées par le gouvernement en place sont restées en cours et sans conclusion aucune, laissant entrevoir l’incapacité de l’Etat à sécuriser la population et à rendre justice et frisant, dans une certaine mesure, une forme de complicité coupable au sommet.

            2014, c’est aussi l’année des expulsions massives de nos compatriotes qui avaient trouvé refuge dans des pays voisins, d’explosion de la poudrière du camp Brigade à Mbujimayi, des naufrages des bateaux Tanganyika, des catastrophes ferroviaires au Katanga, des accidents de circulation, notamment les réfugiés congolais rentrés de l’Ouganda par le Nord-Kivu, des troubles dans des stades etc.  Dans ces situations difficiles qui ont endeuillé et sinistré la Nation tout entière, où le Gouvernement était attendu pour apporter des solutions et le réconfort à la population, les dirigeants congolais ont fait montre d’une insensibilité révoltante, se limitant à en informer l’opinion comme s’il s’agissait de simples faits divers.

            Combien des morts aurait-il fallu pour que le Président de la République et le Gouvernement se montrent plus sensibles, en décrétant un deuil national et en prenant des mesures qui s’imposent pour sécuriser notre population à tout point de vue ?

            220 morts sur le lac Victoria, plus de 400 morts sur le lac Tanganyika, plus de 57 morts lors de la catastrophe ferroviaire de Kamina, 450 femmes, enfants, jeunes et vieux cruellement décapités dans les tueries répétitives de Béni où jusqu’à ce jour, l’Etat congolais n’arrive pas à identifier les auteurs, ni à déterminer les voies et moyens pour mettre fin à ces massacres. Que faut-il encore ? Et pire encore, le Gouvernement s’est limité à demander aux populations du Nord-Kivu concernées de vider leurs villages pour échapper à la mort. Et en même temps les nouvelles provenant de Beni font état de peuplement des villages abandonnés par des populations inconnues de ces lieux. S’agit-il de la politique de transplantation tant décriée ? S’agit-il d’une autre occupation ?

            Une autre chose est vraie, les paysans de ces contrées n’ont plus accès à leurs champs occupés et la famine toque déjà à leur porte.  Force est de relever que tous ces cas aussi tristes que funestes ont eu lieu sans qu’à aucune occasion, nos compatriotes victimes ne puissent bénéficier de la compassion ni du Chef de l’Etat ni celle du gouvernement.

Chers Compatriotes,

            Le Président de la République est demeuré toute l’année absent face aux drames et tragédies multiples qui ont endeuillé le peuple congolais. A aucun moment, on n’a senti ni sa présence, ni sa compassion, ni entendu sa voix. Bref, le chef de l’Etat ne s’est pas montré préoccupé par le sort de ses compatriotes. A son silence est venu s’ajouter l’inaction de son gouvernement.

            En effet, vous et moi vivons au plus profond de nous-mêmes une misère inqualifiable à laquelle nos dirigeants nous ont toujours soumis et veulent nous accoutumer; qui peut encore aujourd’hui parler du panier de la ménagère lorsque nous assistons à des scènes à Lubumbashi où le Président de la République en personne accompagné de son épouse distribue de la nourriture dans des sachets, ignorant les autres contrées de la République comme pour avouer qu’il n’est plus en mesure de nourrir notre peuple à satiété.

            Si pour le manger, le peuple en est arrivé à ce niveau, qu’en est-il de l’éducation, de la santé, du logement, de l’eau potable et de l’électricité? Qu’en est-il de la sécurité des personnes et de leurs  biens? Qu’en est-il du respect de droits humains? Qu’en est-il de la réhabilitation des routes de desserte agricole ?

Congolaises, Congolais ;

Chers compatriotes ;

            Je connais comme vous-mêmes les difficultés qui ont été les nôtres au cours de l’année écoulée et je partage avec vous la peine de voir ceux qui exercent le pouvoir d’Etat se complaire dans cette situation et la présenter à la face du monde comme une avancée et une réussite. Autant je partage avec vous ces malheurs que nous subissons injustement, autant je ressens au plus profond de moi le profond désir de changement que notre peuple exprime en même temps que le sentiment de révolte face à l’entêtement de ceux qui ont conduit notre pays à cette situation.

En 2014, le Gouvernement de la république s’est montré particulièrement et négativement plus sensible vis-à-vis de toute prise de position en faveur du respect de la constitution, des libertés fondamentales ainsi que de la défense des droits humains et des valeurs démocratiques. C’est ici l’occasion pour les forces politiques et sociales et moi-même de dénoncer avec la dernière énergie l’enlèvement et l’emprisonnement pour des raisons politiques à l’issue d’une parodie de justice, du Secrétaire général de l’UNC , l’honorable  Jean Bertrand EWANGA IS’EWANGA et d’exiger sa libération sans condition ainsi que celle de tous les prisonniers politiques et ceux d’opinion, notamment le Président Eugène DIOMI NDONGALA, le Président fédéral de l’UDPS Kasaï Oriental, Bruno KABATSHI, le journaliste Mike MUKEBAYI ainsi que tous les militants qui croupissent injustement dans les différents prisons et cachots disséminés à travers le pays.

Nous exigeons aussi la libération des compagnons du Prof Matthieu KALELE arrêtés hier sans motif valable.

Plus que jamais, le Congo a besoin d’une justice équitable au service de la paix et de la vérité et non celle inféodée aux intérêts d’un groupe d’individus Bien plus, ces actes d’intimidation de la part d’un régime en perte de vitesse ne pourront jamais décourager le peuple congolais qui a déjà, à plusieurs reprises, démontré son attachement à la démocratie et sa détermination pour le changement.

S’agissant particulièrement de Beni, le rapport des experts des Nations Unies, tel que rapporté ce mardi 06 janvier 2015 par RFI, vient confirmer la thèse d’une complicité interne, comme mentionnée clairement dans le rapport parlementaire des députés qui s’étaient rendus sur place pour avoir l’information sur ces tueries ignobles qui auraient pu être évitées si les dirigeants de ce pays avaient pris la mesure de leurs responsabilités.

Cadres et militants de l’UNC, des forces politiques et sociales,

Chers compatriotes,

Par respect pour la vie humaine, je vous prie de vous lever et d’observer avec moi une minute de silence en mémoire de toutes ces victimes innocentes des tueries de Beni, celles du Nord-Katanga et de partout en RDC ainsi que de celles des autres catastrophes et calamités qui ont endeuillé le peuple congolais tout au long de l’an 2014… Merci.

Congolaises  et congolais vivant au pays et à l’étranger,

Chers cadres et militants de l’UNC, des forces politiques et sociales,

Très  chers compatriotes,

            A l’aube de l’année 2015, permettez-moi de formuler pour chacun de vous mes vœux les meilleurs et les plus sincères de paix, de santé, de prospérité et de bonheur. Je souhaite ardemment que 2015 soit une année de ferme engagement du peuple pour la reconquête de sa souveraineté, de ses droits bafoués et de ses libertés fondamentales spoliées. 2015 doit être pour toute la Nation une année charnière du changement tant recherché par notre peuple.

Pour ce faire, nous devons :

  1. Eviter de nous tromper de cible et de sombrer dans la division;
  2. Vaincre la peur dans laquelle le pouvoir autocratique veut nous enfermer;
  3. Œuvrer pour l’unité d’actions de l’Opposition, de toutes lesforces  de changement, de tous les hommes et toutes les femmes éprises de paix et soucieuses de voir le Congo, notre pays, devenir réellement démocratique, un Etat fort et prospère au cœur de l’Afrique, un espoir pour les générations futures et les autres peuples du monde. Le mot d’ordre devra être donc le RASSEMBLEMENT

Cette unité doit être fondée autour des causes justes et points saillants suivants :

– la non révision de la Constitution;

– la non révision du mode de scrutin pour l’élection des Députés nationaux et provinciaux;

– le refus de conditionner la tenue des élections aux résultats du recensement de l’ONIP, institution créée de toute pièce dans le seul but de concrétiser la stratégie du glissement du 2ieme mandat du Président de la République qui devra, selon la Constitution, prendre fin le 19 décembre 2016 à minuit. Pas un jour de plus, pas un jour de moins;

– la non révision de la loi électorale dans ses articulations fondamentales ;

– la publication d’un calendrier global des élections;

– le rejet de toute tentative de prolongation de mandat de l’actuel Chef de l’Etat et de toute tentative de glissement dans une transition;

– l’organisation des élections libres, crédibles et transparentes ;

– l’alternance démocratique en 2016.

Mes chers compatriotes,

            Aujourd’hui, le continent Africain se vide de ses enfants qui risquent et perdent même leur vie dans des noyades en Méditerranée comme immigrants clandestins. La RDC  n’est pas épargnée. Elle a une diaspora qui ne fait qu’augmenter en nombre, malgré les potentialités qui lui sont reconnues. Si l’espoir était donné à chaque Congolais de bien vivre en RDC, qu’irait-il chercher ailleurs? La RD-Congo a tout d’un paradis sur terre transformé en enfer par la bêtise humaine. Les atouts de la RDC restent intacts. Et avec un leadership visionnaire, rassembleur et responsable, le peuple congolais peut retrouver son sourire dans un pays où les fruits de la prospérité seront partagés équitablement par tous. Cela, en vue d’enrayer ainsi les inégalités sociales criantes qui minent notre espace commun aujourd’hui.

 

Congolaises et Congolais ;

Mes chers compatriotes,

            Je réitère ma disponibilité à œuvrer sans relâche pour l’unité de l’opposition  tel que je l’ai exprimé dans ce message. Je pense ici au Président Etienne TSHISEKEDI en convalescence en Belgique et à qui je souhaite un prompt rétablissement et un heureux retour au pays. Ma pensée va également au sénateur Jean Pierre BEMBA, incarcéré à la Haye depuis bientôt 6 ans.  Comme tout le peuple congolais, je prie pour son retour afin qu’il apporte sa contribution à l’édification d’un Congo nouveau. Ma pensée va aussi à tous les leaders politiques, combattants de la démocratie et de la liberté qui sont contraints à l’exil et à tous ceux qui sont privés de leur liberté et éloignés de leurs familles.

Mes chers compatriotes,

            Je dénonce, avec la dernière énergie, toutes les tracasseries dont sont victimes tout Congolais ou toute organisation ayant pris position sur la révision constitutionnelle. Il s’agit notamment:

– de la paralysie administrative par l’Etat congolais, de l’Hôpital de Panzi, œuvre pourtant humanitaire. Quand on considère la gravité des cas des nombreuses femmes violées, cette paralysie orchestrée par des individus au service des causes perdues n’est pas loin d’être un crime contre l’humanité;

– des ennuis enregistrés au Katanga à la suite de prise de position courageuse de quelques leaders de cette province contre la révision constitutionnelle. Et l’arrestation du Député honoraire VANO KIBOKO dont le tort est d’avoir dit à haute voix ce que l’ensemble des Congolais répètent à longueur des journées, à savoir non à un troisième mandat qui constitue une violation intentionnelle de la Constitution. Nous exigeons la libération sans conditions de ce leader du Katanga à qui les lois de la République garantissent la liberté d’expression.

            C’est ici le lieu de lancer un appel pressant à l’endroit des Honorables Députés et Sénateurs, dont le mandat n’est pas impératif, d’exercer leur mission uniquement en faveur des intérêts de la population, surtout au moment où la majorité au pouvoir tient à modifier la loi électorale.

            Convaincu que ce combat pour l’alternance démocratique est un combat juste, j’exhorte tous les autres leaders de toutes les provinces à briser les chaînes de la peur de perdre les avantages personnels qui les embrigadent et à rejoindre le camp du peuple en affichant clairement leur opposition à toute forme de révision constitutionnelle ou de la loi électorale, toute forme de monarchisation de la république. A l’instar des leaders katangais qui se sont exprimés sur leurs terres et de concert avec leur peuple, comme l’avaient fait avec les forces politiques et sociales en caravane de la paix au début de l’année 2014 au Nord-Kivu et au Sud Kivu, j’en appelle à nos compatriotes des autres provinces de leur emboiter le pas pour dire NON à un troisième mandat, NON à une autre transition, NON au glissement du calendrier. Les congolais de partout, de Kinshasa, de toutes nos provinces, de tous nos secteurs, de tous nos villages doivent se lever comme un seul homme pour empêcher la Majorité au pouvoir, d’imposer au pays, son schéma machiavélique tendant à pérenniser un pouvoir insouciant, indifférent et inféodé aux intérêts obscurs.

Chers Compatriotes,

            S’agissant du découpage territorial, c’est un principe acté dans notre Constitution et la mise en œuvre de 26 provinces devrait intervenir depuis belle lurette. Pourquoi aujourd’hui choisir le Katanga comme champ d’expérimentation du découpage ? Pourquoi le Gouvernement ne partirait pas d’une province test qui ne pose pas de problème comme jadis le grand Kivu sous la 2ième République ?

            Le Gouvernement en voulant opérer un passage en force au Katanga dans le seul but de défier certains leaders  Katangais, qui se sont opposés à la révision de la Constitution, au glissement du calendrier électoral et au 3ième mandat, ne court-t-il pas le risque d’embraser cette province où les communautés vivent en communion ?

            Le Président de la République doit se placer au- dessus de la mêlée et éviter de se laisser entraîner dans des rivalités de leadership au niveau de province, fut-elle sa province d’origine. Il doit demeurer le dernier recours et l’arbitre impartial.  Avant d’implanter les 26 provinces, le Gouvernement a l’obligation de venir présenter à l’Assemblée nationale le rapport de rétrocession de 40 % aux provinces. Si non, comment va-t-il équiper et assurer le fonctionnement des nouvelles provinces ?. Personne n’est dupe, les enjeux sont ailleurs. Et j’invite le peuple congolais à demeurer vigilants.

            Nous avons aussi entendu parler de l’organisation des élections des gouverneurs. C’est le point de vue que l’opposition a toujours défendu. Mais pas des gouverneurs élus par les Assemblées provinciales dont le mandat n’a pas été renouvelé.

            Il faudra donc programmer rapidement les élections provinciales pour que les députés provinciaux puissent élire les gouverneurs et les sénateurs. Nous refusons des élections avec des députés provinciaux sans mandat ni légitimité.

Aux hommes de Dieu, Pasteurs, Prêtres et Imans de toutes les églises et aux Chefs coutumiers

Nous vous exhortons à démarrer sans délai la campagne de sensibilisation de vos fidèles et de vos administrés pour la défense des valeurs républicaines avant qu’il ne soit trop tard.

Mes chers compatriotes,

            Je ne peux terminer ce message sans revenir sur le projet de la loi électorale que le Gouvernement vient de déposer en catastrophe au bureau de l’Assemblée nationale en violation de la Constitution.

            En effet, l’article 116 de la Constitution dit clairement que la session extraordinaire est convoquée pour une durée n’excédant pas 30 jours sur un objet déterminé. Or, dans la décision convoquant la présente session extraordinaire au point 2, il est inscrit : proposition ou projet de loi. C’est une indétermination. Donc en principe, cette question ne devrait plus être examinée durant la présente session extraordinaire.

            Nous avions dit que le Gouvernement voulait manipuler la loi électorale pour entraîner le pays vers un glissement du calendrier. Nous y sommes. Et nous n’avons pas eu tort de dire que l’ONIP avait été créé pour plomber  le processus électoral.

Nous plaçons les députés et les sénateurs devant leur propre conscience et leur responsabilité. Ils doivent savoir que toute la Nation les regarde et attend d’eux un sursaut patriotique.

A vous camarades membres des forces politiques et sociales,

Aussi   longtemps que le Très Haut éclaire nos consciences dans la poursuite de notre idéal commun, celui de l’instauration dans notre pays d’un véritable Etat de droit, nous avons l’obligation de solidarité entre nous et de mutuel réconfort. Nous sommes une famille politique qui mène un combat et il faut à des occasions comme celle-ci nous arrêter pour panser nos blessures et nous réarmer moralement pour continuer la lutte pacifique dont le sens est d’anoblir les conditions de vie de nos concitoyens, en portant pour eux le rêve de grandeur. C’est pourquoi, je rends grâce à Dieu pour tout, même les événements douloureux nous imposés par un pouvoir aux abois qui ne supporte plus la dialectique de la contradiction, seule source de vitalité de la démocratie.

Mes chers compatriotes,

Enfin, je réitère mon désir de voir notre peuple uni et prêt à défendre la démocratie chèrement acquise dans notre pays.

Peuple congolais, lève-toi et défends ta Constitution.

Que Dieu bénisse la RDC,

Bonne et heureuse année 2015

Je vous remercie.

Fait à Kinshasa,

le 07 janvier 2015

Vital KAMERHE