Le message de Trump aux Africains : non aux corrompus et aux tripatouilleurs des constitutions !

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Milliardaire élu président des Etats-Unis d’Amérique en 2016, à la
surprise générale, et perçu jusque-là comme distant de l’Afrique et
des Africains, Donald Trump, vient de leur envoyer un signal fort, à
travers l’oral, le jeudi 14 juin au Sénat, de son candidat
Sous-secrétaire d’Etat aux Affaires Africaines, Tibor Nagy. Ce
dernier, à travers un exercice qui paraissait se focaliser sur des
généralités africaines, en attendant sa confirmation éventuelle au
poste, au courant de cette semaine, a lancé un message fort, qui a
fixé plus d’un esprit sur la politique africaine des USA.

En effet, lors de son test devant les sénateurs américains, Tibor
Nagy a lâché quelques phrases assassines qui doivent avoir fait mal à
ses destinataires, bien qu’il n’ait cité personne. Il a notamment
martelé que « certains leaders africains sont en train de perpétuer
leur règne par la manipulation constitutionnelle et une répression
accrue ».
Il faisait sans doute allusion à la vague des révisions constitutions
qui s’abat sur le continent, avec des Chefs d’Etat qui s’investissent
systématiquement dans des référendums constitutionnels dès que
s’annonce la fin du nombre de mandats leur imparti par la loi
fondamentale de leurs pays. Et le virtuel Sous-secrétaire d’Etat aux
Affaires Africaines de souligner, à l’intention des membres du Sénat
américain, mais aussi des millions d’Africains, que les Chefs d’Etat
qui refusent de passer la main à l’expiration de leurs mandats sont
assimilables aux « dinosaures corrompus ».
A en croire Tibor Nagy, le message du président Donald Trump en
direction de ses homologues d’Afrique est sans équivoque : « non aux
dirigeants corrompus et tripatouilleurs des constitutions ». Ancien
Envoyé spécial du président américain en Ethiopie et en Guinée, il a
fait un constat malheureux, selon lequel les dirigeants africains
veulent rester présidents à vie, sans égard au préjudice qu’ils
causent à leurs peuples ».
On a également appris du futur « Monsieur Afrique » des USA que
l’administration américaine est d’avis que les intérêts américains
sont mieux garantis en aidant de jeunes africains à développer des
opportunités d’affaires et autres, et non en soutenant « des
dirigeants autocratiques vieillissants ».
Bref, ceux des Africains qui pensaient que l’esprit de Donald Trump
était ailleurs, notamment sur les dossiers économiques avec l’Europe,
ou sécuritaires avec la Corée du Nord et la Russie, peuvent noter que
le nouveau locataire de la Maison Blanche se trouve sur la même
longueur d’ondes que son prédécesseur. On se souvient qu’en 2008, lors
de sa première tournée dans quelques Etats africains, Barack Obama
avait martelé que l’Afrique avait besoin non pas « d’hommes forts mais
d’institutions fortes », exhortant au passage les présidents africains
à apprendre à se retirer du pouvoir quand il est encore temps, plutôt
que de connaître des fins peu honorables.
L’impression qui se dégage de la position américaine qu’elle se
rapproche, au fil des jours, de celle de certains Etats européens
foncièrement opposés aux mandats à vie, jusque-là fort prisés en
Afrique. Le retrait en douceur d’Eduardo dos Santos d’Angola et celui,
forcé, de Robert Mugabe du Zimbabwe de la scène politique qu’ils
avaient occupée pendant plusieurs décennies en disent long sur les «
ingérences » occidentales et américaines dans les affaires intérieures
africaines.
L’annonce précipitée, faite récemment par le Burundais Pierre
Nkurunziza, de son retrait du pouvoir en 2020, au terme de son
troisième mandat à la tête de son pays, n’est peut-être pas un fait du
hasard. Alors qu’il venait de s’ouvrir un « boulevard » jusqu’en 2034,
en faisant supprimer la disposition constitutionnelle portant
limitation des mandats présidentiels et faisant porter leur durée à
sept ans, il a curieusement décidé de jeter l’éponge. Engagement ferme
ou manœuvre dilatoire : il est à espérer que l’avertissement de Trump
n’est pas tombé dans des oreilles des sourds.
Kimp