Le message de Roger Lumbala aux Congolais

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roger-lumbala-elu-president-de-la-republique-en-2016-je-rendrai-limperium-a-tshisekediMa vision du dialogue est claire. Les Congolais qui se sentent concernés doivent se retrouver pour lever le voile sur la crise qui se profile à l’horizon, petite soit elle. Je pense que le dialogue peut aider la RDC à consolider sa démocratie et permettre aux hommes politiques de se faire confiance mutuellement. Sans la confiance, la gestion du pays devient très difficile même si le pouvoir gère par défi. Mobutu l’avait fait mais nous connaissons la suite. Le monde est tellement difficile à gérer que les alliances se font et se défont au gré des intérêts. C’est pourquoi, toute l’opposition doit se réunir autour du président Etienne Tshisekedi. Il faut que tous les anciens et nouveaux opposants comprennent que s’ils veulent gagner les élections en général, ils doivent se mettre tous derrière un candidat. Et aujourd’hui, la candidature la plus fiable, viable et respectueuse sur le plan national et international, est celle du président Tshisekedi.

Pourquoi toujours Tshisekedi ?
Pour sa longue lutte dans l’opposition et son intransigeance sur les
principes qui fondent un Etat de droit et une nation. Le peuple
congolais s’étonne de voir que certains anciens de l’opposition
radicale ont cédé devant la manne financière que déversent de nouveaux
opposants qui nous viennent de la majorité présidentielle. Ces
derniers se déplacent à travers le monde avec, dans leurs bagages,
d’anciens radicaux.  Ce qui prouve à suffisance que le Congo est pris
en otage par des politiciens qui n’ont ni foi, ni loi qui font la
politique sur base de l’état de leur poche mais non avec l’esprit
d’Etat.

Est ce que le président Tshisekedi est dans la logique du dialogue
avec toutes ses tergiversations ?
L’homme de Limete est conscient de son action. Il n’est pas dans la
logique d’aller absolument aux élections dans ses conditions actuelles
quand bien même le processus électoral est en cours avec les élections
dans différentes provinces que personne n’est en mesure d’arrêter.
D’abord avec la désignation des commissaires généraux ensuite
l’élection des gouverneurs de nouvelles provinces. La CENI étant
claire dans sa déclaration, il ne sera plus question de la tenue
d’élections en 2016 mais on constate malheureusement que les opposants
naïfs, pensent que certains operateurs politiques de la communauté
internationale viendront sauver la RDC.  Ils oublient très vite les
exemples récents dans la sous région. C’est le cas du Burundi où il y
a eu l’impuissance de la communauté internationale dans la logique de
la non ingérence  dans les affaires intérieures d’un Etat.  La naïveté
et l’ignorance font que les uns et les autres continuent à arpenter
les chancelleries et différents ministères des pays occidentaux,
croyant se faire soutenir par des prédateurs. La vraie histoire de
notre pays révèle que depuis Guz Karl ï bond, Mungul Diaka et les
autres ont fait le ronde  de tous les ministères des affaires
étrangères des pays occidentaux, ils parlaient toutes les langues du
monde, mais ils n’ont jamais été intronisés président de la république
par la communauté internationale. L’animosité des opposants de la
dernière heure envers le président Joseph Kabila Kabenga finira par
pousser ce dernier sur la voie royale de l’organisation du referendum
populaire qui est prescrit dans la constitution. Avec de nouveaux
gouverneurs qui voudront faire allégeance et prouver leur fidélité au
«guide»,  avec les administrateurs des territoires désignés par le
chef de l’Etat, c’est la voie royale qui ouvrira la porte au mandat
illimité du chef de l’Etat. Le chef de l’Etat rappelle aux sénateurs
et les députés provinciaux qu’ils ont dépassé leur mandat et ne
peuvent pas lui reprocher d’en faire autant. Bien que les gouverneurs
actuels ne soient votés par les députés provinciaux qui en droit
assurent les affaires courantes pour avoir dépassé largement leur
mandat.

Pouvez-vous accepter une rencontre avec le président Joseph Kabila
dans le cadre des consultations avec les Congolais de l’étranger ou en
exil lors de son passage à Paris ?
Je tiens tout d’abord à préciser que je ne suis pas un ennemi du
président Joseph Kabila. Je suis un opposant politique. Je suis un
adversaire politique comme il est prévu par dans la constitution de
notre pays. Je ne suis pas dans la logique de la vengeance politique
et je n’ai pas l’animosité politique envers lui. Si le président
Tshisekedi qui était victime en 2011 accepte aujourd’hui de discuter
avec la majorité présidentielle, à plus forte raison Roger Lumbala.
Cela veut dire que les esprits se sont apaisés et que les hommes
peuvent discuter. Si lui que je soutiens montre cette ouverture,
pourquoi pas Roger Lumbala. Je suis président d’un parti politique qui
est repris sur la liste actualisée du ministère de l’intérieur
adressée à la CENI. Un parti politique qui est autorisé à participer
aux futures élections dans notre pays. Après les consultations que le
chef de l’Etat a eues à Kinshasa avec les acteurs politiques et de la
société civile, pourquoi pas avec Roger Lumbala, l’exilé politique ?
Tshisekedi reçoit Katumbi, Kabila reçoit Lumbala. C’est un beau
tableau politique des forces croisées. Moi, je suis disposé à
rencontrer le chef de l’Etat s’il le juge utile comme il l’a fait avec
les collègues opposants. Mais en dehors de l’initiative des
consultations ou le chef lui-même prend l’initiative, de mon coté je
peux de mon propre chef solliciter une audience auprès du président
pour aborder les problèmes de notre pays. C’est toujours à lui
d’apprécier en fonction de ses urgences.

Il y a des opposants qui parlent de la transition sans Kabila. Es-tu
dans la même logique ?
Je suis réaliste et  républicain. Le dialogue qui peut aboutir à la
transition ne peut se faire qu’entre l’opposition et la majorité. La
majorité représente le président Joseph Kabila Kabange et l’opposition
comme je la conçois sera représentée par Tshisekedi et alliés. Il est
maladroit de penser que la majorité présidentielle cèdera à la demande
de l’opposition d’écarter le président Joseph Kabila Kabange du
pouvoir.

Tshisekedi a reçu Moïse Katumbi Chapwe. De quoi ont ils parlé ?
Sincèrement, je ne saurai pas vous le dire. Vous avez bien vu que je
n’étais pas sur les photos souvenirs. Donc je n’étais pas dans cette
réunion. C’est une réunion de l’UDPS et ses hôtes, comme elle recevra
encore d’autres transfuges de la majorité présidentielle dans les
jours à avenir. L’UDPS n’associe jamais ses alliés dans les
négociations. Il faut connaître comment fonctionne ce parti politique.
Il s’engage seul. Et chaque opposant qui soutient le président
Tshisekedi doit avoir sa propre lecture de la situation. Moi, je suis
un enfant de la maison. Je suis habitué. Cela ne me gène pas. J’ai
soutenu Tshisekedi et je continue à le soutenir. Cela ne veut pas dire
que chacun de son coté ne peut pas faire exactement ce que l’UDPS
fait. D’ailleurs c’est l’exemple que le principal parti de
l’opposition donne à tous les autres. Il faut prendre des contacts
avec tout le monde pour que le moment venu nous puissions mettre ces
contacts ensemble. Pour ma part je ne fais mon travail d’opposant.
Mais jusque là, je me suis imposé une discipline de mener la
diplomatie secrète et je pense que cette forme de politique reste la
plus efficace par rapport à la politique spectacle.

Peut-on  compter Roger Lumbala parmi les participants au dialogue?
Oui, je suis partant pour le dialogue et je travaille pour ça. Je suis
partant pour le dialogue parce que je suis convaincu qu’en dehors de
Tshisekedi, vous ne pouvez pas compter deux opposants sérieux au
pouvoir actuel sans compter Roger Lumbala. Voilà pourquoi ma présence
à ce dialogue se justifie. Ce dialogue est l’émanation de la
résolution 2098 et dans sa résolution 2277, le Conseil de Sécurité
invite la Commission électorale nationale indépendante à publier un
calendrier complet révisé, couvrant la totalité du cycle électoral et
demande au gouvernement de la RDC d’élaborer rapidement un budget et
un code de conduite pour les élections et d’actualiser les listes
électorales en toute régularité afin que les élections puissent se
tenir dans les temps, en particulier la présidentielle et les
législatives de novembre 2016. Le Conseil de sécurité demande aussi à
toutes les parties prenantes d’engager un dialogue politique ouvert et
sans exclusive sur la tenue de l’élection présidentielle, conformément
à la Constitution. Il appuie, ce faisant, la décision de l’Union
africaine d’engager des consultations sur ce dialogue. Pour ma part,
je suis déjà inscrit dans cette logique depuis que l’accord cadre
d’Addis Abeba avait recommandé au gouvernement de la république de
promouvoir les objectifs de réconciliation nationale, de tolérance et
de démocratisation. On ne peut se réconcilier qu’avec les Congolais
qui ont eu des différends avec le pouvoir. Lumbala fait partie de ces
Congolais-là. Cet accord cadre avait été signé par le président Joseph
Kabila Kabange en personne. La moindre des choses, c’est de respecter
sa signature. Ces points ont été aussi recommandés avec plus de
précision dans la résolution 2098 qui a souligné que le gouvernement
de la république est responsable de la réconciliation nationale et de
la consolidation de la paix. C’est pourquoi nous devons tous concourir
aux efforts qui mènent à la paix durable dans notre pays.

Quel est votre avis sur la désignation du facilitateur Edem Kodjo ?

Mon avis sur l’ex premier ministre Edem Kodjo est positif. Sa
désignation vient réconforter la position du RCDN qui souhaitait
vivement le dialogue pour permettre la tenue des élections apaisées
dans notre pays. Selon les amis qui ont eu l’occasion de discuter avec
lui, c’est un homme très ouvert qui a le souci d’aider les Congolais à
trouver des réponses à leurs problèmes, donc de sortir de la crise. Il
a le soutien indéfectible du RCDN et du SET.