Mende s’explique

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Le ministre des Médias, chargé des Relations avec le Parlement et de l’Initiation à la nouvelle Citoyenneté, a animé une conférence de presse le vendredi 18 mai 2012 dans son cabinet. Quatre points étaient inscrits à l’ordre du jour de ce premier face-à-face de Lambert Mende Omalanga, en tant que membre du gouvernement Matata, avec la presse.

Il s’agit de l’insécurité à l’Est du pays, des refoulés congolais d’Angola, du 14ème sommet de la francophonie à Kinshasa, ainsi que du rapport entre le Csac et le ministère des Médias.

  S’agissant de l’insécurité à l’Est avec à l’affiche les combats qui opposent actuellement les forces armées congolaises et les mutins de l’ex-CNDP, le porte-parole du gouvernement a affirmé que les FARDC (Forces armées de la Rdc) ont le contrôle de la situation. Car, elles ont confiné l’ennemi dans un réduit entre les collines.
 
«Nous détenons la preuve que Ntaganda et une poignée des mutins sont, au moment où nous parlons, confinés dans un réduit entre les collines de Runyonyi et de Mbuzi ensemble avec Makenga qui ne dirige donc pas une prétendue rébellion distincte de la mutinerie initiée par son chef de file Ntaganda. S’y trouvent aussi, les officiers Ndahuye, Zimulenda, Sadam, un chef coutumier prénommé Erasto et le colonel Mandevu, un des principaux chefs des FDLR dont Ntaganda et consorts ont toujours pris prétexte de la présence de la présence en terre congolaise pour justifier leurs exactions ».
En outre, le ministre des Médias renseigne que le gouvernement détient désormais des preuves de la collusion entre plusieurs groupes de Maï Maï. Cette coalition a conduit à la création d’un groupe supplétif dénommé FDC dans le cadre duquel ils recrutent de force des adultes et enfants soldats qu’ils ont baptisés « guides ». Il s’agit, en effet, des Maï Maï Tcheka de Walikale, ceux de Kahasha et Lafontaine du grand Nord.
Après avoir loué la bravoure des éléments des Fardc pour des succès remportés sur le terrain face aux mutins, il a signalé qu’une rencontre avait réuni, le samedi 12 mai 2012 à Gisenyi Rubavu (Rwanda), les ministres de la Défense congolais et rwanda. De hauts responsables des Fardc et des services d’intelligence étaient également associés à cette réunion.
Il était question, dixit Lambert Mende, pour le Congolais Luba Ntambo et le Rwandais James Kabarebe ainsi que leurs délégations respectives d’évaluer la situation sécuritaire à la frontière commune, après des vagues de déplacements des populations congolaises vers le Rwanda à la suite des combats qui opposent actuellement les Fardc aux mutins.
« Il n’y a eu aucun nouvel accord conclu entre la RD Congo et le Rwanda sous pression des actes d’indiscipline de la bande de déserteurs traqués par les  Fardc, contrairement aux informations de certains médias », a déclaré le ministre.  
Avant d’indiquer qu’une rencontre ministérielle se tenait au moment où il s’entretenait avec la presse. Elle réunissait cinq ministres de part et d’autre sur des questions politique, sécuritaire, ainsi que sectorielles touchant la coopération entre les deux pays.
Pour clore le chapitre lié à la situation qui prévaut à l’Est, L. Mende renseigne que le gouvernement «réserve une fin de non recevoir à la fameuse offre de négociations de ces criminels entre le gouvernement et eux-mêmes ». Avant de préciser que Kigali n’a présenté à Kinshasa aucune offre ni pour la médiation, ni pour combattre les terroristes sévissant en RD Congo aux côtés des Fardc, contrairement aux informations relayées dernièrement dans la presse.
Concernant les Congolais refoulés d’Angola, il a dit déplorer les traitements inhumains infligés à ces compatriotes lors de leur expulsion, tout en faisant savoir que le gouvernement s’active à prendre des dispositions pour remédier à la situation. Cela en concertation avec l’Angola.
A contrario, il invite ses compatriotes à éviter de vivre en situation irrégulière à l’étranger.
 
« Si le président Hollande ne viendra pas, nous tirerons toutes les conséquences sur la Francophonie »
 
Parlant du 3ème point relatif au 41me Sommet de la Francophonie à Kinshasa, L. Mende pointe un doigt accusateur à l’endroit d’un journaliste d’une chaîne publique française et des acteurs politiques de l’opposition congolaise qui, selon lui, s’activeraient ces derniers temps pour obtenir le boycott par François Hollande du 14ème sommet de la Francophonie prévu à Kinshasa en octobre prochain, au motif que des élections de novembre 2011 ont été entachées d’irrégularités.
«Le lobbying très agressif qui est mené à cet égard serait fondé sur le souci de ses auteurs de mettre fin aux séquelles de la bien nommée Françafrique qui a vu d’anciens dirigeants français se donner le rôle de proconsul des pays africains transformés quasiment en sous-préfecture de l’Hexagone », déclare-t-il, en fustigeant l’attitude des compatriotes qui semblent vouloir une chose et son contraire.
« On a du mal à comprendre que ceux qui se veulent les champions de la libération de l’Afrique des chaînes du néocolonialisme, demandent au nouveau dirigeant de la France d’inaugurer son mandat en usurpant le rôle de juge du contentieux électoral en Rd Congo pour désigner le vrai vainqueur d’une élection des Congolais pour les Congolais au Congo ».
Pour L. Mende, ceux qui s’activent pour obtenir le boycott déploient des efforts vains à l’instar de ceux menés à l’époque à Bruxelles en vue d’obtenir le boycott par le Roi des Belges des festivités du cinquantenaire.
Et de lâcher au passage que même si cela pouvait se réaliser, le ciel ne tombera pas sur nos têtes. Avant de renchérir sur un ton sec que « si le président Hollande ne viendra pas, la Rdc tirera toutes les conséquences de la Francophonie ».
 
«Le Ministère et le CSAC se complètent »
Parlant des rapports entre son ministère et le CSAC (Conseil supérieur d’audiovisuel et de la communication), L. Mende s’en est d’abord pris aux deux Ong qui militaient pour la suppression du ministère de la Communication en qualifiant leur démarche de maladroite.
Pour lui, l’idée de supprimer le ministère de la Communication procède d’une perception erronée des attributions dévolues par la loi au Csac, qui estimerait la coexistence entre le ministère et le Csac incompatible. Il a rappelé, à cet effet que le Csac n’a rien à voir avec le ministère qui fait partie du gouvernement, disposant  de l’administration publique et de toutes choses dont la loi n’a pas pourvu l’institution d’accompagnement qu’est le Csac.
Ainsi, soutient-il, le ministère et le Csac se complètent de par la volonté du législateur. Le ministère est chargé d’appliquer la loi fixant les modalités de l’exercice de la liberté de la presse, et le Csac veille au respect de ladite loi. « De même, le ministère, tout en gardant la faculté de sanctionner les médias qui violent les dispositions réglementaires qu’il édicte, peut compter sur le Csac qui est chargé de veiller au respect des cahiers des charges par les opérateurs de l’audiovisuel (il peut aussi sanctionner), lequel est élaboré par le ministère car faisant partie de l’arsenal réglementaire mis en place par le ministère en exécution de la loi fixant les modalités d’exercice de la liberté de la presse ».
Toutefois, a-t-il indiqué, certaines sanctions relèvent et de la compétence du ministère et de celle du Csac, en réaffirmant que « le Csac veille au respect de la loi, tandis que le ministère l’applique en sanctionnant, le cas échéant ». Car, soutient-il, le Csac ne disposant pas de pouvoir réglementaire, il a besoin du ministère pour fonctionner.
 
Dom 

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