Mémorandum des victimes de Type-KA adressé aux autorités congolaises

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Nous, familles-parties civiles regroupées au sein de l’Association des Victimes de Type-Ka (AVTK/ASBL), à l’occasion de la célébration du 18ième anniversaire de la catastrophe aérienne survenue sur le  marché Type-ka, ce mercredi 8 janvier 2014, saisissons cette opportunité pour interpeller de nouveau les Autorités de la République Démocratique du Congo et leurs Institutions, en l’occurrence le Président de la République, le Sénat, l’Assemblée Nationale, le Gouvernement de la République, ainsi que le Gouvernement Provincial de la Ville de Kinshasa, avec espoir de trouver, cette fois-ci, sous le bénéficie d’urgence, une oreille attentive, en vue de leur implication effective pour la résolution définitive et judicieuse en faveur des victimes.

En effet, la catastrophe aérienne survenue sur le marché Type-ka est une calaminé publique dont nous vivons et subissons les effets dramatiques jusqu’à ce jour. Entre-temps, la Cour Suprême de Justice, siégeant en cassation, avait déjà rendu depuis le 3 novembre 2004 son Arrêt définitif dans l’affaire qui nous oppose à la Régie des Voies Aériennes (RVA) et à la Société  SCIBE AIRLIFT, en déclarant les pourvois en cassation de ces deux dernières irrecevables.

La conséquence de cette Décision judiciaire est l’acquisition de la force de la chose jugée du 6 Mai 1997 par le Tribunal de Grande Instance de Kinshasa/Gombe condamnant la Régie des Voies Aériennes (RVA) et la Société SCIBE AIRLIFT aux dommages et intérêts en faveur des parties civiles.

            Cet accident du 8 janvier 1996, le plus meurtrier de l’histoire de l’aviation civile au Congo, en Afrique et dans le Monde, a eu à occasionner la mort de plusieurs personnes et des lésions à d’autres qui sont devenues infirmes à vie.

            Devant l’insensibilité quasi-inhumaine de tous les Gouvernements qui se sont succédés depuis cet événement malheureux jusqu’à ce jour, et devant aussi la non prise en compte de nos préoccupations majeures, nous, familles de victimes du crash aérien de Type-ka, nous nous retrouvons aujourd’hui essoufflées, désemparées, ne sachant à quel saint nous vouer. Car, notre cri de détresse, notre « S.O.S. ! », n’est pas non seulement entendu, et plus grave encore, ne trouve point de solution voici 18 ans ! La plupart des victimes qui étaient encore malades et alités à la maison jusque à un récent passé, sont mortes et celles devenues invalides sont sans espoir et n’attendent que leur mort ! Des orphelins sans encadrement, car les familles se sont désintégrées socialement, ont vu leur avenir hypothéqué. Nous condamnons cette banalisation de la vie humaine, conformément aux prescrits de notre Constitution de la République, telle que modifiée à ce jour et qui stipule en son article 16

(alinéas 1 et 2), nous citons : « La personne humaine est sacrée. L’Etat a l’obligation de la respecter et la protéger. Toute personne a droit à la vie, à l’intégrité physique ainsi qu’au libre développement de sa personnalité dans le respect de la loi, de l’ordre public, du droit d’autrui et des bonnes mœurs ».

            C’est pourquoi, déterminés coute que coute à défendre nos intérêts et à faire rétablir, par des moyens légaux, toutes les responsabilités en rapport avec la catastrophe aérienne de Type-ka, les familles de victimes de Type-ka, comptant sur la volonté du Chef de l’Etat pour « une justice équitable, réparatrice et distributive » pour tout congolais et toute congolaise, demandons aux Autorités de la République Démocratique du Congo et à leurs Institutions ce qui suit :

1. Au Président de la République et au Gouvernement Central :

– De s’impliquer résolument dans la question de l’indemnisation équitable, de toutes les victimes de la

catastrophe aérienne de Type-ka ;

2. A l’Assemblée Nationale

:

– D’accélérer le processus de mise en place de la nouvelle Commission Nationale des Droits de l’Homme dont la Loi organique portant institution, organisation et fonctionnement a été promulguée le 21 Mars 2013, en vue de permettre aux familles victimes d’espérer de trouver, cette fois-ci, un plaidoyer plus efficace et sous le bénéficie d’urgence, une oreille attentive, amenant les autorités politiques et/ou judiciaires à une implication plus responsable pour la résolution définitive et judicieuse en faveur des

victimes ;

3. Au Gouvernement Provincial de la Ville de Kinshasa :

– De prendre des mesures concrètes d’accompagnement psychosocial et socio-économique en faveur * des victimes encore invalides ou encore malades jusqu’à ce jour ;

• des veuves devenues indigentes à la suite dudit crash ;

• des orphelins et orphelines, ainsi que d’autres enfants en situation particulièrement difficile, composés essentiellement des enfants en rupture familiale, sociale ou scolaire, des enfants-parents, des filles-mères, des enfants devenus déviants et délinquants;

• des membres de familles des victimes vivant dans la précarité ;

– D’honorer la mémoire des victimes de la catastrophe aérienne de Type-ka en construisant « LE MEMORIAL DES VICTIMES » à la Place Type-ka même en guise de leur souvenir pour les générations présentes et futures.

Fait à Kinshasa, le 8/1/2014.

POUR LES FAMILLES

VICTIMES DE TYPE-KA

1. Léon BONGOLA wa

BILAPO, Président

2. Mme Elysée BONGUMBA

BIAKENEYI, Vice-Présidente

3. Joachim BONGEYE w’ESONGOLA MATONDO, Secrétaire Général

4. Agnès KIANGALA SWAMI, Trésorière Générale.

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