Les médias face à la fiscalité informelle

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Où va l’argent de la vignette ? A quoi est-il affecté ? L’évasion
fiscale, la taxe informelle, la sur-taxation font parties des
préoccupations quotidiennes des opérateurs économiques et des
consommateurs en République Démocratique du Congo, qui s’inquiètent du
sous-développement des provinces, des territoires, des secteurs et des
municipalités.
C’est la raison d’être d’un projet dénommé « TaxMwinda » mis sur pied
depuis le début de cette année. A cet effet, deux organisations des
journalistes, à savoir l’Union Congolaise des Femmes des Médias
(Ucofem) et La Toile d’Araignée, en collaboration avec l’Agence
Catholique Britannique pour le Développement Internationale (CAFOD) et
le Centre d’Action pour les Dirigeants et Cadres d’Entreprises au
Congo (CADICEC), ont organisé une matinée de réflexion avec les
professionnels des médias sur leur implication dans le projet «
TaxMwinda », le lundi 23 juillet 2018 dans la grande salle de la
maison communale de Kintambo.
D’entrée de jeu, Anna Mayimona directrice de l’Ucofem et Luc Mikombe,
Secrétaire général de la Toile d’Araignée, ont indiqué que ce projet
vise à rappeler aux gouvernants leur devoir de ‘’redevabilité’’ mais
aussi la principale majorité de la fiscalité informelle, c’est la
femme. Le représentant du bourgmestre de Kintambo s’est dit fort
intéressé par ce projet, car il est porteur du développement.
Son but est de faire accroitre les revenus fiscaux de la République
Démocratique du Congo par l’amélioration de la compréhension des taxes
et impôts  officiels imposables au niveau provincial et des « Entités
territoriales Décentralisées » ainsi que le changement de comportement
des citoyens face à la fiscalité informelle. Les concepteurs du projet
‘’TaxMwinda’’, exécuté grâce au financement de la DFID (Coopération
britanniqueà, ont choisi Ngaliema, Mont-Ngafula, Kintambo et
Ngiri-ngiri comme communes pilotes. Ils sont partis du constat selon
lequel le petit peuple (entrepreneurs, opérateurs économiques,
vendeuses des coins de rue, commerçants et..) est la principale
victime des taxes informelles et de la sur-taxation. Très souvent, il
ne comprend pas la raison de la taxe payée et à quoi elle sert.
Etalé sur 18 mois (janvier 2018 – juin 2019), ce projet comprend
trois composantes, à savoir accroitre l’accès des ménages, de petites
entreprises locales et des associations de la société civile à
l’information sur les taxes  et impôts officiels imposables au niveau
provincial et des Entités Territoriales Décentralisées ; renforcer les
capacités des ménages, de petites entreprises et associations de la
société civile à réduire l’interaction avec les percepteurs des taxes
et enfin assurer la protection des citoyens par la promotion d’un
système de plaintes et sanctions avec l’appui des autorités
provinciales et locales.
C’est pourquoi les analyses, les panels de discussions durant les
formations des agents multiplicateurs ainsi que les réunions
stratégiques avec les autorités territoriales étaient-ils au
rendez-vous.  Le diagnostic posé a fait ressortir la nécessité de la
collaboration avec les médias pour établir un cadre permanent de
concertation entre les autorités provinciales et territoriales ainsi
que leurs administrés.
Les professionnels des médias, pour leur part, devraient être en
mesure de mener des campagnes de lutte contre l’évasion fiscale, la
sur-taxation, les désavantages de la fiscalité informelle, la gestion
des revenus fiscaux, etc.
Dorcas NSOMUE