Médecins et public ont parlé sans tabou de la ménopause

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Un public hétérogène  a pris part à la conférence- débat organisée par  l’asbl, à vocation sanitaire dénommée  Technologie de la Société de la Haute Ecole  Libre Africaine «Tshela »   le samedi 29 mars 2014 à l’Institut National Pilote des Sciences de la Santé (Inpss). C’était dans le cadre du mois de la femme. Le prof Jean Josué Wolomby, le docteur Justin Mboloko, la directrice en soins de la clinique Ngaliema, Odette Mwamba, principaux intervenants de cette activité, ont parlé de la définition et des signes qui  attestent de l’apparition de la ménopause, des liens entre ce phénomène et les pathologies cardio  vasculaires.

 On retient des exposés développés que la ménopause,  définie comme la cessation des règles,  n’est pas une maladie. Elle survient pour certaines femmes vers l’âge de 40 ans et d’autres dix ans plus tard. Il n’est pas rare  de voir des dames de 55 ans devenir enfin ménopausées.

 Elle  s’accompagne des phénomènes  suivants : bouffées de chaleur, troubles urinaires, transpiration nocturne, troubles de sommeil, anxiété, humeur dépressive, perte de libido, sécheresse vaginale, prurit (tendance à se gratter), rapports sexuels douloureux… Il y a la pré- ménopause, période au cours de laquelle le cycle menstruel est irrégulier et enfin la post-ménopause. Il faut attendre 12 mois , à partir des dernières règles, pour conclure  à l’état de  ménopause.

            A la puberté, la femme est gratifiée d’un nombre considérable de follicules qui au fil des années va diminuer progressivement.

            Les ovaires, a-t-on entendu, produisent des ovules et des hormones.

            Comme hormones essentielles, nous avons les estrogènes et les progestérones.  Avant l’apparition de la ménopause, la femme a un nombre important d’estrogènes. La cessation des règles induit le mouvement inverse. Les estrogènes contribuent à déterminer les caractères  féminins : largeur du bassin, finesse de la voix, psychisme de la femme….

            La femme « fertile » court peu des risques d’attraper des maladies cardio vasculaires, à savoir la thrombose veineuse et superficielle, l’hypertension artérielle… Mais, la ménopausée y est souvent exposée.

La ménopause aboutit à   l’insuffisance en hormones et par ricochet en estrogènes, à la perturbation de la coagulation sanguine  et même au dépôt de graisse (cholestérol aux parois d’un  des organes du corps humain).

            On peut tenter le traitement de la ménopause en procédant à la substitution des estrogènes, c’est-à-dire en essayant  par exemple de la  retarder ou de trouver des solutions aux complications qui surviennent.

Cela peut prendre cinq ans.

            La médecine ne peut pas aller à l’encontre de ce que Dieu a conçu.

            Odette Mwamba a planché sur le style de vie à adopter pour mieux vivre la ménopause, à savoir un régime alimentaire dépouillé de graisse, de sucre, d’alcool, de tabac ….et en s’adonnant aux exercices physiques.

            La femme ménopausée  étant souvent nerveuse,  peut être tentée de grignoter quelque chose  à tout instant. Elle doit faire attention à son alimentation, a prévenu Mwamba.

            Certaines  femmes  ont témoigné  à visage découvert sur le calvaire qu’elles vivent. L’une d’elles a avoué avoir pitié de son mari car elle a une peur bleue des rapports sexuels et  ne sait que faire. Une autre est devenue pré ménopausée peu après avoir dépassé 40 ans et veut encore avoir des enfants. Une femme a indiqué connaître des douleurs si elle touche de l’eau froide….

            Wolomby et Mboloko ont fait savoir qu’il y a la ménopause troublée et muette et qu’en cas de complications, les femmes doivent recourir aux gynécologues. La prise des médicaments pour « harmoniser » par exemple les rapports sexuels ou autres difficultés pouvant survenir après  la ménopause doit se faire avec prudence.

            La peur des rapports sexuels  ou le stress  peut  occasionner la frustration et cela devient un cycle. Le recours à un médecin est nécessaire.  Wolomby a même parlé de la «  grossesse » nerveuse.

            Rachel Izizaw, animatrice de   l’ong Tshela, a souligné que c’est à  partir d’une expérience personnelle qu’elle en est venue à l’idée d’organiser cette conférence. Tshela, présente également à Bruxelles, s’est donnée comme mission de travailler en profondeur sur les problèmes de santé. Elle est à l’œuvre en RDC depuis de nombreuses années.

Jean- Pierre Nkutu

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