Médecine traditionnelle : la Rd Congo recense ses savants de l’ombre

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medecine-traditionnelleC’est le défi que s’est fixé le ministère de la Santé à travers son Programme national de promotion de la médecine traditionnelle et de plantes médicinales (Pnmt/pm), celui  de procéder à un inventaire scientifique succinct   de tous les tradipraticiens du pays, et par ricochet  faire l’inventaire de différentes  plantes  et leurs vertus dans l’art  traditionnel de guérir.

Cette opération de  recensement  scientifique louable pour consigner par écrit les connaissances du savoir ancestral dans  l’art de soigner  de la Rd Congo  a été lancée, jeudi 8 août, dans la salle des conférences de Fatima à la Gombe,   par le ministre de la Santé Publique, Félix Kabange Numbi  dont la ville de Kinshasa constitue la première étape. Elle  vise à constituer une base de données sûres et  nécessaires pour une politique nationale  de santé  cohérente de  la médecine traditionnelle.

Tout en se félicitant de la tenue de cette activité, Félix Kabange Numbi a indiqué que, au-delà de la volonté politique affichée par le  gouvernement de promouvoir et de valoriser les connaissances ancestrales détenues par de nombreuses personnes dans l’art de guérir diverses maladies, la Rd Congo tient  à la stratégie régionale africaine de l’Oms qui  met  un point d’orgue à la création d’un environnement propice à l’optimisation et à  l’utilisation de la médecine traditionnelle. Ce, a-t-il ajouté, afin d’avoir une meilleure compréhension du rôle spécifique que joue celle-ci.  In fine, a reconnu le ministre de la Santé publique, grâce à un personnel formé, cette opération de recensement des tradipraticiens  permettra sans nul doute de disposer  d’une banque de données de ces praticiens et des indicateurs sur la médecine traditionnelle qui devront servir de cadre pour mieux appuyer et planifier le secteur, mais surtout mener un plaidoyer et les actions marketing.

            A la  vue de  l’étendue de la tâche et du travail de collecte  attendu, mieux identifier, mieux localiser, mieux connaitre les tradipraticiens et leurs conditions de travail, leurs sources d’approvisionnement en produits divers, les traitements spécifiques, les connaissances de la pharmacopée et toutes autres indications   pourront aider à coup sûr le gouvernement qui fait de cette médecine une partie intégrante de sa politique générale de santé, à prendre de décisions nécessaires et de plaider en  faveur de ces derniers, a estimé Félix Kabange.

            Et pour que cette campagne soit une réussite, le ministre a appelé  à   une mobilisation générale et demandé  une franche collaboration  entre  toutes les  autorités locales impliquées, ainsi que des associations de tradipraticiens afin de faciliter le travail sur le terrain. Ce qui revient concrètement à connaitre le nombre de tradipraticiens par aire géographique.

Directrice du  programme Pnmt/Pm, Micheline Kingombe Abiba s’est réjouis pour sa part que ce recensement qui s’inscrit dans une phase capitale dans le processus de renforcement des capacités du système de santé Rd Congolais puisse aider à établir à la fois une nette  cartographie et mettre à la disposition de l’Etat et de  tous les chercheurs, des informations actualisées. Ainsi, l’Etat pourra prendre de décisions et mesures dans sa planification.

            Somme toute, la démarche entreprise par le ministère de la Santé  de consigner les connaissances ancestrales, valoriser nos propres approches de soins de santé et dépasser la culture de l’oralité,  est à encourager au risque de les voir disparaitre avec leurs détenteurs.  Car, lorsqu’un vieillard quitte se monde, il y a risque qu’il parte avec tout son savoir et son savoir-faire.  Cependant, à côté de ça, il y a  un travail de fond qui doit obligatoirement  être fait en collaboration des autorités coutumières.    Celui de rassurer ces gens en leurs proposant une contrepartie, car  ce savoir est généralement considéré comme un héritage familial et se transmet de père en fils et de la mère à la fille.    Il faut impérieusement relancer dans un bref délai  les laboratoires de recherches médicales qui existent afin de tirer tous les bénéfices de cette campagne.

VAN 

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