Médecine physique : la prise en charge de la scoliose en RD Congo

0
80

         D’après l’encyclopédie Encarta 2009, la colonne vertébrale, formée de vertèbres, constitue la partie axiale du squelette ; le crâne, les omoplates, les côtes et le bassin s’y rattachent. Elle présente une certaine mobilité et permet des mouvements de flexion, d’inclinaison, de rotation et d’extension. Chez l’homme, la colonne vertébrale, avant la naissance, ne présente qu’une seule courbure, la courbure dorsale à convexité postérieure, ou cyprose dorsale. A la naissance, on observe deux courbures primaires, toutes deux concaves vers l’avant : l’une dans la région thoracique, l’autre dans la région sacrée. Lorsque l’enfant se développe normalement, deux autres courbures se développent dans la région cervicale et lombaire. Ces courbures fournissent un degré d’élasticité qui n’existerait pas si la colonne vertébrale était parfaitement droite et rigide.
 
         Les pathologies de la colonne vertébrale sont courantes chez l’homme. Elles sont causées par la faiblesse des ligaments, la mauvaise position, des maladies ou anomalies congénitales de la colonne vertébrale, des accidents ou contractions des muscles dorsaux. Mais, les pathologies les plus fréquentes sont toutefois des déviations, c’est-à-dire des accentuations des courbures physiologiques. La scoliose, déviation latérale, est comptée parmi les déformations de la colonne vertébrale les plus connues.
         Dans les pays développés, la prise en charge de la sciolose est pluridisciplinaire. Elle fait intervenir le médecin généraliste, le chirurgien orthopédiste, le radiologiste et le physiothérapeute (médecine physique). Il est universellement reconnu que l’intervention de la médecine physique (kinésithérapie) permet aux patients avec scoliose d’améliorer l’assouplissement du rachis, la correction posturale, l’auto-grandissement, l’ampliation thoracique, la tonification des muscles spinaux, l’étirement des muscles péri articulaires des hanches et proprioception.
         En RD Congo, les formations médicales s’occupant des soins physiques spéciaux en faveur des patients souffrant de la scoliose sont quasi inexistantes. Pourtant, il y a croissance de la fréquence des cas de scoliose en milieu hospitalier de Kinshasa. Et l’absence d’une prise en charge physique précoce aggrave les déformations rencontrées. Généralement, le retard dans la prise en charge de la maladie est dû à l’ignorance et à la négligence des parents des enfants avec scoliose. La prévention de la scoliose requiert également une politique d’anticipation en la matière, dans le cadre médical. Néanmoins, au Centre de Rééducation pour Handicapés physiques de Kinshasa (CRHPK), il est actuellement possible de bénéficier d’une prise en charge avisée de la scoliose par l’application des principes de la médecine physique aux plans morphologique, articulaire et musculaire. A la fin de ce traitement, il est observé l’assouplissement de la colonne vertébrale, la tonification des muscles, la diminution de l’algie rachidienne.  A titre illustratif, une étude expérimentale menée du 01 août au 31 octobre 2005 au CRHPK sur 15 patients ( dont 7 de sexe masculin et 8 de sexe féminin) soumis au traitement physique indique une nette amélioration par rapport à la maladie : évolution de la taille des patients, diminution importante du nombre des patients avec douleur, diminution au tiers du nombre des patients avec gibbosité (bosse), diminution du nombre des patients avec rigidité du rachis (colonne vertébrale), amélioration de la force musculaire.
      Somme toute, la scoliose fait partie des troubles de la statique rachidienne. Une minorité de scolioses est responsable de douleurs chroniques. Le traitement kinésithérapie peut être complété par le port d’un corset, voire par une intervention chirurgicale.
Docteur Scholastique LUYEYE

LEAVE A REPLY

*